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JAZZ éLECTRIQUE  |  STUDIO

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 Guide Jazz (281)

Miles DAVIS - Big Fun (1974)
Par JUAN le 18 Octobre 2008          Consultée 4584 fois

Dès que l'on prononce le mot "Miles Davis" en compagnie d'autres amateurs de jazz, l'attention est bien vite captée par ce nom évocateur de bien des réussites. Et lorsque l'on associe ce nom avec le mot "période électrique", les oreilles se tendent et se font plus attentives, histoire de ne rien louper de cette période phare. Et ce n'est pas un hasard, car l'âge d'or de la musique électrique de Miles, qui s'étend de 1969 à 1975 environ, est loin d'être avare en qualités. A la fois variée, pleine de surprise mais également reconnaissable entre mille, la période électrique à de nombreux adeptes, chacun ayant trouvé dans au moins un de ses albums la quintessence de la fusion.

Mais je ne suis pas là pour faire l'éloge du jazz électrique davisien (du moins pas que ça), mais pour indiquer le chemin le plus facile pour y pénétrer. En effet quoi de mieux pour s'accoutumer à une période aussi variée qu'un album représentant chacune des facettes de cette musique riche en colorations exotiques ? Big Fun est un melting-pot artificiel, créé en studio à partir de chutes de diverses séances. Un mélange de saveurs que l'on ne doit pas tant à Miles qu'à son fidèle producteur, Teo Macero, dont seule la science du découpage et du collage de bandes aurait pu permettre à cet album de voir le jour. Ce qui ne signifie pas que Miles n'a pas son mot à dire dans le processus créatif, mais il s'affirme plus en tant que meneur d'hommes que comme trompettiste, tendance qu'il gardera durant toute cette partie de l'histoire.

Poussant au paroxysme la volonté de synthétiser l'essence même du jazz électrique, Big Fun se décompose en quatre titres oscillant entre 20 et 30 minutes chacun, reprenant une forme ayant déjà fait ses preuves dans le monde du rock progressif, de Yes à Soft Machine. Chacun de ces morceaux représente une facette du génie créatif du sorcier. Le premier, "Great Expectations", sonne comme un "In a Silent Way" qui se serait exilé en Inde à la recherche de révélations spirituelles (le morceau inclut d'ailleurs le thème de ce même titre, dans une version plus orientale). "Ife" sonne comme la rencontre de Bitches Brew et des nappes d'instruments exotiques de "In The Corner". Lignes de basse entêtantes, parterre rythmique animal, ambiance lourde d'une jungle musicale encore vierge de toutes influences humaines, sa parenté ne trompe à aucun moment. "Go Ahead John" (je vous laisse deviner qui est ce John...) se rapproche de l'esthétique de Jack Johnson, même effectif réduit, même rapprochement amplifié avec le rock, mais mieux maîtrisé dans l'ensemble que l'album dont il est issu. Un titre également précurseur, préfigurant les ruades électriques des derniers albums de cette période, toutefois plus denses, plus touffues et plus sauvages que ce seul morceau, qui peut tout de même compter sur le jeu de Miles, le trompettiste cette fois, pour avoir son nombre de fidèles auditeurs. Le dernier morceau de l'album original, "Lonely Fire", reprend les couleurs transcendantales des premiers titres. N'ayant au passage rien perdu de son pouvoir de fascination, le titre aurait même gagné un peu de l'effervescence du titre précédent, pour notre plus grand plaisir.

Depuis la série des "Complete Sessions", chaque morceau s'est retrouvé éparpillé dans les coffrets correspondants à l'album dont il est issu, de même que les bonus présents depuis la remasterisation.
Le choix peut alors s'avérer dur, mais dans tous les cas Big Fun offre une alternative beaucoup moins onéreuse, surtout depuis l'insertion de quatres titres en plus (qui au passage ne sont pas dénué d'intérêt, mais pas non plus indispensables).

Big Fun, sorte de compilation d'inédits réalisée comme un album studio, s'avère donc une des meilleurs portes d'entrée à l'univers électrique du Miles des 70's. C'est aussi en quelque sorte la petite soeur de Bitches Brew, aussi tournée vers l'Asie que l'autre l'était vers l'Afrique. Plus qu'un vulgaire "best-of", un réel complément à une oeuvre déjà riche en couleurs.

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   JUAN

 
  N/A



- Miles Davis (trompette)
- Wayne Shorter (saxophone soprano et ténor)
- Steve Grossman (saxophone soprano)
- Sonny Fortune (saxophone soprano, flûte)
- Carlos Garnett (saxophone soprano)
- Bennie Maupin (clarinette, flûte)
- Herbie Hancock (piano électrique)
- Chick Corea (piano électrique)
- Lonnie Liston Smith (piano)
- Harold 'ivory' Williams (piano, sitar)
- Larry Young (orgue, celeste)
- Joe Zawinul (orgue, claviers, piano électrique, farfisaron cart)
- Dave Holland (basse, contrebasse)
- Michael Henderson (basse)
- Harvey Brooks (basse)
- John Mclaughlin (guitare)
- Billy Cobham (batterie, triangle)
- Jack Dejohnette (batterie)
- Billy Hart (batterie)
- Al Foster (batterie)
- James 'mtume' Forman (percussions africaines)
- Khalil Balakrishna (sitar, percussions, tamboura)
- Bihari Sharma (percussions, sitar, tabla, tamboura)
- Airto Moreira (percussions, berimbau, cuica)
- Badal Roy (tabla)


1. Great Expectations
2. Ife
3. Go Ahead John
4. Lonely Fire



             



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