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ROCK'N ROLL  |  LIVE

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Jerry Lee LEWIS - Last Man Standing Live (2007)
Par ERWIN le 10 Décembre 2009          Consultée 2393 fois

En guise de préambule, faisons tous une petite prière pour conserver cette icône de la musique connue sous le nom de Jerry Lee Lewis. Que Dieu, après avoir eu la délicatesse de lui donner sa main droite, lui prête longue vie, car malgré sa grande mansuétude, il n’est pas certain que le créateur aura pour le Killer les yeux de Chimène lorsque ce dernier se présentera devant lui. L’humilité n’ayant jamais fait partie du caractère de Lewis, il est susceptible d’envoyer bouler Saint-Pierre lorsqu’il toquera aux portes du paradis… voire de terroriser Satan si les cités célestes lui sont fermées à jamais pour cause de trop nombreux excès. Personne ne voudra de lui dans l’au delà…

Ce deuxième « Last Man Standing » à la gloire du dernier des grands créateurs du rock’n’roll, n’est qu’une pierre de plus à la reconnaissance de son statut légendaire. Tous ses frères d’armes sont morts, ou dans les cas de Chuck Berry et Little Richard, ne sont plus ce qu’ils étaient.
Comment décrire l’engouement des 50s’ autour de Jerry Lee Lewis, de sa gouaille légendaire, de son caractère insupportable, de sa passion pour le jeu et les femmes ? Comment rendre justice à son jeu de scène unique, à sa main droite fulgurante ? Car aujourd’hui, à 72 ans, le sudiste invétéré n’est plus le jeune homme des années cinquante. Alors pour conjurer toute idée reçue, replongeons-nous un instant dans le contexte de l’époque.
Nous sommes en mars 1957 à New-York, Jerry Lee et Chuck Berry partagent la même affiche. Pour des raisons contractuelles et alors que « Great Balls of Fire » est numéro un des charts, Lewis se voit obligé de passer devant Chuck Berry. Le Killer, outragé, va donner la plus belle prestation scénique de sa longue carrière. Enchaînant ses plus grands succès, il soulève le public, nage dans la sueur, sa célèbre chevelure blonde dégouline de toutes parts, à l’encontre des sacro-saints principes de l’époque. Le public est déchaîné, la police investit la salle, les fauteuils sont arrachés, Chuck Berry ne peut qu’assister impuissant aux dégâts sur le côté de la scène, Lewis termine son set sur « Whole lotta shakin is goin’ on » puis « Great balls of fire » au cours de laquelle il asperge le piano d’essence et balance une allumette dessus, rendant la foule totalement hystérique, achevant ainsi son show. Il n’existe pas de vidéo de cette soirée mémorable, mais le film racontant l’histoire du Killer avec Dennis Quaid l’a immortalisée sur pellicule.

Voilà la plus imposante des stars du rock’n’roll encore en activité. Face à lui, les plus grandes idoles du rock se sentent de petits enfants, son air bougon cache une passion intacte malgré des années de tournée, de drogues et de beuveries, John Lennon et Paul McCartney lui vouent un culte, les Stones sont ses plus grands fans, la country, le rockabilly, le hard, la folk, le rock tout entier se prosternent devant lui… c’est tout l’objet de ce concert historique : un hommage !
Le premier morceau qu’il ait composé, « The end of the road », le montre complice avec Tom Jones qui ne s’en laisse pas trop compter. Et ne soyez pas surpris si Salomon Burke lui donne une réplique amusante assis sur un trône incongru : les mises en scène sont étudiées à fond pour exploiter le mythe !
Sur « Rider» et « Good Golly Miss Molly » difficile de croire que l’animal a soixante-douze piges ; le très sémillant – et à peine plus jeune ! – Fogerty est aux anges : il a l’air de vivre son rêve ! Les versions sont superbes, agrémentées d’un piano de très haute volée. La prestation du leader de Creedence sera d’ailleurs la meilleure de ce concert.
Ringo Star s’en sort bien sur le standard de Chuck Berry (l’ennemi intime du Killer) : « Sweet little 16 ». La main de Dieu fait-là encore des ravages.
Les meilleurs chanteurs de country, sa grande passion, sont tous là, Kris Kristofferson avec lequel l’entente est parfaire, Willie Nelson sur la légendaire « Jambalaya », Merle Haggard sur le super classique « Goodnight Irene »…
Mais les jeunes ont eu aussi droit à leur moment de gloire avec le dieu vivant, c’est le cas pour le hardeux Kid Rock, présent sur « Honky tonk woman » visiblement plein comme une huître et qui passe pour un vrai branleur, surtout après la performance de Chris Isaak, qui tire remarquablement son épingle du jeu. Il faut dire que le Californien connaît ses standards sur le bout des ongles, et qu’en bon fils spirituel, il a l’immense mérite de faire briller Lewis, malgré son grand âge sur l’inusable slow « Over the rainbow » .
Norah Jones, la fille de Ravi Shankar, l’accompagne mollement sur « Your cheatin’ heart » et s’essaye au grand standard rock qu’est « Crazy Arms », avec plus ou moins de brio, peu importe, c’est la quadrature du cercle… Toutes les générations auront participé…
Les interventions des deux grands guitaristes que sont Ron Wood et Buddy Guy restent anecdotiques, mais ne font que renforcer encore plus l’aura qui entoure le vétéran.

