Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

Commentaires (27)
Questions / Réponses (4 / 14)
Parallhit
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Mostly Autumn, Eloy, The United States Of America
- Membre : David Gilmour , Roger Waters , Syd Barrett , Rick Wright

PINK FLOYD - Ummagumma (1969)
Par CHIPSTOUILLE le 10 Août 2006          Consultée 27195 fois

Ummagumma est un coup de folie, un cri du coeur, ou bien un délire. Ummagumma est l'album du FLOYD le moins connu, le moins apprécié sans doute, le plus bizarre sûrement, le plus incompris peut-être, le plus fourre-tout aussi et puis surtout le moins accessible. Ummagumma est le premier album de PINK FLOYD sans Syd Barrett. Et donc lorsqu'un groupe décapité sort un tel album, c'est forcément un peu du grand n'importe quoi. Roger Waters qui avait [déjà] repris les rennes du groupe avait plutôt réussi l'album A saucerful of secret. Il laissera pourtant chaque membre du groupe s'exprimer seul pour mener à terme ce troisième chérubin (quatrième si l'on prend en compte l'ordre de sortie des albums, la BO du film More ayant été composée au même moment qu'Ummagumma).

Premier acte, Richard Wright, le claviériste, sûrement encore tout ému de pouvoir exprimer son univers artificiel sous ses doigts. Il compose alors un Sysyphus en quatre parties qui, aux premières lueurs, résonne très sombrement. Quelques pas plus tard, le piano viendra nous envenimer d'un air assez caractériel qui deviendra au bout d'un moment sérieusement difficile à suivre. Les idées fusent, la musicalité est aux abonnés absents, et c'est après quelques minutes d'agonie crescendo que l'on retrouvera les allures sombres du thème premier finalement sans déplaisir, mais non sans douleur.

Second acte, Roger Waters, le guitariste, alors meneur de troupes. Contrairement à la tendance générale, "Grantchester Meadow" est une folk-song somme toute sympathique, qui joue à être SIMON AND GARFUNKEL sans Paul ni Art, et finalement sans grande envergure. On aura tout de même remarqué une ambiance champêtre assez typée et montée de toute pièce, on se déplacera de quelques pas supplémentaires pour retrouver quelque chose de similaire en forêt ; "Several species of small furry animals gathered together in a cave [Ah zut c'est pas une forêt] and grooving with a pict" [respire] est à ce titre (et quel titre !) le morceau le plus génial de cet album hétéroclite. Les chants/cris/gargouillis divers réunis ici dans un boeuf jazzy complètement déjanté constituent une musique géniale d'inventivité, dont la fin sera peut-être trop vite remballée dans un discours inutile. Certains pourront également reconnaître là les prémices du morceau "Precursor" d'Amon TOBIN (de l'album Supermodified) qui reprendra le flambeau de cet exercice de style avec brio, chose suffisamment rare pour être soulignée.

Troisième acte, David Gilmour, le seul qui aurait gardé les pieds sur terre sur son "Narrow Way". La seconde partie du morceau préfigure d'un certain style sabbathien des plus étonnant (on notera tout de même la continuité dans le délire psyché). Le rapprochement avec Jimi HENDRIX est alors évident, "le" riff lourd est déjà là, et dire que quelques années plus tard, on en fera un rayon musical complet. Si la première partie est plus classique, la troisième est un avant-goût très prometteur de ce que PINK FLOYD saura nous démontrer sur ses albums suivants. "The narrow way - part III" constitue ainsi un sommet de pop (que j'oserai qualifier de "balnéaire") grâce à une guitare d'arrière-plan déchirante sur fond de musique planante. On aurait d’ailleurs également pu lui dédier tout un rayon...

Quatrième acte, Nick Mason, et avouons-le, du grand n'importe quoi. Pour mieux endormir nos soupçons après ce très bon milieu d'album, de la flûte bourrée de trémolos façon KING CRIMSON et puis roulement de tambour....roulement de tambour... tching ! boum boum boum, tak tak tak, ting, bong boieng pouek... Quelque part perdu dans les grandes plaines de Mandchourie, un morceau basé sur le rythme, mais pas très rythmé, des bruitages et une ambiance typiquement film d'art et essai post-68, avec tout un tas de passages complètement paranormaux. Rappelez vous cette somptueuse scène vers la fin de 2001 odyssée de l'espace lorsque Dave l'astronaute voyage vers Jupiter: c'est long, ça ne ressemble à rien, c'est angoissant, et à moins d'être sous perfusion de caféine impossible à suivre d'une traite... c'est ça l'esprit Ummagumma !

Cinquième et dernier acte, les PINK FLOYD ont inventé avant tout le monde le "disque bonus" (ceci est ironique, et reste à être vérifié). Nous retrouvons donc un live très court de 4 morceaux très longs. Le live se basant sur la période "Barrett", le maître à penser des morceaux joués n'étant alors déjà plus (enfin presque plus...) et le live n'étant pas spécialement génial (souriez, on entend le public) son intérêt n'arrivera pas à vous convaincre d'outrepasser les bizarreries de la partie studio pour passer à un éventuel achat, quand bien même on y retrouve le classique des classiques, "Astronomy domine".

Ils l'ont donc fait, ils ont osé. Le résultat de cet album complètement délirant, ce sont trois titres (enfin "passages", sinon j'écourte à deux) géniaux pour un océan de délire inutile. Si vous êtes à la recherche de l'album parfait, faites demi-tour, Ummagumma est plein de ces grands moments de solitude à la "FX" de BLACK SABBATH ou "The illusion" de KING CRIMSON, toutes ces petites choses expérimentales qui n'ont finalement abouti à rien. Pourtant dans le désastre constitué, Ummagumma est salvateur, nécessaire, il est le grain et l'ivraie, il représente cette espèce de masse grossière que l'on nomme cocon et dont sortira un superbe papillon. Malheureusement, c'est un album que l'on achète souvent "pour la collection", moi le premier... Allez, un petit coup de "The narrow way - part III" pour se consoler…

A lire aussi en ROCK PSYCHEDELIQUE :


SPACEMEN 3
The Perfect Prescription (1987)
Une belle ordonnance prescrite par les Spacemen




PINK FAIRIES
Never Never Land (1971)
Peter Pan drogué...


Marquez et partagez





 
   CHIPSTOUILLE

 
   BAYOU
   SUNTORY TIME
   WALTERSMOKE

 
   (4 chroniques)



- David Gilmour (chant, guitare)
- Roger Waters (chant, guitare basse)
- Nick Mason (percussions)
- Richard Wright (claviers)


- ummagumma Studio Album
- sysyphus
1. Part One
2. Part Two
3. Part Three
4. Part Four
5. Grantchester Meadows
6. Several Species Of Small Furry Animals Gathered To
- the Narrow Way
7. Part One
8. Part Two
9. Part Three
- the Grand Vizier's Garden Party
10. Part One (entrance)
11. Part Two (entertainment)
12. Part Three (exit)

- ummagumma Live Album
1. Astronomy Domine
2. Careful With That Axe Eugene
3. Set The Controls For The Heart Of The Sun
4. A Saucerful Of Secrets



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod