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Dimitri CHOSTAKOVITCH - Symphonie N°12 L'année 1917 (mravinski) (1961)
Par SASKATCHEWAN le 16 Juin 2010          Consultée 4168 fois

Chostakovitch, tout au long de sa carrière de compositeur, semble prendre un malin plaisir à surgir là où on ne l’attend pas. Au milieu des années 1930, alors que le régime soviétique se durcit sous l’impulsion de Staline, le drôle produit un opéra moderne qui détonne avec les niaiseries propagandistes du temps. S’ensuivent force coups de règle sur les doigts (et autres menaces de déportation). Le compositeur, élève appliqué, prend soin désormais de ne pas trop s’écarter de la ligne officielle, tout en se ménageant des audaces quand il les juge indispensables à sa musique. Chostakovitch n’a pourtant pas fini de surprendre. La période qui succède directement à la Seconde Guerre mondiale voit l’artiste impliqué dans des projets de plus en plus originaux, et partant, désapprouvés par le régime (la menace de Jdanov plane alors pour quelques temps encore). Nouvelles cabales… La mort de Staline semblait devoir mettre un terme définitif à ces atermoiements entre audace et prudence, entre louanges et répression. C’est même l’impression qui domine si l’on fait le détail des productions de l’artiste jusqu’en… 1961, date de création de la douzième symphonie, dédiée à Lénine et à la révolution bolchévique. Oui, ça sent le sapin…

Après l’hommage forcé à Staline de l’oratorio Le Chant des forêts, sans doute composé pour échapper aux foudres du régime après quelques œuvres tendancieuses, Chostakovitch reprend le thème des premiers secrétaires, mais cette fois, de manière surprenante, il semble le faire sans aucune pression des instances dirigeantes. Officiellement baptisé « L’Année 1917 », cette douzième symphonie aurait très bien pu s’intituler, sobrement, « Compromission ». L’ensemble est particulièrement pompeux, digne des pires élans réalistes socialistes des années 1930 et 1940. Ceux-là, au moins, étaient composés pour avoir la paix…

Le premier mouvement, dit « Petrograd révolutionnaire », ne fait pas dans la dentelle. Le tempo est enlevé, caricature grossière du goût du compositeur pour la vitesse, comme pour souligner l’accélération des évènements à la vieille de la deuxième révolution de 1917. Cependant, au-delà du ton solennel, les deux thèmes principaux sont bien trouvés et rappellent les suites pour orchestre de Jazz, sans égaler la fraîcheur de ces dernières.
« Razliv », le second mouvement, étonne par sa teinte champêtre, bucolique, en plein milieu d’une œuvre dédiée à la révolution bolchévique. Ici, c’est sans doute l’évocation de Lénine qui domine, au moment où le chef révolutionnaire est encore tenu à l’écart des évènements. Comme Lénine à l’époque sans doute, on s’ennuie ferme.

Les deux derniers mouvements résument à eux seuls le paradoxe Chostakovitch. « Aurora », très court, concentre plus d’idées originales que le reste de la symphonie. Le compositeur ne cède pas à la tentation de la figuration grossière et installe une atmosphère sourde d’attente, en faisant rejouer le thème principal de manière étouffée. La conclusion, véritable explosion à l’unisson de tout l’orchestre, fait écho au célèbre coup de canon du croiseur Aurora, qui donna le signal de l’attaque du Palais d’Hiver en Octobre 1917. Cependant, au-delà du thème historique, c’est l’aspect martial des dernières minutes d’ « Aurora » qui retient l’attention. La grosse caisse est mise au premier plan et introduit un rythme implacable dans une symphonie jusque là bien plate.
Au contraire, le dernier mouvement, « L’Aube de l’humanité », retombe dans les travers de « Petrograd révolutionnaire ». Le grandiose est gâché par l’outrance des moyens et par l’absence totale de recul ironique, qui définit habituellement le style de Chostakovitch et qui l’empêche de sombrer dans la grandiloquence. De fait, la douzième symphonie est une œuvre désespérément « premier degré », pour laquelle le travail d’un orchestre philharmonique semble bien superflu ; une fanfare aurait suffi.

La symphonie « L’Année 1917 » est née dans un contexte énigmatique : alors que la détente des années Khrouchtchev semblait devoir donner un peu de répit à Chostakovitch, celui-ci s’engage dans une collaboration plus étroite avec le régime, en adhérant au Parti communiste en 1961. Pourtant, dans le même temps, les instances dirigeantes permettent la création de deux œuvres « maudites » des années 1930 : l’opéra Lady Macbeth du district de Mzensk et la Symphonie n°4. Autant dire que l’offrande consensuelle au Parti que constitue la douzième symphonie est vite éclipsée par la création de la quatrième, œuvre forte et poignante celle-là.

L’interprétation d’Ievgueni Mravinski, par sa sécheresse et sa « brutalité », a le mérite de donner un plus grand relief à cette symphonie. Mais une fois encore, le chef russe semble poursuivi par l’association des tousseurs fous, qui organise un véritable concert parallèle lors des parties les plus douces de « Razliv ». Mais que fait la milice ?


Fiche "Symphonie n°12" :
Opus : 112
Date de composition : 1960-1961
Date de création : 1961 à Leningrad
Date du concert : 30 avril 1984 à Leningrad, Evgueni Mravinski et l'Orchestre philharmonique de Leningrad.
Références du disque : Shostakovich - Symphony N°12 "1917", Erato, 1992.

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- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- Ievgueni Mravinski (chef d'orchestre)
- Orchestre Philharmonique De Leningrad


1. Petrograd Révolutionnaire
2. Razliv
3. Aurora
4. L'aube De L'humanité



             



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