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ROCK PROGRESSIF  |  LIVE

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ÉQUIVALENCES
Style + Membre : Nick MASON

PINK FLOYD - Delicate Sound Of Thunder (1988) ★★★★★ 
Par LONG JOHN SILVER le 20 Avril 2016          Consultée 9188 fois

Ah, quel bonheur d'apprendre le retour de PINK FLOYD en 1986, au point de se ruer sans discernement aucun sur A Momentary Lapse of Reason paru l'année suivante. Mais comprenez-nous : après avoir déploré le limogeage de Rick Wright, être tombé des nues devant un Gilmour pas plus intéressé que ça par la sortie du film The Wall*, subi The Final Cut puis le début de la carrière solo de Waters, entendu que selon ce dernier c'en était fini, on s'était dit qu'on ne verrait jamais sur scène le groupe qui avait accompagné nos nombreuses nuits blanches.

Et puis : youkaïdi youkaïda ! Voilà que PINK FLOYD revenait ! PINK FLOYD n'était plus mort, alors forcément A Momentary Lapse of Reason ça défonçait The Pros and Cons of Hitch Hiking** ! Certes, mais maintenant qu'on a le recul, avouons que tout cela n'était pas bien compliqué et qu'il faut pas mal de résilience pour parvenir à avaler l'opus 87 sans sourciller. Bien entendu, à l'époque, on est passé outre les histoires de prétoires qui avaient rendu cela possible, notamment grâce au retour de Wright. On a été enthousiastes, surtout quand on a appris que l'oiseau rose allait faire son nid le jour de la fête de la musique sur la place d'armes du château de Versailles, qu'on allait devoir raquer une blinde pour dégotter un ticket afin d'assister à un méga show le soir où partout ailleurs la musique serait gratuite. L'instant venu, coincés quelque part au milieu de 80 000 anonymes, il serait inutile d'essayer de distinguer le jeu de scène de Gilmour, de toute façon le spectacle en quadriphonie se déroulait surtout au-dessus de nos têtes avec des vagues de rayons lasers, un lit qui finit par s'écraser sur la scène et bien entendu l'inévitable cochon volant. Face à nous, un écran circulaire géant diffusait plein d'images. Un feu d'artifice venant clore la représentation.
On pouvait (enfin) dire : j'ai vu PINK FLOYD ! Enfin j'ai vu...

Une anecdote amusante me revient en tête. Le jour du concert, un pote voulut se procurer des pilules qui lui permettraient de voler comme l'oiseau (roses donc), d'aller plus haut comme dans une chanson de Michel Fugain, de célébrer dignement (si je puis m'exprimer de la sorte) l'événement et s'est fait refiler des pastilles chocolatées ! Cher payé. Et bah voilà, je tiens ma métaphore du coup, ce spectacle de PINK FLOYD post-Waters ressemblait à ce qui aurait pu être du PINK FLOYD – quoique, assez vaguement finalement – or il n'était au mieux qu'un avatar, sinon un ersatz de la machine à planer qui avait enchanté nos nuits solitaires. Pourtant, celui qui avait refourgué sa came avait l'air d'un bon babos monté depuis l'Ardèche pour l'occasion, il inspirait confiance à première vue, tout comme Gilmour qui présidait la réunion. Chère réunion.

Le trio restant, assisté par huit musiciens additionnels, allait interpréter un spectacle en deux parties. La première – passé "Shine on You Crazy Diamond", durant laquelle le public fit mine de s'asseoir pour mieux se relever aussitôt –, dédiée au dernier album en date, a très mal passé la rampe des années. Car ces chansons jouées live, même délivrées de leur production studio emblématique des 80's, restent des sous-produits pastichant tant bien que mal leurs glorieuses aînées. Rien à faire, pas une ne parvient vraiment à rivaliser avec les classiques alignés plus loin dans la soirée. Allez, j'avoue tout de même avoir un faible envers la bien nommée "Sorrow". Aussi, que dire du rendu créé par ce barnum taillé pour de gigantesques places, sinon qu'il est très bourrin. On y entend deux batteurs, des synthés partout. On ne sait plus qui fait quoi, inutile de chercher là le groupe qui nous envoyait en apesanteur, celui qui nous avait tant fait rêver. On est plus proche de la grosse Bertha que de l'envol des flamants roses un soir de solstice d'été.
Heureusement, il existe aussi cette deuxième partie, celle entièrement dédiée au 'vrai' répertoire de PINK FLOYD. Alors certes, on n'y œuvre pas tout à fait dans la finesse non plus. Malgré tout, l'alignement des classiques demeure implacable, David Gilmour parvenant même à nous mettre (enfin) à genoux avec le solo final de "Comfortably Numb".

