Recherche avancée       Liste groupes



      
MUSIQUE MODERNE  |  OEUVRE

L' auteur
Acheter Cet Album
 


1922 Suite Pour Deux Pianos (Genova...
1923 Trio Pour Violon, Violoncelle ...
1925 Symphonies N°1 (Kondrachine)
1926 Sonate Pour Piano N°1 (Chtcher...
1927 Aphorismes (Chtcherbakov)
Symphonie N°2 A Octobre (Kondr...
1928 Le Nez (Pokrovski)
1929 Symphonie N°3 Le Premier Mai (...
1931 Six Romances Sur Des Textes De...
Le Boulon (Ratmanski)
1932 Lady Macbeth Du District De Mt...
1933 Vingt-Quatre Préludes (Kadouch...
Concerto Pour Piano N°1 (Chost...
1934 Suite Pour Orchestre De Jazz N...
Sonate Pour Violoncelle Et Pia...
1936 Symphonie N°4 (Kondrachine)
1937 Quatre Romances Sur Des Poèmes...
Symphonie N°5 (Mravinski)
1938 Quatuor à Cordes N°1 (Quatuor ...
1939 Symphonies N°6 (Kondrachine)
1940 Quintette Avec Piano (Quatuor ...
1941 Symphonie N°7 Leningrad (Berns...
1942 Sonate Pour Piano N°2 (Leonska...
Six Romances Sur Des Textes De...
1943 Symphonie N°8 (Mravinski)
1944 Trio Pour Violon, Violoncelle ...
Quatuor à Cordes N°2 (Quatuor ...
1945 Symphonie N°9 (Bernstein)
1946 Quatuor à Cordes N°3 (Quatuor ...
1948 Concerto Pour Violon N°1 (Oïst...
Extraits De La Poésie Populair...
Raïok Antiformaliste (Khoutare...
1949 Le Chant Des Forêts (Temirkano...
Quatuor à Cordes N°4 (Quatuor ...
1951 Vingt-Quatre Préludes Et Fugue...
1952 Quatuor à Cordes N°5 (Quatuor ...
1953 Symphonie N°10 (Karajan)
1956 Suite Pour Orchestre De Jazz N...
Quatuor à Cordes N°6 (Quatuor ...
1957 Concerto Pour Piano N°2 (Chost...
Symphonie N°11 L'Année 1905 (M...
1959 Concerto Pour Violoncelle N°1 ...
1960 Quatuor à Cordes N°7 (Quatuor ...
Quatuor à Cordes N°8 (Quatuor ...
1961 Symphonie N°12 L'Année 1917 (M...
1962 Symphonie N°13 Babi Yar (Haiti...
1964 Quatuor à Cordes N°9 (Quatuor ...
Quatuor à Cordes N°10 (Quatuor...
1966 Quatuor à Cordes N°11 (Quatuor...
Concerto Pour Violoncelle N°2 ...
1967 Concerto Pour Violon N°2 (Oïst...
1968 Quatuor à Cordes N°12 (Quatuor...
1969 Symphonie N°14 (Kondrachine)
1970 Quatuor à Cordes N°13
1971 Symphonie N°15 (Kondrachine)
1929 La Nouvelle Babylone (Judd)
 

- Style : Sergueï Prokofiev , Alfred Schnittke , Galina OustvolskaÏa
 

 Site Officiel (731)
 The Exhaustive Shostakovich (776)
 Dsch Journal (521)

Dimitri CHOSTAKOVITCH - Symphonie N°13 Babi Yar (haitink) (1962)
Par SASKATCHEWAN le 5 Septembre 2011          Consultée 4198 fois

Un peu d’Histoire pour commencer. Babi Yar, qui n’a pas la sonorité de l’emploi, est un nom auquel se rattache des évènements terribles. Durant l’été 1941, les nazis poursuivent leur offensive en URSS ; le 19 septembre ils occupent Kiev et sa région. Les responsables de la SS mettent aussitôt en place le massacre des Juifs. Les 29 et 30 septembre, plus de trente mille Juifs sont assassinés près du Babi Yar (« le ravin de la vielle femme » en russe), dans les environs de Kiev. Dans les mois qui suivent, des milliers de civils, Tziganes, Juifs, nationalistes ukrainiens, partisans, religieux et intellectuels sont tués à Babi Yar.

En 1961, dans son poème « Babi Yar » l’écrivain soviétique Evgueni Evtouchenko rend hommage aux victimes du massacre de 1941, et à toutes les victimes de l’antisémitisme en général. Le poème est construit autour d’une succession d’évènements historiques ayant trait à la persécution des Juifs : fuite d’Egypte, le martyr de Jésus Christ, l’affaire Dreyfus, les pogroms de la Russie impériale, le destin d’Anne Frank et enfin la tragédie de Babi Yar sont tour à tour évoqués. Le poème fait scandale en URSS, qui a développé un véritable antisémitisme d’Etat au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Si les campagnes antijuives ont cessé sous Khrouchtchev, la Shoah reste un tabou absolu dans la société soviétique : la vision officielle privilégie l’aspect « international » et « soviétique » de la résistance à l’envahisseur. Un nationalisme « soviétique » se développe, sur le socle du vieil esprit national russe.

