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ROCK'N ROLL  |  LIVE

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Jerry Lee LEWIS - Live At The Star Club (1964)
Par LONG JOHN SILVER le 25 Février 2015          Consultée 1218 fois

Apposer une note à un disque, chose subjective pas forcément simple à accomplir, fait partie de la tâche du chroniqueur. Les arguments à charge ou à décharge se télescopent avec les souvenirs jusqu’à ce que le juge de paix tranche dans le vif le plus aléatoirement du monde.
Sauf dans deux cas : ce disque est épouvantable donc je l’éreinte ou bien il s’agit d’un chef d’œuvre intemporel qui ne souffre aucun bémol voire se sent à l’étroit en se recroquevillant sur le pic du maximum autorisé, donc on n’a pas à tortiller des cXXXXXXs... du clavier. Or « Live At The Star Club » est probablement le meilleur Live du rock à ce jour. Pas moins.
Epissétou.

Mais on me souffle que c‘est un peu court. (Un vantard probablement)
Voici donc le programme en trois points. (a,b,c)

a)Préambule :

J’adore la musique jouée live, un nom inconnu m’est susurré à l’oreille et aussi sec je file vérifier sur le tube pour apprécier (ou pas) ce que ça fait in vivo et parfois je suis conquis. Imbibé, moins souvent. J’adore les live, quand ça joue, que l’ambiance et le son sont là, quand on se dit que les musiciens sont dans le salon, que la musique remplit la pièce et que l’essence y est. Alors oui, il se trouve que ça fait longtemps qu’on est en mesure de maquiller ces choses comme les dames qui font le pied de grue dans le délicat quartier de Sankt Pauli à Hambourg.
Mais quand même.


b) Rapide retour en arrière :

1957 : Jerry Lee cartonne dans les charts US, Elvis n’a qu’à bien se tenir.
1958 : Elvis affiche son sens patriotique et s’en va passer deux ans en Allemagne. Le roi est mort, vive Jerry Lee qui tourne en Angleterre. Il est, pour l’occasion, accompagné par sa jeune épouse qui est aussi sa cousine, or elle n’a que 13 ans… Shocking et descente aux enfers jusque chez lui, ses cachets sont divisés par dix.
1960 : Elvis revenu commence à jouer au bellâtre pour navets - à moins que ce soit le contraire - tout en chantant des niaiseries que seule sa voix d’or parvient à ne pas rendre totalement inaudibles.
1962 : décembre,Les BEATLES donnent leurs derniers concerts au Star Club de Hambourg.
1964 : janvier, Les BEATLES sont sur le toit du monde après avoir envahi l’Amérique et rétabli l’autorité du trône perdue depuis King George III. Début avril, Jerry Lee monte sur les planches du club hambourgeois, accompagné par les NASHVILLE TEENS, groupe anglais comme son nom ne l’indique pas.

c) Explication de texte :

Sauf que… Jerry Lee vient de Memphis. Plus jeune, il s’est fait virer de la paroisse pour y avoir joué la musique du diable. Satan l’habite. D’ailleurs ce soir il chante comme un possédé, joue comme un démon, frappe les touches de ses doigts, de ses paumes, de ses poings, de son pied, pose son c… sur le clavier et grimpe sur le piano déchaînant la foudre des enfers sur une audience qui entre aussitôt dans la transe. Jerry Lee est convaincu qu’il ne verra jamais le paradis, alors il aggrave son cas. Et il semble bien décidé à arracher la petite culotte de ta jeune soeur avec les dents. The killer knows your house.*
Pas besoin d’être soutenu par des malabars grimés comme des goules ni de faire péter la double pédale de grosse caisse sur des montagnes d’amplis pour t’en foutre plein la gueule, les NASHVILLE TEENS mis au supplice et admonestés en plein gig par le rocker (le « play that thing right boys ! » lâché dans les poires sur la reprise de « What I Say ») se soulagent les parties via les cages à miel mises à disposition par une assemblée consentante. Le son n’est plus seulement organique, il devient orgasmique.

