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- Style : Sergueï Prokofiev , Alfred Schnittke , Galina OustvolskaÏa
 

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Dimitri CHOSTAKOVITCH - Quintette Avec Piano (quatuor Borodine, Richter) (1940)
Par SASKATCHEWAN le 19 Janvier 2012          Consultée 3357 fois

C’est pour des œuvres miraculeuses comme le Quintette avec piano que CHOSTAKOVITCH mérite le titre de Génie. Qu’un même pays ait pu voir naître des talents exceptionnels comme STRAVINSKI, PROKOFIEV et CHOSTAKOVITCH en l’espace de trois décennies seulement, c’est une énigme qui m’intrigue quand même un peu plus que le trésor de Machu Picchu. Il faudrait que quelqu’un se penche sur la composition du lait russe entre 1880 et 1910, on pourrait apprendre des choses intéressantes…

En attendant cette étude scientifique à tout point de vue nécessaire, la musique de CHOSTAKOVITCH conserve un charme indescriptible qui ne doit rien aux éprouvettes. Mais ça on le savait déjà. Ce que l’on ne sait moins, ou ce que l’on refuse de savoir, c’est que le Génie ne doit rien non plus aux circonstances historiques. Au cours de mes petites pérégrinations chostakoviennes, j’ai souvent mentionné l’Histoire, la société soviétique, les « sens cachés » de la musique du compositeur, parce que je suis un indécrottable naïf, un récidiviste de la digression, et que tout ça m’intéresse trop pour que je n’en parle pas. Mais dans l’idéal, le nom de Staline ne devrait jamais apparaître dans une chronique de CHOSTAKOVITCH, parce qu’il y a déjà trop à dire sur la musique.

Le déclencheur de cette réflexion philosophique de terminale n’est autre que le Quintette pour piano, qui semble être un défi lancé par l’art et la beauté à l’année 1940. Parler de beauté pour une œuvre moderne peut sembler anachronique, mais le plus choquant serait de parler d’œuvre moderne pour le Quintette. Il y a bien du modernisme dans la partition du piano et des quatre cordes, mais il y a aussi du romantisme, du classicisme, du baroque, de la musique russe, des influences occidentales, des intonations populaires et des réflexions savantes. Limiter CHOSTAKOVITCH à l’Histoire, à la science, à un pays, à un style, c’est être injuste, injuste envers sa qualité de Génie, d’âme individuelle qui a su toucher du doigt l’universel et l’intemporel.

Il suffit d’écouter deux premiers mouvements, le « Prélude » et la « Fugue », pour être conquis. Après STRAVINSKI, CHOSTAKOVITCH à son tour fait son retour à BACH. L’introduction de l’œuvre laisse encore un moment de répit au piano, qui développe un solo puissant et robuste. Puis le quatuor à cordes s’en mêle et grince à l’unisson. Le piano s’immisce entre les cordes et s’exprime par petites touches, un peu comme la pluie battant les carreaux. Chaque écoute révèle une nouvelle subtilité du dialogue entre les deux entités : une reprise de thème, un accompagnement, un silence même ! Aux premières notes du « Prélude », le temps s’est arrêté, et ne reprendra ses droits qu’à la dernière note du « Finale ». La « Fugue » qui lui succède le relègue pourtant au rang d’introduction éphémère. La richesse thématique du Quintette prospère dans ce mouvement si classique dans la forme, et pourtant si original.

L’œuvre n’aurait pas été complète sans une touche d’humour chostakovien, qui promène ses intonations loufoques sur le « Scherzo », une courte danse pleine de vigueur qui se pose en contraste violent avec la « Fugue ». La rythmique tourbillonnante au piano qui clôt le mouvement est l’une des plus belles trouvailles du compositeur. Il semble que toutes les émotions aient leur place dans le Quintette, comme si CHOSTAKOVITCH avait voulu exprimer à la fois la tristesse et l’enthousiasme, la retenue et l’exubérance. La transition subtile entre l’« Intermezzo » et le « Finale » a des airs de pont entre deux mondes, entre une musique triste et contemplative et une autre joyeuse et sereine.

Le Quintette avec piano ne pouvait s’achever que dans la sérénité, ce qui est tout autre chose que l’opposition réductrice entre pessimisme et optimisme. Au passage, CHOSTAKOVITCH aura réussi à prouver que les dissonances aussi peuvent être belles, et ainsi réconcilier deux conceptions de la musique fâchées sur un malentendu. Sviatoslav RICHTER et le Quatuor Borodine, dans leur interprétation de cette pièce unique, rendent tout à fait justice au génie du compositeur, avec le surcroît de spontanéité que procure l’enregistrement en direct. Après avoir fracassé toutes les limites de l’hyperbole, il ne me reste plus qu’à espérer que cette œuvre sera découverte et redécouverte, parce que sincèrement, elle le mérite.

Fiche « Quintette avec piano » :
Opus : 57
Date de composition : 1940
Date de création : 1940 à Moscou
Date du concert : 5 et 6 septembre 1983 à Moscou avec Sviatoslav Richter et le quatuor Borodine.
Références du disque : Intégrale des quatuors à cordes par le quatuor Borodine, disque 2, Melodiya, 2006.

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   SASKATCHEWAN

 
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- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- Sviatoslav Richter (piano)
- Mikhaïl Kopelman (violon)
- Andreï Abramenkov (violon)
- Dimitri Chébaline (violon alto)
- Valentin Berlinski (violoncelle)


1. Prélude (lento)
2. Fugue (adagio)
3. Scherzo (allegretto)
4. Intermezzo (lento)
5. Finale (allegretto)



             



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