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 Guide Jazz (379)

Miles DAVIS - Miles: The New Miles Davis Quintet (1956)
Par DERWIJES le 3 Février 2019          Consultée 196 fois

Oubliez tout ce que l'on vous a dit : Les supergroupes viennent du jazz, pas du rock. Ce sont les jazzmen qui sont les premiers à se rassembler entres musiciens d'exception pour faire de la musique d'exception, et à ce petit jeu il y a peu de noms qui vendent autant de rêve que le MILES DAVIS QUINTET. La genèse de cette rencontre commence à l'été 1955. Miles DAVIS vient à peine de finir son set au Newport Jazz Festival qu'il est abordé George AVAKIAN, grand manitou de la Columbia Records, l'un des labels les plus importants du monde et certainement the place to be pour les musiciens ambitieux, catégorie dans laquelle nous pouvons sans crainte de nous tromper y placer le trompettiste, qui se voit alors soumettre une offre qu'il ne pouvait pas refuser : signer un deal avec Columbia Records, à la seule condition de former un groupe stable. Ni une ni deux, un contrat est signé et Miles repart chez lui en réfléchissant à de possibles collaborateurs.

Avançons de quelques semaines jusqu'au mois de Juillet. Pour honorer une date au Café Bohemia au Greenwich Village à New-York, il s'entoure de Philly Joe JONES à la batterie, Paul CHAMBERS à la basse, Red GARLAND au piano et John COLTRANE au saxophone. Ça y est, il tient son quintet ! Il connaît déjà Garland et Jones qui ont joués avec lui sur ses albums précédents. Paul Chambers est alors un nouveau venu dans le jazz qui commençait déjà à se faire un nom, et quand à Coltrane...que dire qu'y n'ait pas déjà été dit sur la relation entre ces deux géants ?

Après ce premier concert en Juillet ils se retrouvent au studio de Columbia à Manhattan, et attention c'est ici que les choses se compliquent quelques peu, prenons notre temps pour bien tout comprendre : En Septembre 1955 le quintet entre en studio et y enregistre des titres qui ne se retrouveront que sur l'album Round 'bout Midnight de 1957. Trois semaines plus tard ils quitteront Manhattan pour se retrouver dans le studio d'enregistrement de Rudy Van Gelder dans le New Jersey là où avaient été enregistrés The Musing of Miles et Blue Moods. C'est donc à Hackensack que cet album est mis en boîte, et c'est aussi là-bas qu'ils iront enregistrer leurs derniers albums pour Prestige. Parce qu'un autre problème se pose : Miles est alors en contrat avec le label Prestige Records depuis 1951, et ceux-ci voient d'un mauvais œil ses infidélités. Il faudra toute la gouaille de George Avarian pour les persuader de laisser partir leur vedette, et ils ne le feront qu'à la condition contraignante que toute la musique qu'il enregistre pour Columbia ne soit mise en vente qu'à la fin de son contrat chez Prestige.

Voilà pourquoi ce disque fut enregistré en Novembre 1956 mais ne fut mis en vente qu'en Avril 1957. Voilà pourquoi vous trouverez cet album rangé dans l'année 1956 plutôt que 1957. Vous l'aurez compris, ranger ce disque dans de bonnes petites cases n'est pas chose aisée. Déjà, comment l'appeler ? Son véritable nom est tout simplement « Miles », écrit en gras sur une pochette champêtre hivernale teintée de vert, mais pour mieux pour l'identifier il lui est souvent accolé le sous titre « Miles : The New Miles Davis Quintet ». C'est aussi ce nom plus parlant que j'ai choisi de garder.

Un coup d’œil à la tracklist nous révèle que le groupe s'est arrêté sur des standards. Paresse ? Plutôt un moyen de s'échauffer et surtout de jouer des morceaux connus sur lesquels les musiciens ne se tromperont pas. Columbia ne remboursait pas les bandes utilisées pour l'enregistrement, poussant les musiciens à se contenter d'une seule prise réussie plutôt que de tenter de viser la perfection. Ici ce détail n'a aucune importance tant la musique est précise. C'est un testament au talent de chacun de ces jazzmen que de se rendre compte que cet album a été joué quasiment live en studio sans retouches possibles.

Le disque s'ouvre sur deux morceaux calmes, similaires en style à ceux de Blue Moods et tout aussi relaxant, même si l'absence de Coltrane sur « There Is No Greater Love » se fait cruellement ressentir, le saxophoniste sachant rendre chacune de ses interventions absolument essentielles. C'est à partir de la troisième piste « How Am I To Know ? » que les choses s'emballent et que ça commence à groover. Nous y retrouvons le morceau « The Theme », déjà utilisé en concert par Davis et qui deviendra le morceau avec lequel il clôturera la plupart de ses concerts jusque dans les années 60. Les historiens du jazz sont promptes à classer ces morceaux en hard-bop, et sans être aussi aficionado de classification qu'eux, je veux bien les croire à écouter comment Philly Joe Jones martyrise ses fûts sans aucune pitié. C'est dans cette seconde moitié de l'album que réside la magie de l'album. La basse, la trompette et le saxophone jouent en contrepoint tout du long. Miles Davis utilise sa fameuse technique de la trompette en sourdine pour mettre de l'emphase sur les émotions de ses notes pendant que John Coltrane y répond avec des mélodies incessantes qui semblent sans cesse le provoquer, mais celui qui vole le show ici c'est Paul Chambers. Le jeune bassiste fait montre d'une technique impeccable et explore les possibilités de son instrument. A eux cinq, ils repoussent les limites de la complexité rythmique et commence déjà à montrer la voie.

The Musing of Miles et Blue Moods étaient deux parenthèses agréables, mais à mes oreilles la légende Miles DAVIS commence véritablement ici.

Note réelle: 3.5/5, arrondie à 4/5 à la géniale "Stablemates".

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   DERWIJES

 
  N/A



- Miles Davis (trompette)
- John Coltrane (saxophone)
- Red Garland (piano)
- Paul Chambers (basse)
- Philly Joe Jones (batterie)


1. Just Squeeze Me
2. There Is No Greater Love
3. How Am I To Know ?
4. S'posin
5. The Theme
6. Stablemates



             



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