S'ensuivit à l'époque un sentiment mitigé, entre la joie d'avoir aperçu trois de nos héros de loin et la frustration inavouée d'avoir assisté à un show ultra-réglé, plutôt impersonnel. Or l'album live Delicate Sound of Thunder, capté à New York, en est le fidèle, que dis-je, l'exacte reproduction***. Alors, on est retourné voir le FLOYD quelques temps après à Paris Bercy, lors de la même tournée. Cette fois, on a pu observer de bien plus près le jeu de scène de Gilmour qui est très statique, mais le récital n'avait pas varié d'un iota, avec les mêmes mots prononcés au même moment entre les chansons. Et après tout, pourquoi pas, mais allez savoir pourquoi, on n'a pas davantage été ébloui par la performance. Pourtant, lors de ses premiers concerts de reformation, PINK FLOYD avait choisi de commencer son spectacle par "Echoes", vite remplacée par "Shine… " puis visiblement aucune variante ne fut plus mise à l'ordre du jour, passé cela.

PINK FLOYD était déjà une grosse écurie avant, c'est un fait. Cependant, avec la prise de pouvoir par Gilmour, celle-ci s'est muée en mastodonte, effet contrastant singulièrement avec son ADN spatial. Il est vrai que Waters avait fini par crasher le vaisseau après avoir négocié (et réussi) deux virages périlleux par le biais de Animals et de The Wall. Aussi, on peut comprendre la difficulté qu'eut Gilmour à relancer la mécanique. Impression confirmée par la suite puisqu'il fallut patienter pas moins de sept ans avant de découvrir un successeur à A Momentary Laps of Reason. Un même délai étant observé entre les parutions des deux live, celui dont il est question et Pulse. Heureusement, ces deux suites, si elles ne furent pas non plus formidables, seraient de qualité supérieure aux livraisons eighties.
Mon conseil pour jauger PINK FLOYD - le vrai - en Live : rabattez-vous sur la première partie d'Ummagumma, le DVD Live at Pompeï et Is There Anybody Out There, autrement plus fidèles à la légende, et représentatifs, plutôt que sur leurs postérieurs témoignages bodybuildés.

* Et finalement, on le comprend
** Album de Roger Waters publié en 1984
*** Quelques titres joués ne figurent toutefois pas sur le disque

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LA CHRONIQUE

 > PRINCIPALE
  ★★★★★ LONG JOHN SILVER


LINE-UP
- David Gilmour (guitare, chant)
- Nick Mason (batterie, percussions)
- Richard Wright (claviers,chant)
- Jon Carin (claviers,chant)
- Scott Page (saxophone)
- Guy Pratt (basse,chant)
- Tim Renwick (guitare,choeurs)
- Gary Wallis (percussions,claviers)
- Durga Mcbroom (choeurs)
- Rachel Fury (choeurs)
- Margaret Taylor (choeurs)

TRACKLIST
disque 1
1. Shine On You Crazy Diamond
2. Learning To Fly
3. Yet Another Movie
4. Round And Round
5. Sorrow
6. The Dogs Of War
7. On The Turning Away

CD 2
disque 2
1. One Of These Days
2. Time
3. Wish You Were Here
4. Us And Them
5. Money
6. Another Brick In The Wall (part Ii)
7. Comfortably Numb
8. Run Like Hell


             



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