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Miles DAVIS - Miles In The Sky (1968)
Par DERWIJES le 28 Avril 2019          Consultée 107 fois

Ah. Miles in the Sky. Cas difficile, celui-là. C'est le deuxième album de Miles DAVIS que j'ai écouté -le premier étant Miles Smiles-, emprunté au hasard à la bibliothèque universitaire. Je l'ai écouté plusieurs fois, j'ai lu des articles à son sujet sur internet pour y récupérer des informations pertinentes, mais rien à faire, c'est sûrement l'album de Miles que j'aime le moins.

Il sort dans une période particulière : 1968, l'année des révoltes sociales en France et partout ailleurs, c'est l'année du White Album, d'Electric Ladyland, de Beggars Banquet... une année sacrément chargée, mais surtout celle où Miles DAVIS commence à révolutionner sa musique en passant à l'électrique. Mais pas si vite ! On est encore un an avant In A Silent Way et deux ans avant Bitches Brew. Pour l'instant, nous en sommes à Miles in the Sky, l'album dont le titre fait référence aux BEATLES et dont la pochette ressemble au papier peint de la cuisine de mes grands-parents, celui des premiers essais.

Et que font des musiciens qui expérimentent avec quelque chose de nouveau ? Ils jamment. Et voilà, nous avons résumé ce disque en trois mots : un gros jam. Quatre pistes (plus deux prises alternatives sur la réédition CD), quatre compositions improvisées. L'improvisation est l'essence même du jazz, bien sûr, mais nous sommes loin des compositions taillées au millimètre près de Sorcerer et Nefertiti. Avec ses longues pistes faisant la part belle au piano électrique d'Herbie HANCOCK, on croirait un brouillon sur lequel seraient jetées les futures idées à venir, entre l'atmosphère envoutante de In A Silent Way et les déflagrations électriques de Bitches Brew. D'ailleurs, et c'est important de le mentionner, seulement la face A de l'album est électrique, la face B demeurant acoustique. Personnellement, et on peut ne pas être d'accord, j'aurais préféré l'inverse, de manière à retrouver d'abord le jazz acoustique de Miles tel que nous le connaissons -mais est-il possible de vraiment connaître Miles DAVIS ?- puis de découvrir son nouveau son.
J'affiche en tout cas une préférence paradoxale pour cette face B, mais “Black Comedy” et “Country Son” sont deux bons morceaux. Le premier se veut plutôt agressif et assez rapide, surtout le saxophone de Wayne SHORTER, alors que le second développe tranquillement son atmosphère lente -et je reviens à ce que je disais plus haut sur le côté annonciateur des futurs disques-.

Quid de l'autre face alors ? Elle commence avec “Stuff” qui elle-même commence avec une cavalcade de notes de la part d'Herbie et de la basse électrique de Ron CARTER qui se mélangent jusqu'à poser la base de la mélodie et du groove de la composition. On est plus près de la soul que du rock, mais qu'importe, voilà maintenant que la trompette et le sax viennent déposer leurs plaintes aiguës sur le tas. Ca dure, et ça dure... Jusqu'à ce que commence “Paraphernalia” où Georges BENSON, grand héraut et héros de la six-cordes devant l'Eternel, vient faire un petit coucou le temps des 12 minutes du morceau. Et là on tient la meilleure piste de l'album : pendant que le quintet joue une composition qui s'apparente plutôt au final à un bop électrique, Benson vient perturber les choses avec des interventions et des solis inventifs. Il brise les arrangements et perturbe la composition... Sa guitare représente la manière dont Miles perçoit ce nouveau son, une façon de secouer le cocotier du jazz et d'en faire tomber de nouveaux fruits. A ré-écouter le morceau, on comprend l'évolution voulue par les musiciens : au début, la guitare est intrusive, puis au fur et à mesure elle se mélange à la musique jusqu'à en faire partie intégrante et rejoint les autres instruments.

Alors pourquoi cette note sévère de 2/5 ? Parce qu'au fond une note reste toujours subjective et assez arbirtraire, et qu'à F.P. nous préférons noter avec notre coeur plutôt qu'avec notre tête. Oui, Miles in the Sky est une réussite d'un point de vue technique, mais il souffre de compositions, qui s'éternisent comme du beurre étalé sur une tartine trop longue, et de répétitivité, surtout quand on le compare à ce qui va suivre. Il demeure toutefois une écoute des plus intéressantes, ne serait-ce que pour l'excellent “Paraphernalia”, mais la première véritable démonstration de force électrique de Miles viendra l'année suivante avec la double sortie de Filles de Kilimandjaro et In A Silent Way.

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   DERWIJES

 
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- Miles Davis (trompette, cornet à pistons)
- Wayne Shorter (saxophone)
- Tony Williams (batterie)
- Herbie Hancock (piano, piano électrique sur 'stuff')
- Ron Carter (basse, basse électrique sur 'stuff')
- George Benson (guitare électrique sur 'paraphernalia')


1. Stuff
2. Paraphernalia
3. Black Comedy
4. Country Son



             



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