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- Style : Mostly Autumn, Eloy, The United States Of America , Deconstruction
- Membre : David Gilmour , Roger Waters , Syd Barrett , Rick Wright

PINK FLOYD - The Endless River (2014)
Par SUNTORY TIME le 17 Novembre 2014          Consultée 6233 fois

Il y a bien longtemps, sur une île que l'on appelle la Grande Bretagne, une étrange créature a vu le jour, dans une cave de Cambridge. Grâce à quatre garçons, Syd, Roger, Rick et Nick, cette sorte d'oiseau grandi vite et bien. Son corps se revêt d'un plumage rose éblouissant. Mais quand le premier des quatre garçons, le fougueux Syd, perd tout contrôle sur lui même, le jeune David est appelé en renfort pour sortir son ami de cette distorsion interstellaire. Sans succès. David prend donc définitivement la place de Syd, parti faire le diamant fou sur d'autres contrées.

Le nouveau quatuor, dominé par le caractériel mais génial Roger, emporte le bel oiseau à une apogée multicolore, faisant briller la face cachée de la Lune, trembler les ruines de Pompéi, invoquer l'écho des baleines, balancer une rage animale à la gueule des punk qui voulait les déplumer. Mais un mur gigantesque à coupé le tyrannique Roger des autres membre du groupe. L'oiseau avait perdu en élégance ce qu'il avait gagné en engagement politique radical. Le pauvre Rick a été chassé du groupe sans préavis. Trop d'engueulades, de schizophrénie. C'est le clap de fin. Roger quitte la barque, pensant avec arrogance que les deux survivants et le flamant rose ne lui survivront pas.

Grossière erreur, car David décide de relancer la machine, avec Nick, surtout Rick, plus heureux que jamais de faire partie à nouveau de l'aventure. Roger pourra protester, PINK FLOYD ne lui appartient plus. Un bref instant de lucidité plus tard, le trio retrouve la foi en la musique. Le grand oiseau vole à nouveau, malgré l'épreuve du temps, et de ces cloches de la division qui ont sonné à tout rompre. Il fallait prendre du recul, partir loin, après livrer une dernière offrande. En concluant par un chant plaintif, les "grands espoirs" sont devant nous, le long d'une "rivière sans fin, pour toujours et à jamais". Et dire au revoir sans vraiment le dire...

"The Endless River
Forever and ever..."

THE END.

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Puis, un miracle...
Ce à quoi personne ne s'attendait, 20 ans après le départ du flamant rose. Oh, il y a bien eu cette réconciliation de David, Nick et Rick avec Roger, lors d'un concert au Live Aid de 2006, où les quatre ont chanté l'éloge de Syd, l'absent toujours présent dans leurs âmes... Mais c'était juste le temps d'un soir, et puis ciao ! Mais là, c'est autre chose. Il revient pour de vrai, pour un nouvel album ! Oui ! Une nouvelle offrande après The Division Bell ! L'improbable, l'impossible s'est produit.

Le grand oiseau vole à nouveau au dessus de nos têtes. Il a vieilli, mais paraît en paix avec lu- même. Cette paix intérieure n'affecte cependant pas le son des cloches de la division qui résonnent au sein de la foule qui regarde le flamant rose arriver parmi eux. Certains laissent échapper des larmes de joie. De revoir l'être qui les a fait rêver depuis toujours, et les plus jeunes de découvrir la créature mystique qu'il n'ont pu connaître faute d'être née à la bonne époque. D'autres font la moue, gardent une certaine distance, regrettant le bon vieux temps, craignant le réchauffé. Il y a ceux qui ne jurent que par l'époque bénie du grand Syd, affirmant haut et fort que ce n'est qu'un leurre. Que le vrai oiseau mystique est mort avec lui. Et puis il y a ceux qui n'ont jamais aimé PINK FLOYD, qui le considèrent comme un escroc. "Le vrai dieu de la musique, c'est le Roi Cramoisi, d'abord. Et pas ce volatile pompeux !" assurent certains. Les cloches de la division, donc, n'ont pas fini de sonner...

Car quand le grand David GILMOUR a annoncé quelques mois auparavant l'incroyable nouvelle, il avait prévenu. The Endless River, comme son titre l'indique, est un album issu des sessions d'enregistrement de The Division Bell. Comme un fils caché en somme. Mais pourquoi sortir de bêtes chutes de studio ? Un nom, Rick.
Rick Wright, le génial claviériste, celui qui a été viré par Roger Waters, avant de revenir grâce à Gilmour. Rick Wright est mort, en 2008, d'un putain de crabe comme trop souvent... Ressortir ces enregistrements, c'est redonner vie à Rick. En cela, David et Nick Mason ne s'y sont pas trompés. The Endless River est un hommage à Rick Wright, homme de l'ombre et pourtant homme indispensable à PINK FLOYD.

