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 Guide Jazz (393)

Miles DAVIS - Miles Smiles (1967)
Par DERWIJES le 25 Avril 2019          Consultée 99 fois

Miles Smiles est le premier album de Miles DAVIS que j'ai écouté. Je me souviens de l'avoir emprunté par hasard à ma Bibliothèque Universitaire pour ne pas avoir à hésiter parmi le large choix disponible et l'avoir écouté une première fois en fond sonore d'un recopiage de notes.
Et j'ai une espèce de bénédiction avec cet album : je ne m'en souviens jamais. J'ai bien dû l'écouter quatre ou cinq fois, mais impossible de retenir la moindre mélodie... Et pourtant, cela ne m'empêche pas de l'apprécier. C'est comme si mon cerveau faisait exprès d'oublier ce qu'il vient d'écouter pour mieux le redécouvrir plus tard, et à chaque fois c'est le même plaisir honnête.

Et je ne pense pas être le seul à avoir cette amnésie sélective. En fait, j'ai même l'impression qu'un sacré paquet de personnes oublient que ce disque existe. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être à cause de sa pochette vieillotte et de son jeu de mots renvoyant à des albums de la période bop comme Milestones et Miles Ahead, ou alors c'est juste que cette période de transition entre la période bop et la période fusion reste relativement mal connue, ou encore parce qu'il poursuit sur la lancée de E.S.P... Allez savoir. Mais c'est d'autant plus curieux qu'il s'agit d'un des disques de Miles les plus acclamés par la critique qui ne tarit pas d'éloges à son sujet.

Vous vous souvenez peut-être que sur l'album précédent Miles et son quintet avaient commencé à s'aventurer doucement dans le free-jazz. Ces premiers pas dans cette nouvelle avant-garde ont bien sûr enthousiasmé le trompettiste qui a développé une autre idée folle comme lui seul en avait : et si ses musiciens tissaient un canevas obéissant aux standards du bop sur lequel ils peindraient du free-jazz ? Son quintet accepte sans réfléchir, l'occasion est trop belle. Mieux encore, c'est eux qui vont composer la majorité des morceaux du disque, Miles n'en signant qu'un seul, “Circle”. Plus tard, il dira dans son autobiographie qu'ils le firent bosser dur, en particulier le batteur Tony WILLIAMS qui n'hésita pas à lui dire qu'il devrait s'entraîner plus souvent. Poussé dans ses retranchements par des musiciens au moins aussi exigeants que lui, il abordera son instrument d'un autre oeil.
Cette exigence se sent sur le morceau “Footprints”, composé par Wayne SHORTER à l'origine pour son album solo Adam's Apple. Il est ici remanié et presque méconnaissable puisque les racines africaines de la composition sont mises en évidence avec un accent sur la batterie de Tony Williams et des changements de tempo incessants. Teo MACERO, de retour à la production et pardonné d'avoir commercialisé Quiet Nights contre la volonté de Miles, crée un son plus sec et plus austère que sur E.S.P. mais qui nous permet de mieux entendre les instruments, en particulier la trompette qui sonne tantôt violemment aiguë ou tantôt caresseuse lorsqu'elle est mise en sourdine. Son jeu sur “Orbits” d'abord avec Wayne Shorter puis en solo où il est rattrapé par le piano d'Herbie HANCOCK avant de revenir à la mélodie toujours avec le trombone à ses trousses mérite bien la place qui lui est dû dans les annales du Jazz. Tony Williams profite de “Freedom Jazz” pour se montrer en spectacle pendant que ses camarades font des étincelles, et c'est sur la conclusion “Ginger Bread Boy” qu'ils finissent en feu d'artifice. La basse de Rob CARTER, dont je ne parle pas assez souvent alors qu'il le mériterait bien, claque non-stop pendant toute la durée du morceau, même pendant les solos.

Je bénis le fait de tout oublier de cet album dès que son écoute est finie. Pouvoir le redécouvrir de nouveau à chaque fois est un plaisir dont je ne me lasse pas. Sur chacun des six morceaux, le groupe ne cesse de nous surprendre. D'un moment à l'autre, on ne sait jamais où ils vont aller et ils ne nous déçoivent jamais. Du grand jazz, du très grand jazz.

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   DERWIJES

 
  N/A



- Miles Davis (trompette)
- Wayne Shorter (saxophone ténor)
- Herbie Hancock (piano)
- Ron Carter (contrebasse)
- Tony Williams (batterie)


1. Orbits
2. Circles
3. Footprints
4. Dolores
5. Freedom Jazz Dance
6. Gingerbread Boy



             



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