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Dimitri CHOSTAKOVITCH - Symphonie N°8 (mravinski) (1943)
Par SASKATCHEWAN le 13 Avril 2010          Consultée 7865 fois

On ne peut pas aborder la huitième symphonie de Chostakovitch sans évoquer l’engagement de l’artiste dans la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci, de retour en grâce auprès du régime après une symphonie n°5 (1937) très acclamée, échappe de justesse à la Grande Terreur qui sévit en Union soviétique à la fin des années 1930. La guerre, qui éclate en juin 1941 entre l’Allemagne et l’URSS, est l’occasion d’un « relâchement » de la politique répressive de Staline, qui se concentre désormais sur la conduite des hostilités, bien que piètre stratège. Dès septembre 1941, Leningrad, où réside Chostakovitch, est assiégée par les Allemands. Celui-ci poursuit la composition de sa septième symphonie sous les bombes, avant d’être évacué vers la région de Samara. Après le succès mondial de la septième, bien vite récupéré par la propagande soviétique, Chostakovitch s’attache à la composition d’une symphonie plus violente, plus désespérée, sorte de pendant sombre à l’optimisme apparent de la septième.

Cet aspect plus sombre, foncièrement pessimiste, est à mettre en relation avec la doctrine du réalisme socialiste si l’on veut bien comprendre le rejet dont l'œuvre fut victime de la part des idéologues du régime (en particulier Jdanov) après la « reprise en main » de la société à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le réalisme socialiste, ou l’art inféodé à l’Etat soviétique, c’est à la fois l’art comme exaltation du prolétariat et la volonté de rendre l’art accessible au prolétariat sous une forme unique dictée par le régime. L’œuvre réaliste socialiste se caractérise alors par la mise en valeur d’un héros prolétarien et de son combat, et surtout par un dénouement optimiste. Chostakovitch, compositeur pessimiste et ironique par excellence, donne à sa huitième symphonie une conclusion ambiguë, entre apaisement et désespoir, bien loin des codas triomphales exigées par le régime. La huitième apparaît donc comme une énième provocation du maître à l’égard du pouvoir, après quelques œuvres plus consensuelles.

Le premier mouvement s’ouvre sur un thème plutôt lent. Le développement s'étire sur environ vingt minutes, ponctuées à la moitié par une explosion commune des cuivres, de la grosse caisse et des cordes. On pense au final du premier mouvement de la septième, qui faisait la part belle aux plaintes déchirantes des cuivres. Orchestre soviétique oblige, dans l’interprétation de Mravinski, les cuivres sont criards, ce qui peut faire grimacer au premier abord. Mais par rapport au son plus net des orchestres occidentaux de la même époque, cet aspect « criard » des cuivres rend bien l’horreur et la violence mises en musique par Chostakovitch, mais souligne également le ton ironique qui ne manque pas de surgir en contrepoids à chaque fois que le compositeur cède au grandiose.

Ce ton ironique est encore plus marquant dans l’ « allegro non troppo », véritable apogée de la symphonie. La tension des cordes, les interventions de la trompette, aboutissent brutalement à un thème que l’on croirait tiré d’une musique de cirque. Le thème initial ne tarde pas à supplanter cette parenthèse burlesque, avant d’être étouffé lui-même par les assauts tonitruants de la grosse caisse. On pense à un bombardement entrecoupé du hurlement des sirènes. Le roulement de tambour final s’apparente autant à celui qui couvre les clameurs lors de l’exécution, qu’à celui qui précède le plongeon du clown au cirque.

Chez Chostakovitch, l’humour est toujours l'amorce du désespoir : le mouvement suivant est un véritable champ de ruine musical. Les cordes sont fantomatiques, les bois quasi aphones, comme si la sinistre parodie guerrière des deux mouvements précédents avait rendu l’orchestre exsangue.

Le deuxième « Allegretto » est le plus difficile à appréhender. A mi-chemin du mouvement, le compositeur introduit quelques dissonances aux cuivres dans un thème plutôt optimiste jusque-là. L’apothéose aux cordes qui suit tourne bien vite au tragique : la grosse caisse fait de nouveau irruption et l’exaltation de la victoire semble laisser place à une vision d’horreur. A la rigueur, la coda, seul moment véritablement « apaisé » de l’œuvre, semble apporter une petite touche d’optimisme. On reste encore loin des lendemains qui chantent…

La huitième est-elle vraiment une symphonie de guerre ? Oui et non… Ou alors une symphonie de guerre qui met l’accent sur la détresse plutôt que sur la violence, sur l’absurde des combats plutôt que sur l’idéologie triomphante. Si la huitième symphonie a tant déplu à l’heure du triomphe des Alliés, c’est sans doute à cause de son caractère radicalement désespéré, de l’entêtement de son compositeur à contempler les ruines plutôt que les défilés de la victoire. Un regard désabusé qui allait coûter très cher à l'artiste, qui avec d'autres voix courageuses de l'art soviétique (Akhmatova, Prokofiev, Pasternak), allait de nouveau connaître les persécutions du Parti.

Un mot encore sur l’interprétation choisie, celle d’Ievgueni Mravinski et de l’orchestre philharmonique de Leningrad, en tournée au Royaume-Uni dans les années 60. Chostakovitch lui-même avait dédié la huitième symphonie au grand chef d’orchestre soviétique, ami de longue date qui avait déjà assuré les premières des symphonies numéro cinq et six. Le point noir de l’enregistrement, malgré le travail des ingénieurs sons de la BBC, ce sont les quintes de toux que l’on entend à plusieurs reprises lors des parties « douces ». C’est d’autant plus rageant que, sans cela, l’interprétation était impeccable.


Fiche "Symphonie n°8" :
Opus : 65
Date de composition : 1943
Date de création : 1943 à Moscou
Date du concert : 23 septembre 1960 au Royal Festival Hall de Londres. Evgueni Mravinski et l'orchestre philharmonique de Leningrad.
Références du disque : Mravinsky, Shostakovich Symphony No.8 & Mozart Symphony No. 33, BBC, 1998

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- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- Ievgueni Mravinski (chef d'orchestre)
- Orchestre Philharmonique De Leningrad


1. Adagio - Allegro Non Troppo - Adagio
2. Allegretto
3. Allegro Non Troppo
4. Largo
5. Allegretto



             



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