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- Style : 5uu's, Emerson, Lake & Palmer, Nektar
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YES - Talk (1994)
Par ARP2600 le 19 Octobre 2012          Consultée 2906 fois

Au cours des années 90, le chassé-croisé continue entre les factions de Yes. En 1994, c'est le groupe «Squire – Rabin – Kaye – White» qui publie l'album Talk, auquel participe également le chanteur Jon Anderson. Pour mémoire, c'est exactement le même groupe qui a sorti 90125 et Big Generator dans les années 80. Ces deux disques ont été suivis du non officiel Anderson, Bruford, Wakeman, Howe, publié par l'autre faction, puis de Union, qui est environ constitué à deux tiers d'ABWH et à un tiers de SRKW.

Le style des deux ensembles est fort proche, mais disons que la faction de Howe était plus progressive et celle de Squire plus arena rock, avec des structures plus linéaires et un son plus lourd. Étant donné que la mode des années 90 voyait un net retour en grâce de la guitare par rapport au synthétiseur, il n'est pas étonnant que Talk soit l'album le plus marqué par cette tendance, bien qu'Anderson ait beaucoup pris part à l'écriture avec Rabin et Squire. On trouve ici le son le plus emphatique et résonant de Yes, toutes époques confondues. En particulier, pour son ultime contribution au groupe, le guitariste Trevor Rabin s'en donne à cœur joie, avec de nombreuses interventions grandiloquentes encore renforcées par sa production très ronflante. Notons que Tony Kaye est censé jouer uniquement de l'orgue hammond, mais on peut se demander où tellement il est discret.

De ce fait, Talk a souvent été considéré comme un intrus dans leur discographie, un disque trop simple et trop bruyant. L'inverse de Tales from topographic oceans en somme. Il est assez compréhensible que leur public usuel ait un peu boudé Talk, qui est de ce fait un relatif échec commercial. Pourtant, ces critiques ne sont guère justifiées... Comme toujours, ils avaient bien le droit de faire ce qu'ils voulaient. La seule chose importante est que Talk est bien écrit, bien réalisé et très cohérent. A ce titre, mon avis est qu'il est certainement le meilleur album de Yes entre 90125 et Fly from here. On est toujours libre d'aimer ou pas un style musical mais, c'est un fait, Talk est le plus lisible, le mieux arrangé des albums modernes de Yes, et il présente quelques mélodies bien plus inspirées que n'importe laquelle sur Union ou The Ladder.

La simplicité de la structure de l'album est bien évidemment liée au faible de nombre de plages : seulement sept pour un peu plus de 55 minutes. En ce sens, il s'agit plutôt d'un retour aux sources, la suite finale dépasse même le quart d'heure, ce que le groupe n'avait plus fait depuis... eh oui, depuis Going for the one. Cette tendance aux chansons longues se prolongera avec les plages studio de Keys to ascension puis sera de nouveau abandonnée sur le trio d'albums suivants.

La première partie est constituée de quatre chansons solides, tandis que la seconde est plus douce. L'ouverture «The Calling» est fort accrocheuse, avec l'habituel chœur constitué par Anderson, Squire et Rabin. Sur un rythme syncopé, le chant est en compétition avec des mélodies de guitare très nettes, un excellent numéro qui tient en haleine pendant ses sept minutes. On ne peut pas en dire autant de «I am waiting», une des plages les plus faibles du lot, dont le romantisme est rendu étrangement kitsch par la production ample de Rabin. Dès lors, le titre «Real Love» pourrait inquiéter, mais ce troisième chapitre a un beau côté dramatique bien mis en valeur par la lourdeur du son, et les mélodies y sont excellentes. Quant à «State of play» la bien nommée, elle est la plus enjouée du disque. Le son y est plus aigu, ce qui constitue un changement agréable.

Le point faible de Talk est «Walls», une plage co-écrite par Roger Hodgson – le membre de Supertramp avait failli chanter avec la faction de Squire. On pense ce qu'on veut de ce groupe-là, mais ce mélange ne marche pas, le résultat est d'assez mauvais goût. «Where will you be» est un beau numéro plus organique et ambiant qui rappelle l'album ABWH et a sans doute surtout été écrite par Anderson. Enfin, la suite «Endless dream» conclut l'album de façon convaincante. Elle s'étalait sur trois plages sur le CD originel, mais la première et la troisième parties ne sont qu'une introduction instrumentale, certes impressionnante, et une conclusion, toutes deux durant environ deux minutes. La partie centrale, durant onze minutes et s'intitulant «Talk», est la chanson proprement dite. Rompant avec l'ouverture très percutante, elle est globalement lente et romantique, mais aussi nettement progressive, des ambiances diverses s'y succèdent donc, avec notamment une belle utilisation du piano et des passages plus rythmés où la guitare domine.

Entendons-nous, Talk n'est certainement pas un chef-d’œuvre, il est un peu trop inégal pour cela et présente quelques passages d'un goût discutable. Néanmoins, sa cohérence est évidente, il s'agit d'un véritable album et non pas d'un fatras comme Union a pu l'être. D'autre part, on peut dire qu'il est relativement original, présentant la face la plus grandiose du groupe tout en étant très romantique, un mélange inhabituel, un exemple de plus des prises de risques stylistiques auxquelles Yes est en fait très coutumier. Quoi qu'il en soit, la simple qualité de sa réalisation suffit à faire de ce Talk un disque très honnête et recommandable.

Note : 3,5/5

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   ARP2600

 
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- Jon Anderson (chant)
- Tony Kaye (orgue hammond)
- Trevor Rabin (guitare, chant, claviers)
- Chris Squire (basse, choeurs)
- Alan White (batterie)


1. The Calling
2. I Am Waiting
3. Real Love
4. State Of Play
5. Walls
6. Where Will You Be
7. Endless Dream



             



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