Il faudra attendre le dégoulinant de stupre « A Brussel’s Affair » des Stones pour retrouver un taux d’adrénaline et de testostérone à ce point paroxysmique. Sachant de ce dernier a circulé sous le manteau plusieurs dizaines d’années avant d’atteindre Main Street.
Mais voilà qu’on me glisse à l’oreillette que je parle de tout sauf de musique.
Mais je ne fais que ça mon ami, cette captation c’est l’histoire d’un mec auquel on prédisait la voie royale (en gros: palaces, dope et putes de luxe) et qui continuera d'emprunter le chemin des nomades (où le luxe se fait déjà plus rare). Jerry Lee ne s’est pas transformé en plante verte, les résidences prolongées dans les casinos ne seront pas pour lui.
Mais parlons programme, puisque tu y tiens.
« Mean Woman Blues » (rien que le titre) devient hystérique passé son refrain, les Teens comprennent qu’ils vont en chier suite à quoi le Killer sonne la destruction sur le final puis recommence par nous embobiner sur un « High School Confidential » enjôleur avant d’être défiguré par la rage. Et ce qui suit ne dérogera quasiment pas cette règle. Jerry Lee dictant le tempo, le niveau du volume ainsi que les passages de débauche, en maître impitoyable.
S’il semble se détendre sur « Money » et « Matchbox », c’est pour mieux bander les cordes de son piano en vue du cataclysme qui s’ensuit.
« What’d I say » est de Ray Charles, soit. Jerry Lee l’éclate façon puzzle poussant nos Teens à la ramasse mais le patron quoique rude n’en n’est pas moins sympathique (for the devil). Revanchard pour ne pas dire hargneux, il leur octroie une possibilité de rédemption sur le final : le public est à fond et nous sur le cul.
« Great Balls Of Fire » déboule**.
Puis c'est « Good Golly Miss Molly »… mais là, non... stop… Faut VRAIMENT faire sortir les gosses. Pas sûr que "Lewis Boogie" soit le générique de "Questions pour un champion" non plus. Ou alors dans une autre catégorie…
Et penser à faire sortir les féministes sur « Your Cheatin’ Heart », quand le mâle dominant roucoule des bluettes, tout ça à cause d’une sale petite garce qui est une menteuse. Surtout que, profitant honteusement du moment, les autres filles se pâment.
Elles.
Ça embaume le crêpage de chinions.

De fait le dynamitage reprend de plus belle après l’échec - sans appel - des négociations.
« Hound Dog » et « Long Tall Sally » sont deux étalons reproducteurs enragés qui carburent à la nitroglycérine. Les bonnes habitudes reprennent comme un proverbe: Chassez le naturel, il vous envoie valser façon cheval de rodéo.
« Whole Lotta Shakin’ Goin’ » célèbre la clôture orgiaque du soir et… Mais QUI a dit aux gosses qu’ils pouvaient rentrer ?!?!?

Au moins les gosses auront pu découvrir de la grande musique derrière la porte close.***
D'ailleurs les enfants étaient dans la salle en ce soir d'avril 1964.
Jerry Lee l'a payé cher néanmoins il se pourrait bien qu’il y ait conservé une âme par delà son authenticité.
Il aura sacrément bien secoué les pulpes en tout cas.
A commencer par celles des NASHVILLE TEENS qui prendront "Tobacco Road" en souvenir pour la postérité.


* Always keeps that in mind, my young apprentice.
** Si je puis me permettre
*** Pour clignotement "cultuel" .Î. Plutôt qu'allégorie poétique

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   LONG JOHN SILVER

 
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1. Mean Woman Blues
2. High School Confidential
3. Money (that's What I Want)
4. Matchbox
5. What'd I Say Part.1
6. What'd I Say Part.2
7. Great Balls Of Fire
8. Good Golly, Miss Molly
9. Lewis Boogie
10. You're Cheatin' Heart
11. Hound Dog
12. Long Tall Sally
13. Whole Lotta Shakin' Goin' On



             



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