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Miles DAVIS - Seven Steps To Heaven (1963)
Par DERWIJES le 15 Avril 2019          Consultée 112 fois

1963 est une sale année pour Miles DAVIS. Son album précédent, Quiet Nights, a été un échec et n’était de toute manière pas destiné à être publié à la base. Pour continuer à gagner sa vie, il préfère jouer en concert qu’enregistrer en studio, mais de sérieux problèmes de santé entachent la qualité de ses shows, quand bien même il est en mesure de s’y rendre, ce qui a évidemment l’effet inverse de celui attendu et le coule financièrement.
Un à un, les membres de son quintet le laissent tomber, mais c’est vraiment le départ du contrebassiste Paul CHAMBERS, dernier membre restant de son quintet originel, qui lui porte le coup de grâce. Avec des dates de concert en Californie à respecter, il recrute de nouveaux musiciens pour l’accompagner : George COLEMAN au saxophone, Ron CARTER à la contrebasse, Victor FELDMAN au piano et Frank BUTLER à la batterie. Ces deux derniers seront les seuls à ne pas souhaiter rester dans le quintet lorsque vint le moment de retourner à New-York, préférant rester à Los Angeles où ils étaient certains de continuer à gagner confortablement leurs vies en tant que musiciens de studio.
Et par un de ces petits tours dont l’Histoire a le secret, ces désistements ouvriront la porte à deux nouveaux venus qui resteront avec Miles Davis pour les six prochaines années : Tony WILLIAMS à la batterie et le jeune prodige Herbie HANCOCK au piano, tout frais du succès de son « Watermelon Man ».
Avec leur arrivée, le décor est planté et le groupe rentre en studio en Avril 1963. En un mois, ils avaient enregistré assez de matériel pour remplir un album, mais DAVIS décida de reprendre de zéro les morceaux avec un tempo plus rapide, retardant la sortie de l’album jusqu’en Juillet de la même année.

Seven Steps to Heaven voit un Miles DAVIS. Bon, quel pléonasme que cette phrase, me direz-vous : Miles Davis était constamment en transition, et la meilleure manière d'apprécier un de ses disque et de le savourer tel quel sans s'encombrer du poids du contexte.
Mais à regarder sa discographie dans son ensemble, la tentation de la découper en périodes est trop tentante. Mais où le classer ? Sa période Third Stream avec Gil EVANS est passée, et ce n'est pas une suite à la bossa-nova de Quiet Nights, malgré la similitude de leurs pochettes, et nous ne sommes pas encore dans la fusion à venir. Pour le resituer, nous pouvons rappeler que son ancien protégé John COLTRANE est parti faire des miracles pour Impulse ! Néanmoins, ce disque n'est pas une réponse au saxophoniste. Tout simplement, tout bêtement, il s'agit d'un disque joué sur le coup pour le fun, le plaisir de jouer.
Six pistes, trois standards. Ce sera son dernier album à comporter ce genre de reprises puisque par la suite il laissera ses collaborateurs s'exprimer plus librement et proposer leurs propres compositions. Pour l'instant, il invite Louis Armstrong à la fête et remplace le big band d'origine de « Basin Street Blues » par un quintet plus serré à l'alchimie certaine -même si Miles se taille la part du lion, bien plus que dans son premier quintet-. « I Fall In Love Too Easily » vous donnera une bonne idée de l'ambiance : Miles s'équipe de sa sourdine fétiche et et sort les notes en les tirant à l'agonie. Par comparaison avec l'aspect presque mathématique de Kind Of Blue Seven Steps, joue la carte de l'immatériel, de l'atmosphère relaxée et relaxante comme une bouffée de cigarette qui fait rire. Le titre éponyme et « Joshua », deux inédits, le premier écrit par Miles et le second par Victor Feldman et qui restera dans son répertoire pendant encore une bonne décennie en sont de bons exemples, emplis d'un groove typiquement « West-Coast » trahissant sa création dans la Cité des Anges.

Malgré sa ressortie récente dans un coffret de sept disques en 2013, Seven Steps to Heaven reste encore un album un peu trop méconnu. Mérite-il d'entrer dans le classement top-select des meilleurs albums de Miles Davis ? Peut-être que non. Un peu trop court, n'étant pas révolutionnaire et s'écoutant plutôt comme un ensemble il demande un certain effort pour s'en imprégner mais récompense son auditeur attentif avec un jazz groovy et jouissif.

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   DERWIJES

 
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- Miles Davis (trompette)
- Victor Feldman (piano)
- Ron Carter (contrebasse)
- George Coleman (saxophone ténor)
- Frank Butler (batterie)
- Tony Williams (batterie)
- Herbie Hancock (piano)


1. Basin Street Blues
2. Seven Steps To Heaven
3. I Fall In Love Too Easily
4. So Near, So Far
5. Baby Won't You Please Come Home
6. Joshua



             



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