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SCORPIONS - Lonesome Crow (1972)
Par GEGERS le 17 Janvier 2011          Consultée 5010 fois

L'histoire du rock tient parfois à peu de choses. Une rencontre, un coup de chance, une désillusion... autant d'aléas de l'existence qui, mis bout à bout, forgent le mythe. Tout ceci est d'autant plus vrai pour SCORPIONS. Qui aurait parié, à la fin des années 60, que ce petit groupe d'Allemagne de l'ouest deviendrait un jour une légende du hard rock, fort de plus de 100 millions d'albums vendus dans le monde et pilier du rayonnement musical de l'Allemagne en Europe et ailleurs ? Certainement pas ses fondateurs. Il faut dire qu'à l'époque, la mise sous tutelle de l'Allemagne suite à la seconde guerre mondiale n'aide pas les jeunes teutons à prendre confiance en eux, à s'imaginer une carrière internationale. Bercé par tous ces artistes anglo-saxons importés par les GI's américains (Elvis Presley, les Rolling Stones, The Pretty Things), le jeune Rudolf ne l'entend pas de cette oreille. Bien décidé à s'imposer en dehors des frontières allemandes, le jeune homme rejoint en 1965 un groupe de lycée, qu'il baptise immédiatement The Scorpions, à l'anglaise (le mot prend un « k » en allemand). Puis le hasard fait son œuvre. Alors que son frère Michael tanne Rudolf pour l'intégrer dans son groupe, celui-ci, le trouvant encore trop tendre, préfère l'envoyer faire ses armes de guitariste soliste dans un groupe concurrent mais néanmoins ami : Copernicus, dont le leader n'est autre que Klaus Meine, un chanteur que les spectateurs n'hésitent pas à comparer aux meilleurs vocalistes britanniques (sans doute le plus beau compliment que l'on pouvait faire à l'époque).

Inévitablement, l'exiguïté de la scène rock hanovrienne pousse les deux groupes à se rapprocher, puis à fusionner pour former le groupe SCORPIONS, dont la naissance fut célébrée le 1er Janvier 1971. De petites salles en petites salles, de tremplins en tremplins, le groupe finit par décrocher le premier prix d'un concours, dont le lot est le financement pour l'enregistrement d'un album professionnel. C'est ainsi que les cinq jeunes loups se retrouvent chez le producteur Conny Plank qui, séduit par le talent incroyable de Michael Schenker, accepte de produire leur première réalisation, prenant néanmoins le temps de mettre les points sur les « i » : inutile de rêver d'une carrière internationale, le rock allemand ne rencontrera jamais le succès en dehors de l'Allemagne.

Enregistré en une semaine, Lonesome Crow marque les débuts hésitants d'un groupe au potentiel énorme. « I'm going mad » pose les bases : bien que déjà mordant, SCORPIONS laisse de côté le hard rock qu'il pratique déjà en concert pour proposer un rock progressif et psychédélique, dont l'agressivité latente est compensée par des ambiances planantes et un côté jazzy accentué par la basse syncopée de Lothar Heimberg. Titre semi-instrumental, « I'm going mad » démontre déjà le talent exceptionnel d'un Michael Schenker (17 ans !) qui, ayant piqué la Gibson Flying V de son frère, s'impose comme un soliste au feeling incomparable. Favorisant l'efficacité des mélodies plutôt que la démonstration de technique pure, il offre quelques parties de guitare délectables et rayonne sur cet album. Rayonner est un verbe qui sied également parfaitement au vocaliste Klaus Meine. Alors que ce dernier débute le morceau en parlant, sa voix monte crescendo pour extérioriser des cris et exclamations d'une puissance rare, jamais vue en Allemagne à l'époque.

Encore à la recherche de son identité, SCORPIONS propose des titres plus ou moins structurés et équilibrés, mais véritablement inspirés. « It all depends », aux paroles anecdotiques (autodidacte en anglais, Klaus Meine ne cherche pas encore à faire du Shakespeare), donne l'impression d'une jam-session improvisée qui voit l'aura de Michael Schenker se déployer sur l'ensemble du groupe. Sombre et déstabilisant, « Leave me » voit cette-fois ci Klaus Meine prendre le pouvoir et s'imposer comme un chanteur unique, dont la puissance vocale n'a d'égale que la subtilité de ses parties de chant.

C'est sur le titre « In search of the piece of mind » que se cristallise le plus « l'identité » SCORPIONS. Ce titre en deux parties, introduit par des harmonies de guitares des frères Schenker, démontre le savoir-faire du groupe tant en maîtrise des instruments que des émotions et des ambiances distillées. Très psychédélique dans sa première partie, il se transforme en brûlot furieux et inquiétant dans la deuxième, hanté par la voix grave et puissante de Klaus Meine, qui n'est pas encore le tenor que l'on connaîtra par la suite. Seul rescapé de cet album, « In search of the peace of mind » se retrouvera plus tard sur le mythique live Tokyo Tapes. Considéré par le groupe comme le morceau le plus représentatif de ce premier album, honneur lui sera rendu lors du célèbre concert donné au Wacken en 2006, malgré une interprétation approximative (sans doute pour lui rendre hommage jusqu'au bout...).

Comme il est de coutume à l'époque, SCORPIONS se sacrifie également à la tradition du titre à tiroirs, progressif et épique. « Lonesome crow », long et décousu, a pour principal mérite d'asseoir un peu plus le talent de Michael Schenker. Mais, dépourvu de réelle structure et handicapé par l'absence d'une réelle section rythmique (guitare, basse et batterie fonctionnent de manière totalement indépendante et peu coordonnée), il peine à s'imposer comme la pièce maîtresse de l'album. Tout juste sert-il à justifier son titre, tant les ambiances froides et hivernales proposées sur le morceau ne sont pas sans évoquer un corbeau solitaire volant au-dessus d'une forêt enneigée...vraiment glacial, ce morceau sera d'ailleurs utilisé la même année pour illustrer le film Das Kalte Paradies, film sombre décrivant les méfaits de la drogue...

Avec Lonesome Crow, SCORPIONS parvient à asseoir le talent des membres qui le composent plus que ses véritables capacités de composition. Et s'il semble difficile d'envisager une véritable harmonie fusionnelle au sein du groupe, tant Klaus Meine et Michael Schenker (et dans une moindre mesure Lothar Heimberg) prennent le pas sur le reste du combo, on ne peut rester insensible à l'écoute de ces morceaux décousus mais néanmoins convaincants.

Suite à la sortie de ce premier album, SCORPIONS tournera intensivement en Allemagne, jusqu'à obtenir d'être la première partie de UFO sur plusieurs dates. Cette rencontre entre les deux groupes signera d'ailleurs l'arrêt de mort des SCORPIONS, puisque Michael Schenker rejoindra le groupe anglais à l'issue de la tournée en remplacement de Bernie Mardsen. Peu après, les membres restants quittent le navire, forçant Klaus Meine et Rudolf Schenker à dissoudre le groupe. Jusqu'à l'entrée en jeu d'un nouveau pion, virtuose de la six-cordes. Mais ceci est une autre histoire...

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- Klaus Meine (chant)
- Rudolf Schenker (guitare)
- Michael Schenker (guitare)
- Lothar Heimberg (basse)
- Wolfgang Dziony (batterie)


1. I'm Going Mad
2. It All Depends
3. Leave Me
4. In Search Of The Piece Of Mind
5. Inheritance
6. Action
7. Lonesome Crow



             



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