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ROCK PROGRESSIF  |  COFFRET

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1979 The Wall
1983 The Final Cut
1987 A Momentary Lapse Of ...
1994 The Division Bell
2014 The Endless River
 

- Style : Mostly Autumn, Eloy, The United States Of America , Deconstruction
- Membre : David Gilmour , Roger Waters , Syd Barrett , Rick Wright

PINK FLOYD - The Later Years - 1987-2019 (2019)
Par BRADFLOYD le 10 Mars 2020          Consultée 1063 fois

Ce coffret peut poser problème à tout chroniqueur se lançant dans l’examen de cette œuvre. Retraçant les dernières années du groupe PINK FLOYD, qualifiées d’ère "GILMOUR", Il peut être loin de susciter l’enthousiasme en raison du mésamour que l’on peut éprouver pour le groupe à compter de 1987.
En effet, ce pavé ne commence qu’à partir de l’album « A Momentary Lapse Of Reason », sorti en septembre 1987 pour se terminer avec le concert « Pulse » de 1994, en y retirant « The Division Bell » et son petit frère, « The Endless River », « The Division Bell » ayant fait l’objet d’un coffret à lui seul, même si des deux albums ont été reproduits quand même sur les supports Blu-Ray, peut-être pour justifier le prix élevé du produit. Vous suivez ?
Pour faire simple, ce coffret est un résumé de la carrière du groupe, essentiellement entre 1987 et 1995 et principalement tourné vers les prestations en public auxquelles le groupe a adjoint une revisitation de « A Momentary Lapse Of Reason ». En effet, ce disque * a fait l’objet d’un remix 5.1 avec le remplacement des parties de claviers et de batterie d’origine**, lui donnant un caractère plus « PINK FLOYD » que l’original. Mais est-ce vraiment le cas ? Honnêtement, entre les deux versions, je vois mal la différence. Peut-être la batterie est-elle mixée de manière plus douce, moins « années 80 », mais pour ce qui est des claviers… J’ai un doute.

En fait, ce coffret présente l’avantage de mettre en avant, sur la partie CD, les concerts complets « Delicate Sound Of Thunder » sorti à l’origine en 1988 et de « Knebworth », sorti en 1990. Tout du moins, cette entrée en matière de ma part n’est pas totalement exacte.
Pour « Delicate Sound Of Thunder », je vais essayer d’être le plus précis possible. La version de 2019 a été augmentée des titres manquants dans les précédentes, qu’elles soient en vinyle, compact discs ou vidéo, sachant qu’il existait une différence entre les versions vidéo et audio. Côté audio, mis à part « Us And Them » qui n’était audible que sur la version CD et non dans la version vinyle, nous pouvions bénéficier des versions en concert de « Yet Another Movie », « Round And Round » et « Another Brick In The Wall part.2 » qui n’étaient pas en vidéo alors que, de l’autre côté, « Signs of life », « On The Run », « Great Gig in the Sky », et « One Slip » ne bénéficiaient que d’une restitution visuelle. Pour être encore plus complet sur les versions de l’époque, la version vidéo a fait l’objet d’une retranscription audio sur deux CD en 2009, version non autorisée et éditée par le label californien Immortal. En bref, un joyeux foutoir dû, vraisemblablement, à la volonté d’EMI de multiplier les sources de revenus, au moins du côté des vaches à lait de fans dont certains font partie.
Revenons à nos moutons : « Delicate Sound Of Thunder » a été enregistré à partir des 5 concerts qui se sont tenus au Nassau Veterans Memorial Coliseum à Long Island entre les 19 et 23 août 1988. Si la version vidéo est visible désormais en DVD et Blu-Ray grâce à ce coffret, sans changement dans les titres proposés par rapport à la version VHS de 1988, mais avec rajout de cinq titres sur un DVD et un Blu-Ray à part, le progrès en 2019 se situe du côté des deux CDs qui nous proposent la quintessence complète et DANS L’ORDRE des concerts dont les set-lists n’ont absolument pas varié d’un soir à l’autre. Même l’interlude de 15 minutes que le groupe proposait, entre les morceaux les plus récents et les « tubes », est respecté puisqu’il s’agit de la césure ordonnée par le passage d’un CD à l’autre. Ainsi, on y trouve, désormais, « Signs of Life », la suite « New Machine part.1 - Terminal Frost - New Machine part.2 » (excellente version), « On The Run », « Great Gig in the Sky », « Welcome To The Machine » et « One Slip », soit 8 titres supplémentaires. Mais, qu’est-ce que cela apporte au disque ?
Soyons honnête, l'adjonction de ces titres ne change rien à l’affaire. Comme l’explique si bien LONG JOHN SILVER, cet album est boursoufflé au plus haut point, l’exemple pathétique se trouvant dans « Money » qui se transforme en une espèce de reggae augmenté des « woooh woooh » des choristes dénaturant complètement le propos. Sans parler des parties de percussions surmixées à l’origine et des parties de sax de Scott PAGE qui avait la délicatesse d’un bourrin mal débourré. Aujourd’hui, si l’on fait fi de la musique et qu’on s’intéresse au rendu musical, celui-ci est vraiment magnifique, le disque en étant beaucoup plus écoutable. Cependant, en raison de ces boursouflures, si vous souhaitez un live des Floyd, ce n’est pas celui qui pourrait être conseillé en priorité. S'il ne vaut pas plus de 3/5, il doit ce point supplémentaire à l'amélioration notable du son qui permet de distinguer chacun des instruments sans qu’on soit importuné par les percussions de Gary Wallis, même sur « Signs of Life ». Progrès indéniable.

