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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : 5uu's, Emerson, Lake & Palmer
- Membre : Uk, Jon & Vangelis, Gtr, King Crimson, Squackett, Jon Anderson , Yoso, Asia, The Moody Blues
 

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YES - Yes (1969)
Par ARP2600 le 11 Décembre 2011          Consultée 3179 fois

Il n'est pas si simple de placer avec certitude l'invention du rock progressif, comme on peut le constater en écoutant le tout premier album de Yes. C'est pourquoi j'estime correct qu'on cite invariablement In the court of the Crimson King de King Crimson. Yes serait alors un des derniers albums de proto-prog ou quelque chose comme ça. Ça a le style du prog, les structures du prog mais c'est pas du prog. Pourquoi ? Parce que certaines chansons sont des adaptations de rock psychédélique dans un style plus romantique, et que pour la plupart des autres les textes ne sont pas pensés de manière progressive ; ma perception du caractère progressif étant liée au fait de faire vivre une histoire au lieu de la raconter. C'est vague mais c'est tout ce que j'ai en boutique pour essayer de justifier le propos. En fait, on s'en fiche bien sûr, les limites entre les styles sont faites pour aider l'auditeur à s'y retrouver, mais une œuvre n'est que rarement conçue pour obéir à un cadre, d'autant plus quand on invente ce cadre après coup. Tout ceci pour dire que j'ai choisi de classer l'album en rock progressif par souci de simplicité.

Bref, que vaut donc la musique ici ? Eh bien cet album est, disons, prometteur. C'est d'ailleurs ce qui s'était déjà dit à l'époque. Le plus important est que ça sonne déjà pleinement comme du Yes. J'ai ma théorie à ce sujet, qui se nomme Chris Squire. En effet, le bassiste est le seul membre a avoir participé à tous les albums de Yes, par contre il ne figure pas dans le disque le plus proche du groupe, Anderson Bruford Wakeman Howe, qui ne me semble pas vraiment sonner comme du Yes. La voix de Jon Anderson est une marque de fabrique plus évidente, ainsi que le style de composition ou d'arrangement, Squire et Anderson étant avec plus tard Steve Howe les chevilles ouvrières garantissant la patte musicale. En tout cas, il n'a pas fallu attendre leur premier classique, The Yes Album, pour qu'apparaissent cette manière d'agencer les sons de façon très travaillée, cette virtuosité romantique mais aussi ces longueurs pompeuses qui les caractérisent. Parlons des autres membres du groupe. Il y a déjà l'extraordinaire batteur Bill Bruford, bien évidemment excellent. Le claviériste est Tony Kaye, qui restera jusqu'en 1971 et reviendra de façon surprenante en 1983, dans 90125. Enfin, le premier guitariste du groupe était Peter Banks ; il est très convaincant et a malheureusement été plutôt délaissé après son départ du groupe en 1970 – par exemple, il n'a pas été convié à l'album Union, mais ça ne veut pas forcément dire grand chose, celui-ci étant surtout la réunion des deux factions du groupe qui existaient en 1990.

D'emblée, avec « Beyond and before », on sent à quel point on est à la lisière du psychédélique et du progressif. On sent que les Beatles sont tout près, mais avec une orchestration bien plus ambitieuse. Cette chanson a été composée par Chris Squire et est de fait un exemple-type de l'importance de son jeu de basse dans le son du groupe. « I see you » est une adaptation d'une chanson des Byrds, pas si différente de l'originale qui offre déjà une belle fantaisie instrumentale, mais plus douce et plus technique, plus lyrique aussi. Écouter les deux aide à comprendre l'évolution qui a conduit à l'apparition du rock progressif, et pourquoi Yes en est une des composantes principales. « Every little thing » est une adaptation beaucoup plus libre d'une chanson des Beatles, la comparaison est également très intéressante ; a vrai dire je me demande bien pourquoi Yes a développé une chanson aussi sage en un numéro héroïque. Les ballades, « Yesterday and today » et « Sweetness », font bien d'être séparées vu la proximité de leurs mélodies... ces deux-là sont assez poussives, ils ont fait mieux en la matière à leur grande époque. « Looking around » montre par contre une magnifique intensité, leur première grande chanson à mon avis, tandis que « Harold Land » est la plus progressive du lot, avec ses orchestrations et rythmes variables et son histoire en partie racontée au présent. « Survival » est du même tonneau, avec son introduction étrange et sa partie chantée lente et lyrique... le groupe y étrenne malheureusement une certaine propension à ressasser une mélodie au cours d'un long morceau qui est un des bémols que je place à leur grandeur.

Yes est donc un album occupant une place honorable dans la discographie du groupe éponyme. J'ajouterais même qu'il n'est pas fréquent qu'un premier album soit aussi bon. Je ne vois aucune raison de le bouder si on est un amateur de Yes. De même, une personne agacée par les différents excès de leur style ferait bien de passer son chemin vu qu'on les rencontre déjà ici. Enfin, il est un des albums à connaître pour comprendre la grande transition des styles de 1969, du côté progressif en ce qui le concerne.

Note : 3,5/5

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- Jon Anderson (chant, percussion)
- Peter Banks (guitare, choeurs)
- Bill Bruford (batterie, vibraphone)
- Tony Kaye (orgue, piano)
- Chris Squire (basse, choeurs)


1. Beyond And Before
2. I See You
3. Yesterday And Today
4. Looking Around
5. Harold Land
6. Every Little Thing
7. Sweetness
8. Survival



             



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