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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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YES - Fly From Here (2011)
Par ARP2600 le 26 Juillet 2011          Consultée 4336 fois

Le dernier album en date de Yes, Magnification, datait de 2001 et était un des moins intéressants qu'ils aient jamais publiés. Ça ressemblait fort à la fin d'une longue et riche carrière. Il est donc étonnant de voir sortir ce Fly from here. J'avoue que je ne m'attendais pas à grand chose, ayant été déçu par ses trois prédécesseurs, ce qui me donne donc le plaisir d'une bonne surprise.

La composition du groupe est également plutôt inattendue, vu qu'on revient presque à la formation de Drama (je rappelle que celui-ci date de 1980). Il s'agit d'une part de l'inamovible Chris Squire, du guitariste Steve Howe et du batteur Alan White, d'autre part de Geoff Downes aux claviers et Trevor Horn à la production et à la composition. Ce dernier chantait sur Drama, ici on trouve une nouvelle tête, le québécois Benoît David, qui avait tout de même participé à un tribute band de Yes. Je le trouve excellent à ce poste, pas moins bon que Jon Anderson. Pour info, le chanteur historique du groupe a été remplacé après avoir connu des problèmes cardiaques. Signalons encore la présence d'Oliver Wakeman, le fils de Rick, qui s'occupe de claviers sur certaines chansons.

Pour mémoire, à la fin des années 70, avant d'intégrer Yes, Downes et Horn formaient le groupe pop /prog « The Buggles », connu pour son tube « Video killed the radio star ». Le présent album est en fait basé sur des leftovers de Yes et des Buggles. La partie « We can fly » de la suite-titre avait été jouée dans des concerts de l'époque de Drama. Elle avait ensuite été étoffée de la partie « Sad night at the airfield » et aurait pu figurer sur le deuxième album des Buggles. Dans la seconde moitié de l'album, « Life on a film set » est également un leftover de ceux-ci. Il semble que la troisième partie notable de la suite, « Madman at the screens » ait également déjà été composée à l'époque. On commence à voir de quoi il est question avant même de l'avoir entendu... en quelque sorte, ce n'est pas un vrai album de 2011 mais presque une réédition de 1981. Ce n'est pas tout à fait vrai car il reste quelques chansons qui complètent le disque, mais l'ambiance est là : sans m'avancer, je pense que ceci est le disque le plus progressif, ou au moins le plus authentique, depuis Drama. Les sons utilisés ne donnent pas dans le modernisme non plus, bien que la production bénéficie certainement de la technologie actuelle.

Parlons plus en détail de la musique. Je suis relativement enthousiaste mais il faut quand même modérer ses ardeurs, ce n'est pas du grand génie pour autant. On débute bien, mais alors très bien avec l'ouverture de la suite, qui rappelle forcément Drama, avec une magnifique diversité de sons et une bonne progression mélodique. Malheureusement, « We can fly », qui constitue tout de même la base de l’œuvre, est un peu poussive. Elle est bien interprétée, mais je ne parviens pas à accrocher totalement. « Sad night at the airfield » est à peine plus intéressante, enfin ce n'est pas plus désagréable ni creux que tout ce qu'on peut trouver sur The Ladder ou Magnification, je tiens à le préciser. Le premier clou de l'album est « Madman at the screens », que l'ouverture ne faisait qu'annoncer. Que dire sinon que c'est pour entendre ce genre de choses que j'écoute du Yes... Ensuite on s'achemine vers la fin avec un petit passage instrumental ajouté par Steve Howe : le bondissant mais monotone « Bumpy ride », la conclusion n'étant qu'un dernier développement du thème principal de « We can fly ».

La deuxième partie souffre tout d'abord d'une mauvaise continuité avec la première. En passant, j'ai failli dire deuxième face... j'ignore si une version vinyle est sortie, en tout cas cet album est taillé pour le vieux format, avec la suite de 23 minutes d'un côté et cinq chansons indépendantes de l'autre. Il est rare que je trouve avantageux un changement de face, mais ici c'est sûr que ça doit être très bien d'écouter le reste après un petit temps d'arrêt. On commence par la très moyenne « The man you always wanted me to be », où on reconnaît la voix de Chris Squire qui l'a composée. Au fait, je trouve quand même qu'on n'entend pas bien sa basse sur ce disque, j'espère que c'est un problème de production et qu'il ne perd pas trop son jeu. Ensuite, « Life on a film set », dont j'ai parlé plus haut, montre une belle transition d'ambiances progressive, on y reconnaîtra encore ces sons de flûtes « à la Drama ». Puis viennent les compositions de Steve Howe, « Hour of need » et « Solitaire », où on reconnaît son beau jeu de guitare acoustique. Enfin, très bonne surprise, « Into the storm », la composition collective finale, est d'excellente facture. J'ai même été plutôt ému quand je l'ai entendue pour la première fois, ayant enfin l'impression d'entendre renaître le vrai Yes des origines.

Fly from here est donc un album qui en vaut la peine. Contre toute attente, cette réunion presque improbable et dépourvue de la prétention des albums précédents est une réussite. Si je ne pense pas que Yes sorte un jour un nouveau chef-d’œuvre, je trouve très sympathique qu'ils puissent encore atteindre le niveau qu'on rencontre ici. Présentant de très beaux passages et dépourvu de chansons vraiment ratées, Fly from here mérite une note d'encouragement.

3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
   (3 chroniques)



- Benoît David (chant)
- Chris Squire (basse, chœurs, chant)
- Steve Howe (guitare, chœurs)
- Alan White (batterie)
- Geoff Downes (claviers)
- Oliver Wakeman (claviers additionnels)
- Trevor Horn (claviers additionnels, chœurs)
- Luís Jardim (percussions)
- Gerard Johnson (piano)


1. Fly From Here – Overture
2. Fly From Here – Pt I - We Can Fly
3. Fly From Here – Pt Ii - Sad Night At The Airfield
4. Fly From Here – Pt Iii - Madman At The Screens
5. Fly From Here – Pt Iv - Bumpy Ride
6. Fly From Here – Pt V - We Can Fly (reprise)
7. The Man You Always Wanted Me To Be
8. Life On A Film Set
9. Hour Of Need
10. Solitaire
11. Into The Storm



             



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