Pour ce qui concerne « Knebworth », ce concert est historique. La tournée « Momentary Lapse Of Reason » avait débuté le 09 septembre 1987 pour se terminer le 30 juin 1990 par ce concert où le groupe partage l’affiche sous la pluie avec GENESIS, Eric CLAPTON, DIRE STRAITS, TEARS FOR FEARS, STATUS QUO, MC CARTNEY, PLANT et PAGE (avant qu’ils ne se réunissent officiellement en 1994), et ELTON JOHN. La set-list a été fortement raccourcie puisqu’il n’y a que 7 titres de joués (seuls 3 avaient fait l’objet d’une édition précédente, que ce soit en CD ou en VHS), avec la particularité pour le groupe d’intégrer Vicky et Sam BROWN comme choristes (la mère, Vicky, avait participé à D.S.O.T.M. et sa fille avait eu son heure de gloire grâce à « Stop » dans les années 80), et la présence de Michael KAMEN, le chef de "The Wall" ainsi que de la jeune saxophoniste de jazz Candy DULFER, une bombe qui joue aussi bien du saxo qu’elle est belle (écoutez « Funked Up & Chilled Out », son double album funky-jazz de 2009 et vous m’en direz des nouvelles), en remplacement de Scott PAGE qui me paraissait quelque peu incongru dans le groupe. Le groupe avait fait une pause de près d’un an avant ce concert (le dernier « vrai » concert de la tournée avait eu lieu à MARSEILLE le 18 juillet 1989, trois jours après Venise), mais les mois passés sur la route montrent un groupe maîtrisant son sujet, même si l’on a encore un « Money » à rallonge qui n’apporte rien à la gloire du groupe. Ce concert est retranscrit intégralement en DVD et en Blu-Ray. Mais surtout, l’intérêt réside aussi dans la possibilité de voir et entendre Clare TORRY, la créatrice vocale de « Great Gig in the Sky », dans ses œuvres. Emouvant, d’autant plus que les vocalises étaient exécutées, lors des tournées de 1987 et 1994, par trois choristes. Un juste retour pour cette chanteuse qui avait dû batailler ferme pour se voir reconnaître ses droits de co-compositeur avec Richard WRIGHT sur ce morceau.
Enfin, contrairement à leurs sets habituels, les vidéos prévues d’être projetées ce soir-là sur l’écran circulaire derrière le groupe n’ont pu l’être en raison d’un orage dans l’après-midi avec un vent violent, lequel avait déchiré la toile de projection. C’est donc un groupe dans sa plus simple expression, sans le visuel habituel, hormis les lasers et les projecteurs, qui s’est présenté devant le public. Cela a permis de se concentrer uniquement sur la partie musicale, ce qui, en l’espèce, n’était pas plus mal.

Le disque 4, lui, est un mix entre des morceaux enregistrés en live durant les tournées de 1987 et 1994, mais non inclus dans les albums « Delicate Sound Of Thunder » ou « Pulse », et des morceaux issus des séances de « The Division Bell ». En réalité, pour les titres en public, ce sont des morceaux qui avaient déjà été publiés à l’occasion des sorties promotionnelles de « On the Turning Away » (« On the Turning Away » et «  Run Like Hell » Live in Atlanta 1987), « One Slip » (« The Dogs of War » Live in Atlanta 1987), « Take It Back » (« Astronomy Domine » Live in Miami 1994) et « High Hopes » (« One of These Days » Live in Hannover 1994). Sympa pour ceux qui n’avaient pas acheté ces singles à l’époque. L’intérêt de ce disque 4 réside surtout dans les autres titres proposés. Pour rappel, nombre d'entre eux proviennent des séances qui avaient été réorganisées en 2014 pour l’album hommage à Richard WRIGHT « The Endless River ». Or, dans la version CD/Blu-Ray, des titres bonus avaient déjà été produits et le risque était le doublon inutile, ce qui n'est pas le cas ici.
A l’écoute, les morceaux sont assez sympas dans l’ensemble. Les trois premiers sont des extraits de jam, comme le FLOYD le faisait régulièrement afin d'en sortir des idées exploitables. Le « Blues 1 », par exemple, est plutôt un rock instrumental mid-tempo, typique du son FLOYD, avec Bob EZRIN à la basse. On apprécie toujours autant le son de la « Strat rouge » (pour les puristes, micros EMG DG20), mais le morceau reste malgré tout assez anecdotique. On comprend pour quelle raison il n’a pas été retenu. Idem pour « Slippery Guitar » qui fait très jam cool entre potes avec la guitare de GILMOUR qui s’essaie à quelques effets jamais entendus avant ou « Rick's Theme » qui ne présente que peu d’intérêt pour sa part, même si le titre porte le nom de celui qui en est à l’origine.
« David's Blues », entièrement joué par David GILMOUR, que ce soient les guitare, basse, clavier ou batterie, montre le processus créatif de l’intéressé, puisque la voix essaie une ligne mélodique qui aurait pu, par la suite, être agrémentée de paroles. Intéressant historiquement, même si ce morceau n’a rien donné par la suite. Les trois titres suivants sont les ébauches de ceux sortis officiellement en 1994 ou 2014 : « Marrooned Jam » préfigure « Marooned » et l’on peut mesurer les progrès accomplis, « Nervana » se trouve dans la version DELUXE de « The Endless River » (version différente, vraisemblablement antérieure car moins aboutie, notamment sur la partie solo de GILMOUR). Enfin, l’intérêt historique de ce disque est la présentation d’une version démo de « High Hopes », raccourcie, là encore entièrement jouée par David GILMOUR, batterie en moins puisqu’il s’agit d’une programmation d’effets, notamment le son de la fameuse cloche. Le morceau est quasiment abouti. Particularité, le solo final est exécuté avec la Stratocaster rouge et non avec la pedal steel guitar. Superbe.

