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- Style : Sergueï Prokofiev , Alfred Schnittke , Galina OustvolskaÏa
 

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Dimitri CHOSTAKOVITCH - Concerto Pour Violon N°1 (oïstrakh) (1948)
Par SASKATCHEWAN le 30 Avril 2012          Consultée 2698 fois

Le 10 février 1948, le secrétaire du Comité central du PCUS Andreï Jdanov met la touche finale à son fameux décret contre le formalisme en musique. Dans le viseur : Sergueï PROKOFIEV et bien sûr, Dimitri CHOSTAKOVITCH, qui commence à être habitué. Jdanov, véritable virtuose de la calomnie, entend bien remettre de l’ordre dans l’art soviétique, qui a osé s’affranchir (un peu, pas beaucoup) de la tutelle du Parti pendant la guerre. Déjà, en 1946, Anna Akhmatova et Mikhaïl Zochtchenko se sont fait taper sur les doigts. Alors on interdit CHOSTAKOVITCH : plus de concerts, plus d’édition, plus d’emploi jusqu’à ce que le vilain déviant fasse amende honorable. Rodé au cérémonial sinistre de l’Union des compositeurs, l’artiste fait son autocritique devant ses collègues musiciens.

Mais sous le verni de l’auto-flagellation officielle, le compositeur continue d’écrire la musique telle qu’il la conçoit. 1948 est aussi l’année où il achève son Premier Concerto pour violon et son Cycle de chansons juives. Suicidaire, quand on sait que les Juifs se trouvaient dans le collimateur du pouvoir au lendemain de la victoire. Le Premier Concerto, quant à lui, semble une bonne illustration de ce que Jdanov regroupait sous le nom de « formalisme dégénéré ». CHOSTAKOVITCH y joue avec les dissonances (« Scherzo ») sans se départir de son humour légendaire (« Burlesca »). Danses anciennes, lyrisme, emprunts au folklore : les sources d’inspiration sont nombreuses. Le violon de David OÏSTRAKH traverse tout le spectre des émotions jusqu’au morceau de bravoure de la « Passaglia », où le soliste délivre une prestation éblouissante, tandis que l’orchestre conduit par Gennadi ROJDESTVENSKI reste coi.

Parfois virtuose, parfois simple, le jeu du prodige d’Odessa sublime les difficultés de la partition dans une interprétation irréprochable. Non, vraiment, la « Cadenza », c’est humainement possible de la jouer comme ça ? Et attention ! Aucune retouche studio ! L’enregistrement, capté par la BBC au festival d’Edimbourg de 1962, est une performance en direct, sans corde et sans filet. Loin de l’idée que l’on se fait d’un classique rigide et appliqué, OÏSTRAKH redonne au mot « virtuose » ses lettres de noblesse.

En dépit de toutes ses qualités, le Premier Concerto est une œuvre assez étrange sur le plan de la construction. L’orchestre est très en retrait (souvent, il n’est que la « basse » du violon), pourtant CHOSTAKOVITCH a choisi une structure symphonique en quatre mouvements, même si l’ordre de ces mouvements est inhabituel. Malgré cet arrangement plutôt classique, les parties de l’œuvre manquent de « liant ». Le contraste est très fort entre le « Nocturne » et le « Scherzo », alors que le compositeur soviétique est habituellement redoutable quand il s’agit de marier les contraires. On se retrouve alors avec une œuvre divisée en tableaux quasi-indépendants, impression de morcellement renforcé par le troisième mouvement, une véritable œuvre dans l’œuvre. C’est un peu comme si CHOSTAKOVITCH avait inséré une sonate pour violon (forme et structure) en plein milieu de son concerto.

Heureusement, les apports folkloriques juifs et russes servent finalement de fil rouge à cette drôle de machinerie. CHOSTAKOVITCH recrée des mélodies populaires qui expriment tour à tour la détresse profonde (« Nocturne ») et la joie la plus débridée (« Burlesca »). Le lien est bien sûr très fort avec le cycle vocal juif composé immédiatement après ce concerto.

Une structure somme toute classique, une inspiration populaire, à première vue, on se demande bien ce qui aurait pu déplaire à la censure. Pourtant CHOSTAKOVITCH choisit de mettre de côté cette œuvre « sérieuse » au profit de compositions plus consensuelles comme Le Chant des forêts. Pour un homme que l’on qualifie souvent de naïf, il démontre là une connaissance très fine de ses persécuteurs. En 1948, personne ne voulait entendre parler de culture juive, ni des juifs tout court : Staline avait à son tour céder au délire antisémite. Il faudra attendre 1955 et la persévérance d’un certain David OÏSTRAKH pour que cette œuvre sorte du tiroir et reçoive le succès qu’elle mérite.


Fiche « Concerto pour violon n°1 » :
Opus : 77
Date de composition : 1947-1948
Date de création : 1955 à Leningrad
Date du concert : 1962 à Edimbourg par David Oïstrakh, et Gennadi Rojdestvenski
Références du disque : Oistrakh – Shostakovitch, Violon Concerto 1 &2 ; Ysaÿe, Amitié, BBC Legends, 2001.

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- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- David Oïstrakh (violon)
- Gennadi Rojdestvenski (chef d'orchestre)
- Orchestre Philharmonique


1. Nocturne (moderato)
2. Scherzo (allegro - Poco Più Mosso)
3. Passaglia (andante
4. Cadence
5. Burlesqeue (allegro Con Brio - Presto)



             



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