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HARD-BOP  |  STUDIO

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- Style : Ennio Morricone
- Membre : Herbie Hancock , The Mahavishnu Orchestra , Keith Jarrett , John Mclaughlin , Hudson, John Scofield
- Style + Membre : Sonny Rollins , Dizzy Gillespie , Ornette Coleman , Thelonious Monk, Marcus Miller , Weather Report, John Coltrane
 

 Guide Jazz (392)

Miles DAVIS - Relaxin' With The Miles Davis Quintet (1956)
Par DERWIJES le 17 Février 2019          Consultée 180 fois

Souvenez-vous : Alors qu'il doit encore quatre albums à Prestige avant de pouvoir partir, Miles DAVIS et son super quintet passent deux journées en studio, le 11 Mai et le 26 Octobre 1956, pour deux sessions d'anthologies desquelles ils sortiront avec assez de matériel pour remplir les albums demandés.
Nous avons déjà chroniqué le premier, Cookin' with the Miles Davis Quintet, et nous passons maintenant au second, Relaxin' with the Miles Davis Quintet.

Encore une fois, et toujours à cause du prix élevé d'enregistrement en studio, le groupe reprend ici des morceaux qu'il jouait en live afin de garder un maximum de spontanéité. Pour les amateurs de précision, disons tout de suite que les 4 premiers morceaux de l'album sont issus de la session d'Octobre et les deux derniers de celle du mois de Mai.
Avec ces quatre albums, notre quintet pose les jalons d'un sous-genre qui commence alors à se faire connaître : le hard-bop. Pour ceux qui découvrent le jazz, faire la différence entre les différents sous-genre du bop n'est pas forcément aisé mais, pour le résumer grossièrement, le hard-bop est une réponse des musiciens noirs à l'hégémonie du cool jazz par les musiciens blancs, l'idée étant de reprendre des rythmiques issues des musiques afro-américaines comme le gospel, le rhytmn'n'blues avec un jeu plus agressif. Pour faire simple, disons juste que ça remue bien et que les disques de hard donnent une impression de live sentant bon la sueur.

Et suer sur scène, nos musiciens savent bien que ce c'est, eux qui jouent quasiment tous les soirs. Cette méthode de travail intensive leur a permis d'acquérir une alchimie parfaite qui se ressent dans tous leurs albums studios. Ils donnent ici le meilleur d'eux-mêmes mais, entre tous, ce sont les performances de John COLTRANE et de Red GARLAND qui se démarquent le plus par leur justesse et leur technicité. Garland, ancien boxeur professionnel qui démontre une facette sensible insoupçonnée, joue souvent le rôle de colonne vertébrale des morceaux, ramenant la mélodie d'origine après les improvisations endiablées de DAVIS et Coltrane. Ces deux-là s'en donnent d'ailleurs à cœur joie sur le standard be-bop de Dizzy GILLESPIE « Woody'N'You », jouant à un passage de relais incessant entre leurs instruments, l'un reprenant là où l'autre s'arrête, jusqu'à ce que Philly Joe JONES s'immisce pour un court solo de batterie jouissif avant un coda aux allures latino. La température monte aussi sur « Oleo » de Sonny ROLLINS où le saxophone et la trompette s'unissent dans l'introduction avant d'aller improviser chacune de son côté.

Quoi de mieux qu'une ballade de Frank SINATRA pour calmer le jeu ? Sur « It Could Happen to You » Miles DAVIS ressort la sourdine pour sa trompette et se lance dans un jeu tout à fait propre à son style, calme mais éloquent. A contrario, John Coltrane le rejoint d'abord doucement puis monte en crescendo dans une avalanche de notes. On dit que les opposés s'attirent et cela semble vrai pour ces deux musiciens qui font ici montre d'un style complètement différent mais qui s'accorde pourtant à merveille. A l'écoute de leurs solos respectifs sur « You're My Everything » et de la manière dont ils s'échangent la mélodie, comment ne pas penser à l'expression anglophone « a match made in heaven », la rencontre parfaite ?

Pourtant, le sommet de l'album, ce n'est pas John Coltrane ni Miles DAVIS, mais John Coltrane et Red Garland pour « If I Were A Bell ». Leurs solos sont absolument remarquables, surtout au vu de la manière qu'ils ont d'improviser non-stop sur le leitmotiv à quatre notes de la mélodie.
Du grand art, tout simplement. Et c'est facile de l'oublier aujourd'hui, mais certains des morceaux repris dans cet album sont à l'origine des chansons que l'on aurait pu qualifier de pop. C'est un petit pavé dans la mare élitiste du jazz et qui prouve bien que les critiques que le trompettiste dut subir lorsqu'il osa reprendre du Cindy LAUPER et faire les éloges de PRINCE dans les années n'ont pas lieu d'être.

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   DERWIJES

 
  N/A



- Miles Davis (trompette)
- John Coltrane (saxophone)
- Red Garland (piano)
- Paul Chambers (contrebasse)
- Philly Joe Jones (batterie)


1. If I Were A Bell
2. You're My Everything
3. I Could Write A Book
4. Oleo
5. It Could Happen To You
6. Woddy'n'you



             



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