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Dimitri CHOSTAKOVITCH - Symphonie N°7 Leningrad (bernstein) (1941)
Par SASKATCHEWAN le 29 Juin 2010          Consultée 6926 fois

On pourrait écrire un roman sur la Symphonie n°7. Le contexte historique à lui seul exigerait les longs développements d’un Tolstoï, avec hussards multicolores, princesses pleurnichardes et vieux fonctionnaires du Tsar. Heureusement, à l’époque, plus de Tsar ni de hussards ; le siège de Leningrad (1941-1944) n’est qu’un vaste pilonnage par gueules d’enfer interposées, avec son cortège de citadins affamés qui se livrent à la course à la pomme de terre entre deux alertes aériennes. Au milieu de ce fracas absurde, la silhouette de Chostakovitch glisse d’un immeuble à l’autre, grimé en pompier de l’Armée rouge (voyez comme il a fière allure sur la couverture du Time). Dans ses rares moments de répit, le compositeur nargue les coups de mortier et poursuit la composition de sa septième symphonie, dédiée à sa ville natale.

Le compositeur sera finalement évacué de la ville, le régime pressentant l’utilité des quelques artistes géniaux qui lui restent après les persécutions des années trente. La partition, elle, fera le voyage inverse quelques mois plus tard. Un avion force le blocus aérien de la ville et délivre le précieux cahier à un orchestre exsangue, renforcé pour l’occasion de quelques conscrits mélomanes. On change l’uniforme pour le frac, le fusil pour l’archet… Ailleurs, on tire quelques coups de fusil pour éloigner les tuniques grises importunes. Le concert peut commencer… La scène se répète partout en URSS, puis ailleurs dans le monde. La légende veut qu’un microfilm contenant la partition ait fait le tour de la Perse et du Moyen Orient, puis barboté quelques temps sur un transatlantique, avant d’atteindre les Etats-Unis, pris de fièvre chostakovite.

On imagine l’aubaine pour les services de propagande soviétiques ! La Symphonie n°7 devient vite la symphonie de guerre, symbole de la résistance du peuple soviétique. Ironie du sort, le compositeur que l’on tourmentait dans les années trente est désormais auréolé du statut de compositeur officiel. Cependant, passée l’euphorie de la victoire, la réputation de la septième ne fait que décroître. A force de propagande, les Américains et les Européens se détournent de l’œuvre. Le compositeur, lui, retombe très vite en disgrâce, génie chatouilleur oblige. Au point qu’aujourd’hui, il est bien difficile de tenter un avis impartial sur la symphonie Leningrad.

D’autant plus qu’on a longtemps voulu prêter un « message » à la septième symphonie, en particulier au premier mouvement. On a voulu y voir une description de l’invasion allemande, ce qui avait le mérite de bien cadrer avec les souhaits de la propagande. Après la mort du compositeur, et plus encore à la chute de l’URSS, la nouvelle critique a fait de ce mouvement un réquisitoire contre tous les totalitarismes. Encore faudrait-il que la musique s’occupe de décrire, de critiquer, de polémiquer, plutôt que de faire appel au sentiment. Le « thème de l’invasion », véritable apogée du mouvement, ne suggère pas les soldats qui défilent ou les déportés qui se trainent vers la Sibérie, mais englobe tout cela dans une sorte de « cauchemar musical » déroutant.
Les choses avaient pourtant bien commencé : l’introduction majestueuse débouche sur un développement apaisé. Un thème sautillant aux cordes fait ensuite son apparition, repris par les cuivres. On perçoit bien, venue du fond de l’orchestre, la rumeur martiale des percussions, sans vraiment y prêter attention. Puis la rumeur enfle, comme si peu à peu, l’orchestre tout entier se joignait à la marche guerrière. Le thème guilleret lui-même se fait imposant. Ce long crescendo est couronné par les plaintes lancinantes des cuivres, comme pour mieux souligner l’horreur de la marche. La conclusion appartient au folklore russe, qui, fait rare dans l’œuvre de Chostakovitch, prend un ton menaçant malgré son aspect dansant.

L’apaisement succède logiquement à la violence. Il est d’ailleurs intéressant de constater la place que prennent les passages « calmes » au sein d’une œuvre que la critique décrit volontiers comme « grossière » et « simpliste ». De fait, si l’on refuse de plaquer une interprétation politique à la musique, celle-ci livre toute sa complexité. Malgré de longs passages à vide lors des trois derniers mouvements, certains moments forts sont tout à fait énigmatiques. Le thème central du « Moderato », par exemple, oscille constamment entre le sinistre et le majestueux, le grandiose et le ridicule.
Souvent, la musique se réduit à un murmure et il devient difficile de suivre cette symphonie qui s’étire en longueur (près d’une heure et quart). Les soli des instruments à vent ont une place prépondérante, mais ne sont pas tous convaincants. On retiendra avant tout ceux de l’« Adagio », étonnants d’introspection. Tout ce passe comme si l’œuvre était assommée par son premier mouvement, comme si tout avait été dit dès la fin du « thème de l‘invasion ».

La conclusion est l’occasion d’admirer Chostakovitch en chantre de la victoire peu convaincu, avec des explosions grandiloquentes qui glissent invariablement vers le sinistre. La Symphonie n°7 a bien du mal à échapper à son programme ; on l’a conçu comme une vaste fresque, un récital historique destiné à frapper les imaginations ; de ce point de vue, elle est inaboutie. La force du premier mouvement éclipse tout le reste ; l’œuvre dans son ensemble souffre de ses lourdeurs face à d’autres symphonies plus compactes : la quatrième, la huitième, la dixième. Cependant, la septième conserve une aura particulière qui tient à ses nombreuses fulgurances, comme si le compositeur récitait ses gammes avant de produire une musique plus radicale.


Fiche "Symphonie n°7" :
Date de composition : 1941
Date de création : 1942 à Kouïbychev (Samara)
Date d'enregistrement : 1965 par Leonard Bernstein et l'Orchestre philharmonique de New-York
Références du disque : Shostakovich - Symphony No. 7 "Leningrad", Sony, 2002

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- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- Leonard Bernstein (chef d'orchestre)
- Orchestre Philharmonique De New-york


1. Allegretto
2. Moderato (poco Allegretto)
3. Adagio (attacca:)
4. Allegro Non Troppo



             



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