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Jerry Lee LEWIS - Sun 8 - It Hurt Me So (1959)
Par ERWIN le 23 Août 2020          Consultée 82 fois

Jerry Lee LEWIS est rapidement revenu de son aventure britannique. Le déchaînement de la presse locale des tabloids à son égard l'a bien un peu contrarié, mais l'artiste est persuadé que son pays natal ne va pas le rejeter, loin s'en faut. C'est pourtant ce qui advient : les télévisions n'en veulent plus, les offres de concerts stoppent immédiatement et l'artiste doit diviser par plus de dix le montant de ses cachets. Pire, la société américaine semble même le prendre comme bouc émissaire et le voue aux gémonies là où elle lui élevait le piédestal de King quelques semaines à peine plus tôt. Alors, il faut survivre, Jerry Lee, conscient de la situation, lutte pour rester bankable.

Il s'essaie alors un peu à tous les genres, et à la pop countrysante en premier lieu : MOON MULLICAN fait partie des tentatives avec son "I'll Sail My Ships Alone" dont il se trouve ici deux versions. La seconde est un rock définitif ayant achevé une mutation presque étonnante. Sam Phillips accepte de sortir ce titre sur l'insistance du killer. Il atteint la 93ème place des tréfonds du billboard, pas la gloire. Et le voici qui se lance à nouveau dans un titre de son idole de toujours, Hank WILLIAMS. Cette fois, c'est "I Could Never Be Ashamed Of You" qui a les honneurs du microsillon. On note quelques difficultés liées à la batterie bien trop monolithique sur la première prise, le chant du killer est parfois hésitant. La seconde tient beaucoup mieux la route à tous les niveaux, Jerry Lee s'y régale au piano avec tout le brio qu'on lui connaît.

Charlie RICH tient le piano sur sa composition "It Hurt Me So", on entend Jerry Lee essayer de se concentrer sur le chant qui n'est guère en place sur la première version. Ce mid-slow rock'n'roll a pourtant assez belle allure, et on l'entend dire toute son envie d'en faire un vrai rock'n'roll de tradition sur la suivante, mais c'est étrange de ne pas avoir les fameux glissandos du pianiste. Cela dit, je ne le trouve pas vraiment convaincant dans ce genre d'ambiance qui ne lui permet pas, à l'instar d'Elvis PRESLEY, de briller. Jerry Lee part dans tous les sens, alors forcément Gene AUTRY est de la partie avec son "You're The Only Star". On y entend le blondin se plaindre des parties de batterie de Jeff Davis, nonobstant les divers faux départs et l'ambiance générale peu propice. L'ensemble n'est pas vraiment convaincant et je trouve que Jerry Lee pousse un peu trop sur le fameux couplet.

Quelques titres rock'n'roll ! On ne connaît pas l'identité des sessions men sur "Lovin Up A Storm". Janes et Van Eaton sont-ils de la partie ? En tout cas, Jerry Lee drive ce titre furieux de bout en bout avec toute l'énergie qu'on lui connaît. Bien entendu, ce titre de belle facture aurait dû avoir une belle carrière au sommet des charts et ne doit qu'à la situation d'être passé à la trappe, nous sommes déjà en décembre 58 ! "Big Blon Baby" est de la même trempe, avec une réelle attaque, un piano chaloupé et une guitare judicieuse. Une victime de la cause, sans réelle raison car on nage dans un rock'n'roll d'excellente qualité. Quel dommage ! On ne peut que remarquer les superbes atours dans lesquels "Hillbilly Music" évolue. Quelle pitié que ce genre de morceaux n'ait pas réussi à percer la couche d'indifférence des ex-fans en ce début d'année 59 ! Et pour cause, il faudra attendre 1962 pour entendre ce titre sur microsillon. Un vrai petit plaisir coupable ! "Near You" est un petit instrumental qui swingue pas mal. On imagine bien le killer poser sa voix sur ce genre de tempo bien de son registre.

Hélas, on note avec surprise une batterie inconsistante sur plusieurs titres de ces sessions. Est-ce un choix de Sam Phillips de délibérément saboter les essais de son poulain ? Voyez donc "Sick And Tired", ce n'est pas Van Eaton et c'est bien un drame d'associer Jerry Lee LEWIS à un batteur d'occasion, tout comme sur "Shanty Town", ceci donne un ensemble confus et carrément foireux. "Release Me" souffre un peu moins de ce même défaut, mais c'est évidemment une perte de temps et d'énergie pour le killer, tout ceci n'a pas dû aider à remonter la pente. Malgré tout, ces mid-tempos peu énergique me semblent peu à même de faire le job, comparés aux deux morceaux plus haut.

On touche le fond au niveau des résultats de ces sessions. L'ensemble n'a évidemment pas passé le cap de la postérité malgré plusieurs rock'n'roll endiablés de fort belle allure. Ils auraient pourtant mérité leur place aux coté des classiques du killer en ces fières années cinquante. Hélas, Jerry Lee LEWIS attaque à peine le début de sa traversée du désert. Il va devoir ramer longtemps pour survivre. En attendant, les sessions Sun continuent de se dérouler et réservent toujours quelques surprises au fan de l'énergétique chanteur, qui ne s'en laisse toujours pas compter malgré la chance qui le fuit.

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1. I'll Sail My Ships Alone
2. I'll Sail My Ships Alone
3. It Hurt Me So
4. It Hurt Me So
5. You're The Only Star
6. Lovin Up A Storm
7. Lovin Up A Storm
8. Big Blon Baby
9. Sick And Tired
10. Shanty Town
11. Release Me
12. I Could Never Be Ashamed Of You
13. Near You
14. I Could Never Be Ashamed Of You
15. Hillbilly Music



             



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