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Dimitri CHOSTAKOVITCH - Symphonie N°5 (mravinski) (1937)
Par SASKATCHEWAN le 20 Juillet 2010          Consultée 6421 fois

Etrange statut que celui de la cinquième symphonie, qualifiée de « réponse créative d’un artiste soviétique à de justes critiques » par un critique affidé au régime. Elle est à la fois une œuvre majeure de la carrière de l’artiste, sans doute l’une de ses symphonies les plus connues, mais elle est aussi, plus prosaïquement, l’œuvre qui lui a sauvé la vie. Depuis la condamnation de son opéra Lady Macbeth du district de Mzensk par la Pravda en 1936, l’étau se resserre autour du compositeur : des membres de sa famille sont déportés, le NKVD se fait de plus en plus menaçant et son ami de longue date, le maréchal Mikhaïl Toukhatchevski, est arrêté puis fusillé peu avant les premiers concerts de la cinquième symphonie. Miracle de l’engouement populaire, l’énorme succès de l’œuvre à la fin de l’année 1937 engage la réhabilitation de CHOSTAKOVITCH auprès du régime soviétique.

On peut entendre la « réponse à de justes critiques » de deux manières différentes. Il y a bien sûr, d’un côté, la volonté de produire une symphonie qui cadre avec les critères du réalisme socialiste, pour avoir la paix, enfin. Mais, d’un autre côté, CHOSTAKOVITCH , avec son ironie habituelle, semble presque narguer ses tortionnaires : « J’accepte vos codes et vos critiques absurdes, et je vais même faire une œuvre géniale avec, comme ça, juste pour emmerder Staline et Jdanov. » Pari réussi… Et puis, afin de ne pas tomber dans les excès de nos amis les bisounours, il faut rappeler que la forme de la symphonie n°5 doit aussi beaucoup à l’ambition maladive du compositeur, bien décidé à ne pas rester le vilain petit canard de la musique russe.*¹

Et malgré toutes ces concessions, la cinquième symphonie reste une œuvre détonante. La parenté avec la symphonie précédente y est pour beaucoup. Il y a de la quatrième dans les sursauts nerveux des percussions et dans les conclusions fragiles du « Moderato » et du « Largo ». CHOSTAKOVITCH fait semblant d’avoir décroché, pour mieux fourguer les mêmes pastilles multicolores… La noirceur s’est seulement fondue en grisaille ; l’œuvre (le « Largo » surtout) gagne en introspection ce qu’elle a perdu en violence.
Heureusement, la cinquième ne se résume pas à une reprise en mode mineur du modernisme radical de la quatrième. CHOSTAKOVITCH développe un nouveau langage musical, mieux adapté aux nécessités de son temps (comprenez : adapté à une époque où l’on vous envoie racler la neige en Sibérie pour quelques dissonances). L’ « Allegretto » en particulier, est un hommage appuyé aux illustres aînés. La grâce de certains passages doit beaucoup, par exemple, à un obscur troubadour de la République odmourte, un certain TCHAÏKOVSKI. L’insolent artiste soviétique se permet quelques saillies ironiques dans sa réponse à de justes critiques : les nobles emprunts aux grands du XIXe sont parfois interrompus par les sursauts d’une escouade de cuivres tapageurs, acolytes toujours fidèles de l’humour chostakovien.

Chapeau bas, encore une fois, au chef d’orchestre MRAVINSKI*², qui trouve à chaque fois le ton juste et livre une interprétation brutale, sans négliger l’ironie et la légèreté de certains passages de l’ « Allegretto ». Son travail sur l’« Allegro no troppo » est un chef-d’œuvre de conduite d’orchestre. Tout en acceptant le grandiose outrancier qui s’y exprime, il met en valeur toute l’ambiguïté du mouvement en donnant une allure martiale aux percussions. Crispation bienvenue dans un finale qui, autrement, n’aurait pas eu grand-chose à envier à la B.O. de Star Wars…

Succès total de l’opération « Il faut sauver Dimitri ». La cinquième symphonique, malgré ses concessions, est une œuvre forte, bien digne du génie de son auteur, et capitale à plus d’un titre. Le compositeur y renoue avec le succès de la première symphonie, fait taire les critiques, assène un « pan sur le bec » magistral au Parti, et, sans doute le plus important, gagne un collaborateur fidèle et talentueux en la personne d’Ievgueni MRAVINSKI (tout jeune encore en 1937), qui a eu le courage (et le flair) d’accepter la création de la cinquième à un moment où CHOSTAKOVITCH était conspué. La première grande symphonie du compositeur, sans aucun doute possible (la quatrième dort dans les cartons pour une vingtaine d’années encore).


*¹ On aurait tort de ramener l’ambition de CHOSTAKOVITCH, qui a fait couler beaucoup d’encre et fait rendre l’âme à beaucoup de claviers, à un opportunisme bête et méchant. Dans sa symphonie n°13, le compositeur déclare vouloir « faire carrière », mais à la manière de Galilée. Pas besoin de faire un dessin, on a compris qui joue le rôle de l’Inquisition dans l’histoire, et qui le génie incompris…
*² A noter que le disque chroniqué propose également une interprétation très réussie de la neuvième symphonie par le chef d’orchestre tchèque Zdenek KOSLER. On peut saluer l’esprit pervers des cadres de Praga, qui ont placé sur le même CD la symphonie où CHOSTAKOVITCH semble se plier à la discipline du régime, et celle où il se moque ouvertement des rodomontades des cadres du Parti après la victoire de 1945. Contraste…


Fiche "Symphonie n°5" :
Date de composition : 1937
Date de création : 1937
Date du concert : 1967. Evegueni Mravinski et l'Orchestre philharmonique de Leningrad.
Références du disque : Shostakovich - Symphonies No. 5 & No. 9, Praga, 1995 (réédition Harmonia Mundi 2000)

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- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- Ievgueni Mravinski (chef d'orchestre, symphonie n°5)
- Orchestre Philharmonique De Leningrad (symphonie n°5)
- Zdenek Kosler (chef d'orchestre, symphonie n°9)
- Orchestre Philharmonique Tchèque (symphonie n°9)


- symphonie N°9 En Mi Bémol Majeur Op. 70 (kosler)
1. Allegro
2. Moderato
3. Presto
4. Largo
5. Allegretto - Allegro
- symphonie N°5 En Ré Mineur Op. 47 (mravinski)
6. Moderato
7. Allegretto
8. Largo
9. Allegro Non Troppo



             



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