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Jerry Lee LEWIS - Sun 7 - Live And Let Live (1958)
Par ERWIN le 15 Août 2020          Consultée 89 fois

Au sortir de cette série de sessions, le Killer devient un paria de la musique populaire, et les disques s'amoncellent dans l'entrée des studios sun de Memphis. Quelques titres sont enregistrés avant son départ pour la perfide Albion, ou les tabloïds auront provisoirement sa peau, puis c'est le retour la queue entre les jambes et l'obligation d'aller contre le sens du vent, pas le choix ! Jerry Lee ne doit qu'à son extraordinaire énergie la performance d'avoir passé au mieux ce cap ô combien exigeant. Passer du king en devenir à un performer de troisième zone n'était pas simple. Tout ceci n'a en outre aucun lien avec ses capacités de chanteur et de rock star, comme nous allons voir.

Mai 58, quelques jours avant le départ pour la gloire Internationale européenne, il pose sa composition "Memory Of You" sur bande. Seul avec son piano, Jerry Lee se lance dans une évocation de son amour pour sa jeune cousine. Il y a presque de l'innocence la dedans, comme c'est étrange. Ce mid rock est dantesque, mais inutilisable pour les oreilles d'alors, vu le sujet abordé. Le ton du chant oscille entre country et blues, l'ambiance générale est excellente, une performance de choix. Il paraît s'éclater sur la reprise d'Etta JAMES "Come What May", le piano nucléaire boogise à mort et le chanteur est au top de ses immenses capacités.

Deux titres de Charlie RICH sont les portes étendards de ces sessions : "Break Up" est plein de qualités qui perpétuent la tradition de ses chansons boogie ou il aime à cabotiner. Des quatre tentatives ici présentes, les deux premières sont forcément frustres, avec le seul piano. La suivante voit la guitare de RILEY, la batterie de Otis Jet ainsi que la basse de Clement s'agréger au piano et le son ainsi créé est magnifique, le single était évident. La dernière version est probablement la plus aboutie, parfaite pour le billboard, elle aurait du faire un flambard. Le ton plus country de "I'll Make It Up To You" nous emmène vers d'autres ambiances. Des 4 versions, le slow naît peu à peu, on note les choeurs sur la troisième afin d'aseptiser quelque peu le propos. C'est celle qui sera choisi, avec Charlie lui même au piano, laissant Jerry Lee se concentrer sur le chant, ce qui ne l'empêche nullement d'oublier son texte par moments.

Dans le ventre un peu mou et toujours seul de cette première session, "Live And Let Live" est une petite gemme oubliée... Travaillé, cela aurait pu donner un classique, dont on retiendra toute la symbolique du titre. Jerry Lee revient à nouveau vers "Crazy Heart" pour une version très correcte. Celle de "Crazy Arms" est à nouveau réussie, même si elle restera dans les cartons. "Settin The Woods On Fire" n'est pas un des titres les plus essentiels du killer, il est sympa et on l'écoute poliment mais la folie n'est pas là.

Dans le trip classique, voici "Drinkin Wine Spoo Dee O Dee" sous d'autres atours. L'intro est bien là, et Jerry Lee LEWIS est toujours aussi à l'aise sur ce titre sans compromission, vraiment l'un de ses meilleurs. On sent qu'il veut en découdre, il en fait des tonnes, le piano tonne avec une rare puissance, et le solo de Billy Lee RILEY est admirable. Des deux versions ici présentes du "Johnny B Goode" de Chuck BERRY, il est tout seul sur la première. Quel talent tout de même de parvenir à un tel résultat seul avec son piano, voici le symbole des capacités incroyables d'un artiste au faite de sa gloire. La suivante en groupe est un peu plus mid tempo, et on sent que la mise en place n'est pas encore terminée.

Enfin, "The Return Of Jerry Lee" est un assemblage de chansons ponctuant une pseudo interview, dans un concept crée par Jack Clement pour contrer la crise en provenance de Grande Bretagne. Evidemment, le gimmick ne va pas fonctionner et va au contraire positionner le chanteur en bouc émissaire dans son propre pays – on se demande encore pourquoi tant ce genre de mœurs est monnaie courante dan le sud profond. Bref, un énorme flop que cette tentative de réconciliation.

Jerry Lee LEWIS est donc finalement tombé du piedestal ou Sun était en train de l'installer à la place d'Elvis parti chez RCA. Rien ne va plus pour le killer de toutes les musiques et il va falloir lutter pied à pied pour survivre désormais. Peu importe la qualité des singles, pas un seul ne va fonctionner ni investir le haut du panier du billboard. Notons que le mariage de Jerry Lee n'en souffrira pas sur le moyen terme, et même si les mentalités crachotent, il faut admettre que le blondin et sa cousine étaient probablement amoureux, roucoulaient comme des tourtereaux, et n'ont jamais du comprendre la colère d'une société un brin coincée. Elvis sera bien plus discret et judicieux avec sa Priscilla l'année suivante – elle n'avait que 14 ans. Le chemin de croix s'ouvre devant Jerry Lee, il va durer toute une décennie.

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   ERWIN

 
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- Jerry Lee Lewis (chant-pîano)
- Billy Lee Riley (guitare)
- Otis Jet (batterie)
- Jack Clement (basse)


1. Memory Of You
2. Come What May
3. Live And Let Live
4. Break Up
5. Crazy Heart
6. I'll Make It Up To You
7. Johnny B Goode
8. Crazy Arms
9. Break Up
10. The Return Of Jerry Lee
11. Settin The Woods On Fire
12. Break Up
13. Johnny B Goode
14. Break Up
15. I'll Make It Up To You
16. I'll Make It Up To You
17. I'll Make It Up To You
18. Drinkin Wine Spoo Dee O Dee



             



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