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- Style : Ennio Morricone
- Membre : Herbie Hancock , The Mahavishnu Orchestra , Keith Jarrett , John Mclaughlin , Hudson, John Scofield
- Style + Membre : Sonny Rollins , Dizzy Gillespie , Ornette Coleman , Thelonious Monk, Marcus Miller , Weather Report, John Coltrane
 

 Guide Jazz (392)

Miles DAVIS - A Tribute To Jack Johnson (1971)
Par DERWIJES le 14 Mai 2019          Consultée 197 fois

“I'm black. They never let me forget it. I'm black all right. I'll never let them forget it."

Cette superbe phrase, nous la devons au boxeur Jack JOHNSON. Mais si vous la connaissez, c'est grâce à l'acteur Brock PETERS qui l'incarna dans le documentaire romançant sa vie. Pour le réalisateur Bill Clayton, qui d'autre que Miles DAVIS pouvait mettre en musique ces images ? Le trompettiste, amateur de boxe et par ailleurs boxeur amateur lui-même, accepta avec joie l'offre. Entre la vie de Jack Johnson et la sienne les parallèles sont nombreux, et il se reconnaissait dans cette “blackness” assumée. Il s'investira beaucoup dans ce qui sa deuxième bande-son pour un film après l'éternelle rencontre avec Louis Malle en 1958, écrivant lui-même le texte du livret de l'album et réunissant autour de lui un casting de musiciens issus de la crème de la crème.

Au cours de deux sessions, l'une en Février et l'autre en Avril 1970, il s'entoure de John MCLAUGHLIN et Sonny SHARROCK à la guitare, Jack DeJOHNETTE et Billy COBHAM à la batterie, Bernie MAUPIN à la clarinette et Chick COREA au piano. Pour ce dernier instrument, Herbie HANCOCK profitera d'un passage en studio pour en enregistrer une partie à l'orgue. Un coup d'oeil à cette liste et deux noms retiennent notre attention: John McLaughlin et Chick Corea. Ces deux musiciens sont des génies de leurs instruments et leur simple mention sur un album du Miles Davis à de quoi faire rêver.
En les rassemblant le trompettiste avait une idée en tête: faire de cet album le disque le plus rock possible. Selon ses mots, la musique devait être spontanée, donner l'effet d'un train lancé à pleine vitesse, être la représentation auditive d'un uppercut de Jack Johnson. Pour l'assister dans cette tâche il peut compter sur son fidèle producteur Téo MACERO qui s'occupe d'organiser les bandes des deux sessions d'enregistrement -une tâche herculéenne quand on voit la quantité de musique enregistrée sur le coffret The Complete Jack Johnson Sessions-, et va aussi y rajouter quelques moments tirés de l'enregistrement de In A Silent Way. Un emprunt qui se retrouve dans la composition du disque, entrecoupé de deux morceaux d'un peu plus de 25 minutes chacun: “Right Off” et “Yesternow”.

Très inspiré par le son rock et funk du moment et plus particulièrement par les messages identitaires des artistes qui la jouent, il n'hésite pas à les citer dans sa musique. C'est donc à la fois autant un hommage qu'un choix logique pour souligner les combats du boxeur en dehors du ring qu'il incorpore un riff de “Sing A Simple Song” de SLY AND THE FAMILY au milieu de “Right Off”, comme ça, l'air de rien, et plus important encore, qu'il articule l'intégralité de “Yesternow” autour de la ligne de basse de “I'm Black and I'm Proud” du grand James BROWN.
Mais bien malin celui qui trouvera le temps d'y prêter attention au milieu de cette musique qui vous prend pour ne plus vous lâcher. Dès l'intro de “Right Off” John McLaughlin laisse sa guitare vous expliquer le pourquoi du comment de ce titre. La genèse de ce morceau vient du guitariste qui improvisait en attendant l'arrivée de Miles en studio, sans savoir que celui-ci avait déjà lancé l'enregistrement. A deux minutes du morceau un orgue vient s'inviter pour un solo funky, dense, complexe, en bref tout simplement immense: vous l'aurez compris à ces superlatifs c'est à ce moment-là qu'Herbie Hancock est passé faire un petit coucou. Son style est reconnaissable entre mille mais rarement s'est-il autant laissé aller, pour notre plus grand plaisir. “Right Off” joue fort. Porté par la guitare et la batterie le morceau lance le rythme, l'élève, l'élève, l'élève...Le coupe avec une section ambiente tirée de In A Silent Way...Puis revient en force. Le morceau paraît complexe, mais il est en fait relativement simple dans sa structure.

“Yesternow” est lui plus complexe. Il commence donc avec cette improvisation autour de la ligne de basse de James Brown, puis reprend différents morceaux et différentes parties issues d'autres morceaux. Nous y retrouvons un autre passage ambiant de In A Silent Way, une reprise du morceau “Willie Nelson” et de “The Man Nobody Saw”, ainsi que du passage ambiant et d'un solo de trompette déjà présent sur “Right Off”. Oui, Miles était un artiste écologique qui n'hésitait pas à se recycler dans un même album, mais qui s'en plaindra ? Plus complexe à aborder, “Yesternow” est un trésor d'ingéniosité qui se conclut avec les mots parlés de Brock Peters qui m'ont servi à ouvrir cette chronique.

Au final le disque sortira sans aucune promotion de la part de Columbia et sous une pochette reprenant l'affiche du documentaire, contrairement au souhait de Miles Davis d'avoir la photo de lui ornant les ré-éditions actuelles et que nous connaissons tous. Les critiques acclameront l'album mais ce manque de promotion lui volera le succès public qu'il méritait. Un peu oublié à cause de cela dans la foisonnante discographie du trompettiste il bénéficie depuis quelques années d'une nouvelle reconnaissance bien méritée.

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   DERWIJES

 
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- Miles Davis (trompette)
- Bennie Maupin (clarinette basse)
- John Mclaughlin (guitare électrique)
- Sonny Sharrock (guitare électrique)
- Chick Corea (piano électrique)
- Dave Holland (basse électrique)
- Jack Dejohnette (batterie)
- Herbie Hancock (orgue)
- Michael Henderson (basse électrique)
- Billy Cobham (batterie)
- Steve Grossman (saxophone soprano)


1. Right Off
2. Yesternow



             



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