Les autres disques présents sont des DVD et Blu-Ray pour des programmes identiques. Les albums audio sont reproduits sur ces supports pour un agrément d’écoute supérieur, et les concerts ont été restaurés et remixés. Si des images ont été incluses pour illustrer l’album « The Endless River » (honnêtement, ils auraient pu s’en passer, d’autant plus que l’album avait déjà été produit sur Blu-Ray à sa sortie en 2014), l’intérêt réside surtout dans le fait d’avoir « Pulse » sur support Blu-Ray alors qu’il n’était sorti que sur double DVD (toujours en 4/3), et surtout la version enregistrée par la TV italienne le 15 juillet 1989, concert écourté et polémique en raison des dégâts occasionnés dans la cité des Doges lors de ce concert. Ce concert existait en version pirate à partir des bandes de la télévision. Le résultat, ici, permet de voir une nette amélioration du grain de l’image, même s’il ne s’agit pas d’un grain de type ciné. Autre intérêt, les films projetés derrière le groupe sont reproduits avec le son qui va avec, quelques documentaires fort instructifs sur la conception des pochettes des albums, les visuels conçus par Storm THORGERSON et HIPGNOSIS faisant partie de la légende au même titre que la musique du groupe. De même, des reportages et promos d’époque plus un « memorabila » contenant, entre autres, deux 45-tours (« Arnold Layne live 2007 » et « Lost For Words »), des replicas de tickets de concerts… N’en jetez plus…

Pour conclure, si les albums de l’époque peuvent laisser certains aficionados du groupe de marbre face à la qualité de leurs productions, ce coffret reste une véritable mine d’or, certes pas du niveau du coffret « The Early Years 1965 - 1972 », mais quand même. Surtout, du point de vue du packaging, il s’agit là de la plus belle réalisation du groupe, et même s’il coûte (au moment où j’écris ces lignes) un peu plus de 300 euros, il vaut très largement le coût (ou le coup). Certains se rabattrons sur la compilation (double vinyle et CD) mais celle-ci n'a d'intérêt que pour la version "early" de High Hopes. Compil' à fuir car sans intérêt.
Ainsi, si musicalement ce coffret ne bénéficierait, au maximum, que d'une note à 3 étoiles pour l’ensemble des œuvres produites, sachant qu'il y a peu de matériels inédits et des concerts entre 1987 et 1990 qui se ressemblent du point de vue des versions proposées, le packaging vaut, sans conteste, les 5 étoiles et si cela était possible, en mériterait largement plus en raison de la qualité du produit proposé. D’où une moyenne à 4, malgré le regret qu'on peut avoir avec l'oubli" de la BO de la "Carrera Panamericana" à laquelle MASON et GILMOUR avaient participé, le PINK FLOYD de 1992 s'étant fendu de quelques morceaux originaux non parus sur album mais uniquement sur VHS, ainsi que l’absence de la dernière prestation du groupe lors du Live8 en 2005, avec Roger WATERS opportunément de retour pour ce set magnifique. Peut-être que sa présence ne collait pas avec cette ère « GILMOUR »… Dommage.

*En fait une œuvre de GILMOUR « transformée » en œuvre de PINK FLOYD par la caution artistique de MASON et WRIGHT.
**Pour rappel, MASON, à l’époque, était plus intéressé par les courses de voitures, participant même à plusieurs reprises aux 24 heures du Mans, et se sentant incapable de jouer correctement de son instrument, a été remplacé pour l’occasion par Carmine APPICE et Jim KELTNER.

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