Chaque standard pourrait être décortiqué, chacune des versions passée au crible d’une critique « classique », mais tel n’est pas le but du jeu. Bien évidemment, les interprétations se succèdent avec plus ou moins de bonheur, mais Jerry Lee imperturbable assure de bout en bout cet exceptionnel morceau de bravoure. L’âge aidant, sa légendaire mauvaise humeur s’est atténuée, et les pianos ne reçoivent plus les innombrables coups de pieds qu’il avait l’habitude de balancer lors des soirées trop arrosées.
« Le dernier homme debout », c’est lui : l’alcoolique, l’égocentrique, le mégalomane, l’insupportable et inusable Jerry Lee Lewis.

Pour le pire mais surtout pour le meilleur, qu’il soit écrit que Jerry Lee Lewis le « Killer », n’a pas d’égal. Et si pour nous, amateurs de rock du monde entier, la prière « au nom du Père » a une réalité tangible, c’est bien sur l’identité du Père qu’elle se situe.

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- Jerry Lee Lewis (chant, piano)
- Tom Jones
- John Fogerty
- Merle Haggard
- Kris Kristofferson
- Buddy Guy
- Ken Lovelace
- Kid Rock
- Don Henley
- Willie Nelson
- Ron Wood
- Ivan Neville
- Chris Isaak
- Norah Jones
- Solomon Burke


- cd
1. Roll Over Beethoven
2. Chantilly Lace
3. That Lucky Old Sun
4. Lewis Boogie
5. Lucille
6. Don't Put No Headstone On My Grave
7. Great Balls Of Fire
8. Whole Lotta Shakin' Hoing On

- dvd
1. Great Balls Of Fire
2. Chantilly Lace
3. Green Green Grass Of Home (with Tom Jones)
4. End Of The Road (with Tom Jones)
5. Who Will The Next Fool Be (with Solomon Burke)
6. Today I Started Lovin' You Again (with Solomon Bur
7. Crazy Arms (with Norah Jones)
8. Your Cheatin' Heart (with Norah Jones)
9. Hadacol Boogie (with Buddy Guy)
10. Don't Put No Headstone On My Grave
11. Somewhere Over The Rainbow (with Chris Isaak)
12. Cry (with Chris Isaak)
13. Rockin' My Life Away (with Ron Wood)
14. Lewis Boogie
15. Bumming Around (with Merle Haggard)
16. What'd I Say (with Ivan Neville)
17. Once More With Feeling (with Kris Kristofferson)
18. Cc Rider (with John Fogerty)
19. Will The Circle Be Unbroken (with John Fogerty & K
20. Good Golly Miss Molly (with John Fogerty)
21. Trouble In Mind (with Ron Wood)
22. Jambalaya (with Willie Nelson)
23. You Win Again (with Don Henley)
24. Little Queenie (with Kid Rock)
25. Honky Tonk Woman (with Kid Rock)
26. That Lucky Old Sun (with Ken Lovelace)
27. Roll Over Beethoven
28. Whole Lotta Shakin' Going On
29. Goodnight Irene (with Merle Haggard) (bonus)



             



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