Il a fallu à Gilmour et Mason beaucoup de motivation et de temps pour faire les fonds de tiroir de The Division Bell et en tirer ce qui était bon, puis de coller ces multitudes de petits morceaux pour former un tout cohérent. The Endless River est constitué de 18 titres, souvent très courts. Mais il ne s'agit pas d'une vulgaire compilation de petits interludes. L'album se compose de quatre parties distinctes, chacune bénéficiant d'un climat particulier, même si l'ensemble reste calme, posé... et beau.
La première partie ouvre sur des effets de samplers inquiétants, mais des sonorités proches de "Take it Back", puis surtout de "Shine On You Crazy Diamond", nous replongent dans le son PINK FLOYD, ce feeling si caractéristique. La magie opère, oui.
La deuxième partie s'introduit sur "Sum", au climat plus sombre, un poil tendu, avec des sonorité de "Take it Back", mais aussi de "Keep Talking". Pas de doute, The Endless River est bien l'enfant caché de The Division Bell. On pense aussi aux claviers féroces de "Welcome to the Machine" par moment. Nostalgie de l'âge d'or des 70's... Cette deuxième partie est celle qui se rapproche de l'esprit psychédélique des débuts, surtout sur "Skin", l'un des trop rares moments du disque où Nick Mason s'énerve un peu sur sa batterie. Dommage aussi que "Anisina" clôture cette deuxième partie sur une note un peu mièvre.

La troisième partie offre les quelques rares envolées rock de l'album. En cela, la suite "Allons-y (1)" / "Autumn 68" / "Allons-y (2)" est très réussie. Les orgues de "Autumn 68" sont particulièrement émouvants, clin d'oeil au défunt Rick Wright avec ce titre en référence à "Summer 78", l'une des plus belles chansons du claviériste. Moins originale mais néanmoins superbe : la conclusion de cette troisième partie redonne la parole au physicien Stephen Hawking, déjà présent sur "Keep Talking" vingt ans plus tôt.
La quatrième partie est plus aérienne, malgré un début orageux, mais cette plénitude s'installe tranquillement, jusqu'au son des cloches qui rappellent évidemment la transition "Lost For Words" / "High Hopes". Et "Louder Than Words" conclut l'album, en chanson. La seule. Et David Gilmour nous enchante de cette voix douce qui semble n'avoir pas ou peu souffert du temps qui passe.

C'était un beau voyage. Une nostalgie évidente. The Endless River porte bien son nom ; l'album s'écoule comme une large rivière au courant lent, avec peu de remous. Les amateurs de sensations fortes regretteront un torrent rapide, des sautes d'énergie, des décharges rock. Mais non, il faut se faire à l'idée que PINK FLOYD n'est plus ça. Oui, je l'aime, cet album. Sans adulation aucune, il n'est en rien un chef-d'oeuvre, mais oui, j'aime ce son, j'aime cette linéarité, cette guitare, ces claviers. Je suis fier de lui avoir laissé sa chance quand d'autres l'ont enterré avant même sa parution. Quel dommage ce serait de ne pas aimer ce chapitre final, car oui. Sans Rick Wright, plus question de continuer PINK FLOYD. C'était juste une parenthèse, une épitaphe à son hommage, tel en a décidé David Gilmour. Le temps d'un album, PINK FLOYD s'est conjugué au présent, mais le passé est déjà revenu. PINK FLOYD a été, certes. Mais PINK FLOYD, désormais, est immortel.

THE END (pour de vrai cette fois ?)

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- David Gilmour (guitares, guitare basse, vcs3 synthétiseur, chœurs)
- Nick Mason (batterie, rototoms, gong, percussions)
- Richard Wright (piano, piano électrique, claviers, synthétiseurs, )
- Gilad Atzmon (saxophone ténor, clarinette)
- Bob Ezrin (guitare basse)


1. Things Left Unsaid
2. It's What We Do
3. Ebb And Flow
4. Sum
5. Skins
6. Unsung
7. Anisina
8. The Lost Art Of Conversation
9. On Noodle Street
10. Night Light
11. Allons-y (1)
12. Autumn'68
13. Allons-y (2)
14. Talkin' Hawkin
15. Calling
16. Eyes To Pearls
17. Surfacing
18. Louder Than Words



             



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