C’est là qu’intervient notre compositeur à lunettes. CHOSTAKOVITCH, farouchement opposé à l’antisémitisme, décide de mettre en musique le poème d’Evtouchenko. Au fur et à mesure que sa composition avance, il y adjoint quatre autres mouvements, eux aussi basés sur des poèmes d’Evtouchenko : « L’Humour », « Au Magasin » et « Une Carrière », ainsi que « Les Peurs », spécialement écrit pour l’occasion. Le tout est présenté à Moscou en décembre 1962 sous le nom de Symphonie n°13 Babi Yar. Malgré le silence réprobateur des autorités, la symphonie vocale obtient un succès retentissant.

Deux raisons à cela. D’une part, CHOSTAKOVITCH, dans la lignée de sa Onzième Symphonie, affecte un langage musical simple, avec des thèmes marquants et très « visuels ». La majesté des chœurs a tout pour frapper l’auditoire. La musique fait l’effort de se soumettre au sens du poème et se fait volontiers « illustration ». Le thème léger et rêveur d’Anne Frank, la danse du petit bonhomme Humour, le grondement terrifiant qui précède le finale de « Babi Yar » viennent renforcer les moments les plus dramatiques du texte.
D’autre part, le succès de la Symphonie n°13 tient également (peut-être surtout) aux textes d’Evtouchenko. A part peut-être « Au Magasin », qui exalte la femme soviétique, tous les textes se détournent de la ligne officielle. Si c’est « Babi Yar » qui a retenu l’attention de la censure, les autres textes ne sont pas en reste. « L’Humour » chante le combat victorieux du petit bonhomme Humour contre la répression ; « Une Carrière » affirme la supériorité du génie sur les interdits de son temps, manifeste à la fois d’Evtouchenko et de CHOSTAKOVITCH. Le poème « Les Peurs » est plus ambigu. Il dénonce la Grande Terreur des années 30, ce qui, il faut le rappeler, est presque « encouragé » sous Khrouchtchev, si l’on respecte certaines limites. Mais on ne sait trop s’il se réjouit de la disparition des peurs anciennes, ou s’il annonce d’autres peurs nouvelles, moins terribles peut-être, voire bénéfiques, si on prend l’auteur au mot.

En réalité, c’est toute la Symphonie n°13 qui souffre de cette incertitude. Il y a, dans cette œuvre, certains des plus beaux passages de la musique de CHOSTAKOVITCH. La danse de l’Humour, le thème entêtant d’« Une Carrière », l’échange chœurs/soliste de « Babi Yar » enterrent à eux seuls la terne Symphonie n°12. Bien qu’épurée, la musique du compositeur soviétique n’est pas simpliste. Les mouvements lents « Au Magasin » et « Les Peurs » sont admirables d’équilibre et de finesse… jusqu’à leur conclusion tonitruante. Le défaut rédhibitoire de la Treizième est là : CHOSTAKOVITCH cède trop souvent au grandiose échevelé, sans la moindre note d’humour (sauf sur « L’Humour », justement). Les derniers instants de « Babi Yar » en deviennent presque gênants : les naïvetés du compositeur et du poète s’additionnent dans un finale rutilant. L’effet est encore pire sur « Les Peurs » et « Au Magasin ». La beauté fragile de ces deux mouvements est littéralement anéantie par un sursaut de l’orchestre inutile et pétaradant.

Aux éclats de la Treizième on préfèrera la finesse et l’introspection de la Quatorzième, l’autre symphonie vocale composée par CHOSTAKOVITCH dans les années 60. Surtout qu’il est bien difficile de trouver une interprétation convaincante de la Symphonie n°13. Même KONDRACHINE, habituellement si juste, sombre dans la vulgarité. Les autres, JANSONS, BARCHAÏ, passent complètement à côté. Reste Bernard HAITINK, qui est la SEULE interprétation de Treizième que je recommanderai ; elle est très bien équilibrée, jamais outrancière, avec des chœurs impressionnants et un Marius RINTZLER excellent en soliste.


Fiche « Symphonie n°13 »
Opus : 113
Date de composition : 1962
Date de création : 1962 à Moscou
Date de l’enregistrement : 1984 par Bernard Haitink et le Concertgebouw Orchestra
Références du disque : Shostakovich – Symphony no.13 « Babi Yar », Decca, 1986.

A lire aussi en MUSIQUE CONTEMPORAINE par SASKATCHEWAN :


Dimitri CHOSTAKOVITCH
Symphonies N°1 (kondrachine) (1925)
Débuts en symphonie




Dimitri CHOSTAKOVITCH
Concerto Pour Violoncelle N°1 (tortelier) (1959)
Le meilleur concerto de Chostakovitch


Marquez et partagez





 
   SASKATCHEWAN

 
  N/A



- Dimitri Chostakovitch (compositeur)
- Bernard Haitink (chef d'orchestre)
- Concertgebouw Orchestra


1. Babi Yar
2. L'humour
3. Au Magasin
4. Les Peurs
5. Une Carrière



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod