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Neil YOUNG - Zuma (1975)
Par LONER le 25 Mai 2007          Consultée 9981 fois

Le milieu des années 70 aura été pour Neil Young sa période la plus productive. Imaginez : entre le mois de novembre 1973 et celui d'avril 1974, le Canadien aura enregistré suffisamment de morceaux pour remplir « Tonight's The Night », « On the Beach » et les deux projets avortés que sont « Homegrown » (qui faillit remplacer « Tonight's The Night ») et « Human Highway » (album du retour pour le quatuor Crosby, Stills, Nash & Young et qui servit de prétexte à une importante tournée). Freinant quelque peu sa consommation de marijuana, notamment sous la forme de ce qu'il appelle les « honey slides » (un mélange à base de miel), Neil émerge de l'abîme dans lequel il s'était plongé.
A l'automne 1974, le Canadien retourne dans son ranch en compagnie de son groupe fétiche, le Crazy Horse qui compte désormais un nouveau guitariste, Franck « Poncho » Sampedro, introduit peu de temps après la mort de Danny Whitten et qui avait jusqu'ici dû laisser la place à Nils Lofgren. Ils ne quitteront Broken Arrow qu'en août 1975, s'accordant quelques mois de pause avant de partir pour une mini-tournée aux USA (intitulée Rolling Zuma Revue, en référence à la Rolling Thunder Revue de Bob Dylan) puis pour une autre, plus conséquente, qui verra Neil et sa bande investir les scènes nippones et européennes et ce pour la première fois (le concert au Pavillon de Paris fait partie des trop rares shows que le Canadien accorda à la France). Il fait ainsi découvrir au monde entier le fruit de ses longs mois de travail: « Zuma ».

Sorti le 10 novembre 1975, « Zuma » est le neuvième album du Loner, celui qui marque officiellement sa sortie du brouillard. Musicalement, les changements sont notables et Sampedro y est pour beaucoup. Le jeu du guitariste, plus étoffé que celui de ses prédécesseurs, ainsi que les sonorités grasses de sa Les Paul alourdissent le son du groupe, lui apportant une densité nouvelle. Rien à voir donc avec « Everybody Knows This Is Nowhere ». Du côté de l'écriture, on s'étonne par le pessimisme des textes, leur relative gravité. Le départ de la compagne du Canadien, l'actrice Carrie Snodgress, a certainement laissé son empreinte, la déception amoureuse étant un sujet récurrent dans la plupart des compositions. A ce niveau, on peut aisément faire le parallèle avec « Blood On The Tracks » de Bob Dylan qui date également de 1975. Ces artistes majeurs sortent tous deux d'une période difficile de leur vie et ont dû faire face à de multiples déboires sentimentaux. Est-ce pour cette raison que Neil Young est allé rejoindre le troubadour sur scène au Kezar Stadium de San Fransisco le 23 mars de la même année devant des milliers de fans ébahis ? Allez savoir.

Quoiqu'il en soit, même si « Zuma » ne possède pas la même notoriété que son homologue dylanesque, il ne démérite pas le moins du monde, au contraire. Rarement les compositions du Loner auront atteint un tel degré d'intensité, auront véhiculé une telle puissance émotionnelle. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à prêter l'oreille. « Don't Cry No Tears », ouverture sublime, permet d'apprécier le génie mélodique et la finesse du jeu de guitare du Canadien. On ne le dira d'ailleurs jamais assez : Neil Young est un guitariste trop peu reconnu. Son approche de l'instrument est certes peu orthodoxe mais le son que produit sa fidèle « Old Black » est inimitable. L'introduction de « Danger Bird » est à ce titre un parfait exemple, peu de musiciens auraient eu l'idée de simuler un battement d'aile avec une guitare... Et ces solos déchirants qui parsèment le morceau et qui sont devenus la marque de fabrique de Neil. Rien d'étonnant donc au fait que Lou Reed considère « Danger Bird » comme une des plus grandes chansons de tous les temps, elle fend littéralement le coeur.

Et les standards s'enchaînent: « Pardon My Heart », « Lookin ' For A Love », « Barstool Blues »... A partir de ce dernier, le ton se fait plus violent, plus sombre, voire acerbe, comme sur « Stupid Girl » comparable à un « Idiot Wind », les barbelés en plus, ou sur « Drive Back », véritable feu d'artifice électrique. Puis la tempête se calme, l'orage passe, laissant la place à une profonde mélancolie, matérialisée sous la forme d'un « Cortez The Killer » poignant. S'il ne devait en rester qu'un, ce serait celui-là, ce morceau, long de plus de sept minutes, beau à pleurer, aussi « réjouissant » qu'un village en cendres... Une fin idéale pour un tel album ? « Through My Sails », seul rescapé du fiasco « Human Highway » remplira ce rôle, apportant une dose de sérénité salvatrice.

Nombreux sont ceux qui considèrent Neil Young comme le père spirituel du mouvement grunge, et nombreux sont ceux qui se demandent encore pourquoi. La réponse est là, dans cet album à la pochette énigmatique dessinée par James Mazzeo. Une grande partie de ce qui inspirera Cobain et consorts se résume à ces quelques trente-six minutes de musique intemporelle, pas besoin d'aller chercher l'origine de leurs chemises à carreaux plus loin. L'influence qu'aura eu le Canadien sur la scène de Seattle est encore difficilement mesurable, mais c'est incontestablement à partir d'ici qu'on commence réellement à la sentir, à se rendre compte de l'impact qu'aura eu ce son de guitare sale et sursaturé sur toute une génération en mal d'identité.

Rarement décrit comme un chef-d'oeuvre incontournable dans la discographie du Loner, « Zuma » n'en reste pas moins un album majeur, un standard pour les années qui ont suivi et celles qui sont à venir, un mètre-étalon pour chaque disque signé Neil Young & Crazy Horse. En un mot, majestueux.

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- Neil Young (chant, guitare)
- Frank Sampedro (guitare)
- Billy Talbot (chant, basse)
- Ralph Molina (chant, batterie)
- Tim Drummond (basse sur « pardon my heart »)
- David Crosby (chant sur « through my sails »)
- Stephen Stills (chant, basse sur « through my sails »)
- Graham Nash (chant sur « through my sails »)
- Russ Kunkel (congas sur « through my sails »)


1. Don't Cry No Tears
2. Danger Bird
3. Pardon My Heart
4. Lookin' For A Love
5. Barstool Blues
6. Stupid Girl
7. Drive Back
8. Cortez The Killer
9. Through My Sails



             



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