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- Style : Mostly Autumn, Eloy, The United States Of America , Deconstruction
- Membre : David Gilmour , Roger Waters , Syd Barrett , Rick Wright

PINK FLOYD - Atom Heart Mother (1970)
Par LULUBELLEIII le 9 Décembre 2009          Consultée 11718 fois

« Si aujourd'hui quelqu'un venait me voir et me disait : « Si tu joues Atom Heart Mother, je te donne un million. », je lui répondrais : « tu dois être un drôle de rigolo. Je ne jouerai pas cette merde. »

Je vois déjà venir les commentaires assassins, mais, tenez vous bien, ces propos ont été tenus par Roger Waters, à propos de la pièce titre « Atom Heart Mother ».
Pourquoi ce rejet massif ?
Waters semble l'avoir tout bonnement reléguée au rang d'erreur de jeunesse. Il est vrai que ce n'est pas le Floyd affirmé que l'on retrouve-là ; le groupe se cherche encore. On est ici bien loin d'un « Dark Side Of The Moon » et de sa perfection presque froide.
Cette pièce, issue de la collaboration avec le compositeur contemporain Ron Geesin, est un long délire mêlant le rock, des orchestrations classiques avec des cuivres, et des chants grégoriens.
C'est incontestablement une composition ambitieuse, menée par la fougue et la créativité non refoulée de leurs jeunes années. C'est une transition de luxe de leur passé psychédélique et expérimental vers leur futur rempli de pièces planantes majestueusement composées. Au loin, des images imprécises se dessinent déjà en filigrane : « Echoes » et la sublime « Shine On You Crazy Diamond » en tête.
Enfin, c'est une œuvre mystérieuse aux accents solennels, qui, au-delà de la musique, revêt un sens quasi mystique pour ceux qui l'apprécient. On se croit revenir aux origines de la Vie et de la Création, on vit un incroyable voyage trépidant à travers des atmosphères qui nous semblent étrangement familières, comme si elles faisaient partie de nous depuis des générations, comme quelque chose d'universel et de terriblement puissant.

Bon, je vous l'accorde, « Atom Heart Mother » n'est pas parfait au niveau de la composition. Mais malgré quelques petites maladresses, notamment au niveau de certaines transitions, ce morceau qui part dans tous les sens nous offre une multitude d'excellents passages.
Ainsi, les parties de Gilmour jouées à la slide d'une incroyable manière, mélancolique et rêveuse, préfigurent en quelque sorte le fameux style qu'il développera par la suite.
Ou bien le passage du train, écrasant tout sur son passage, suivi de la renaissance, par des sons épars et embrouillés qui progressent lentement vers la cohérence et aboutissent sur la reprise du thème principal dans « Remergence ».
Et d'ailleurs, dans cette sous-partie intitulée « Mind Your Throats Please », Rick Wright utilise une cabine Leslie raccordée à son piano, comme sur « Echoes » et son « ping » légendaire.
La liste est encore longue, je pourrais évidemment vous citer le thème poignant joué par les cuivres, qui revient plusieurs fois à différents moments, parfois modifié et prolongé, et qui contribue à donner sa structure à cette pièce fleuve.

En réalité, deux versions de cette pièce existent. La version « Ron Geesin » de l'album, et une autre, plus dépouillée, interprétée par le Floyd en quatuor, avec notamment les voix angéliques de Rick Wright et David Gilmour qui remplacent les chœurs. La seconde version, inconnue du grand public, est souvent la préférée des fans, prétextant que les arrangements de Geesin alourdissent la composition.
Je ne suis pas tout à fait de leur avis. Je trouve le mélange musique rock et contemporaine très audacieux, les cuivres et les chœurs apportant une sorte de profondeur terrestre, contrastant nettement avec « Shine On You Crazy Diamond » et son côté aérien.

Passons maintenant à la face B.
La transition avec « If », ballade mélancolique et assez simplette en apparence de Waters, est idéale. Cette petite chanson, assez répétitive, lente, rappelant un certain Leonard Cohen, permet en quelque sorte de se reposer du déluge d'émotions engendré par « Atom Heart Mother ».
Puis arrive « Summer 68 », avec ses cuivres et sa petite mélodie tranquille, son ambiance paisible et nonchalante aux accents très beatlesiens.
Ce titre un poil jazzy nous démontre le réel talent de compositeur de Wright et sa capacité à utiliser ses influences pour créer du neuf.
A noter que la deuxième intervention des cuivres n'en est pas une en réalité, Rick Wright reproduisant des sonorités de cuivre avec un mellotron, ce qui explique l'impression de sons un peu artificiels.

Quant à « Fat Old Sun », elle démarre et se termine par des sons de cloche qui éveillent en moi des réminiscences de moments fort désagréables passés à essayer d'écouter « The Division Bell » jusqu'au bout sans m'endormir plus de trois fois... ce qui constituerait un exploit digne du Guinness Book des Records !
Si vous avez lu entre les lignes, vous aurez compris que cette chansonnette préfigure le futur style de composition de Gilmour, assez soporifique, dirais-je pour rester polie.
Heureusement que le solo de gratte envoie bien...

Et que dire de l'expérimental et total foutraque « Alan's Psychedelic Breakfast » ?
C'est une longue suite d'expérimentations dans le style d' « Ummagumma », à travers lesquelles on suit un des roadies du groupe, Alan Stiles, dans un petit déjeuner psychédélique.
On a droit à tout, petits commentaires sur ses goûts en matière de nourriture (« Marmelade, I like marmelade. »), bruits de céréales qui crépitent dans le lait, de mastication...
Et le tout est associé à trois petites pièces musicales plutôt relaxantes, et bien travaillées malgré leur apparente simplicité.
Ca paraît con dit comme ça? Oui, c'est vrai, mais inexplicablement, je trouve toujours de l'intérêt et du plaisir à écouter ce morceau, qui est pour moi la parfaite incarnation du flegme britannique et de leur humour parfois décalé. Qui a dit que les Floyd se prenaient trop au sérieux ?
Sur certains vinyles il y a même un sillon sans fin, ce qui permet à l'auditeur d'écouter indéfiniment la goutte d'eau qui tombe du robinet qui fuit... Ploc, ploc, ploc...

Voilà, j'espère avoir réussi par cette chronique un poil décousue (à l'image de l'album, finalement) à vous faire nager dans les volutes de cet étrange chef-d'œuvre, ou au moins à vous amener à comprendre les raisons pour lesquelles il a pour moi une place à part dans la discographie du Floyd.

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- David Gilmour (guitariste-chanteur)
- Roger Waters (bassiste)
- Nick Mason (batteur)
- Rick Wright (claviériste)


1. Atom Heart Mother:
- father's Shout
- breast Milky/mother Fore
- funky Dung
- mind Your Throats Please
- remergence
2. If
3. Summer '68
4. Fat Old Sun
5. Alan's Psychedelic Breakfast:
- rise And Shine
- sunny Side Up
- morning Glory



             



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