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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : Uk, Jon & Vangelis, Gtr, King Crimson, Squackett, Jon Anderson , Yoso, Asia, The Moody Blues
 

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YES - The Yes Album (1971)
Par ARP2600 le 6 Janvier 2012          Consultée 3816 fois

Après s'être égaré en route avec Time and a word, Yes s'est recentré sur ses fondamentaux rock et a livré en 1971 son premier chef-d’œuvre, peut-être le plus important de tous : The Yes Album. Ce titre qui n'en est pas un montre d'ailleurs qu'il s'agit d'un nouveau départ autant que d'un manifeste de leur style. On est un cran plus loin que dans leur premier album, les compositions sont ici très ambitieuses et les arrangements très virtuoses. Pour faire court, ils ont cherché à épater la galerie et c'est une réussite totale.

Le temps qui a passé depuis leur début en 69 a permis au rock progressif de vraiment apparaître et de se développer. Yes a sans problème pu s'intégrer à ce courant et en devenir un des éléments au succès le plus fructueux. Cette réussite commerciale commence avec le Yes Album, qui a culminé à la quatrième place au Royaume-Uni. Cette seule notoriété explique l'influence du groupe sur la suite du courant musical, dont je considère ce disque comme un des canons.

Et pourtant, formellement, The Yes Album n'est pas tellement plus progressif que les deux premiers, mais plusieurs caractéristiques l'aident à avoir ce rôle plus important. Tout d'abord, il n'y a aucune reprise psychédélique ici, uniquement des compositions originales. Secundo, le format des chansons s'allonge et, on a beau dire ce qu'on veut, la durée est bien un des principaux clichés du genre. Enfin, il y a le nouveau guitariste du groupe, Steve Howe, qui a une des plus grandes sensibilités progressives qui soit. Cet incroyable virtuose excelle à l'électrique comme à l'acoustique, et sa simple vélocité combinée au romantisme naturel du groupe suffit à assurer l'appartenance stylistique de l'album. Ajoutons qu'il a contribué très avantageusement à la composition musicale.

La première face est véritablement exemplaire. «Yours is no disgrace» est une démonstration de leur talent. Si les paroles sont sans importance et la mélodie un peu ressassée, les méandres instrumentaux de cette chanson sont jouissifs. Un petit morceau de guitare acoustique de Steve Howe, «Clap», fait le lien avec la deuxième grosse pièce. Notons qu'il s'agit d'une version live, préférée à l'enregistrement studio qui figure en bonus sur l'édition cd actuelle. De plus, sur l'édition originale, le morceau était appelé «The clap» mais c'était une erreur par rapport à la volonté initiale de Howe.

Le clou de l'album est sans nul doute la géniale «Starship trooper», une suite en trois parties. Elle semble ne rien avoir à voir avec le roman d'Heinlein. Comme à l'habitude de Yes, il s'agit de poésie hermétique que j'avoue avoir un peu de mal à comprendre. Disons que je pense qu'on parle de la contemplation de la nature et du caractère très relatif de notre petit savoir humain. Le soldat de l'espace n'est qu'un personnage parmi d'autres dans le texte mais sans doute qu'ils ont trouvé que ça sonnait bien comme titre. En tout cas, la musique est somptueuse et immersive. La première partie est effectivement contemplative, tandis que la deuxième présente une rupture burlesque. Enfin, pour la fin instrumentale, «Würm», on passe en mode mineur et on a droit à une longue montée en puissance aboutissant sur un fantastique duel de guitares. A mon avis, un des plus grands moments de Yes, juste un peu gâché par un fading peu inspiré.

J'ai eu plus de mal à admettre «I've seen all good people», dont l'intro a cappella est assez brutale pour ne pas dire disgracieuse. Mais bon, ensuite, la musique douce de «Your move» rattrape l'affaire. La deuxième partie reprend la phrase initiale en la ressassant, mais les instruments permettent à la chose de donner une bien meilleure impression qu'au début. Pas leur plus grand numéro mais tout de même fort bien exécuté. «A venture» est quant à elle une bonne petite chanson typique de Yes, avec une ambiance un peu dramatique. Elle fait le lien avec la dernière grosse pièce, l'étrange «Perpetual change». Celle-ci joue beaucoup sur les ruptures rythmiques, mais est en moyenne plutôt décontractée. J'avoue que ce n'est pas le style que je préfère et que j'aurais plutôt mis une chanson plus animée comme final, mais je ne pourrais pas affirmer que c'est mal écrit non plus. C'est peut-être une des plus grandes qualités de l'album, il y en a un peu pour tous les goûts.

Avant de conclure, un mot sur les claviers. On ne peut que remarquer dès le début de l'album cet orgue Hammond très évident. Il intervient régulièrement ainsi qu'un simple piano, les synthés étant plus rares. Il s'agissait simplement des vues du claviériste Tony Kaye... On aime ou pas ces instruments plus classiques – ou plus désuets selon les points de vue. En tout cas, les autres membres du groupe, surtout Jon Anderson, voulaient autre chose. Sans doute que les enregistrements utilisés dans Time and a word étaient déjà là pour cette raison, mais on sait que c'était raté. Voilà pourquoi, après le présent album, Tony Kaye a été remplacé par Rick Wakeman, un bidouilleur de synthés. L'arrivée rapide de Fragile est d'ailleurs due au besoin d'argent pour le matos de Wakeman, mais ceci est une autre histoire.

The Yes Album est donc le premier album incontournable de Yes. Certains le trouveront un peu daté, mais on trouve ici une préfiguration de tous les types de chansons que le groupe a développé dans le reste des années 70. Cette diversité rend l'album primordial, il s'agit d'une des étapes importantes du rock progressif que tout amateur du style se doit de connaître.

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   (2 chroniques)



- Jon Anderson (chant, percussions)
- Bill Bruford (batterie)
- Steve Howe (guitares, choeurs)
- Tony Kaye (piano, orgue, synthétiseur moog)
- Chris Squire (basse, choeurs)


1. Yours Is No Disgrace
2. Clap
3. Starship Trooper
4. I've Seen All Good People
5. A Venture
6. Perpetual Change



             



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