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HARD ROCK  |  STUDIO

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SCORPIONS - Blackout (1982)
Par GEGERS le 30 Mars 2011          Consultée 4805 fois

Il y a de ces albums dont la renommée doit autant à leur visuel qu'à leur contenu. C'est le cas pour ce Blackout, huitième album studio des SCORPIONS en dix années de carrière discographique. Il est vrai que cet auto-portrait de l'artiste-peintre allemand Gottfried Helnwein dégage une énergie folle et communicative qui illustre parfaitement son contenu, mais aussi son contexte. Cette tête bouche grande ouverte et traversant du verre, ne serait-elle pas l'allégorie d'une nouvelle naissance pour le groupe allemand ? Car si la période Blackout fut pour les SCORPIONS synonyme de jouissance méritée de son nouveau statut d'icône du hard rock, elle fut aussi marquée par une épreuve majeure qui renforça la cohésion du groupe et fit de cet album un témoignage ultime du style.

Cette épreuve, ce fut bien entendu la perte totale de la voix de Klaus Meine. Alors en pleine préparation pour l'enregistrement de l'album dans le sud de la France, près de Cannes, en compagnie de Dieter Dierks, le lutin allemand, usé par la longue tournée en soutien d'Animal Magnetism, doit se faire opérer en urgence de nodules sur les cordes vocales. Incertain quant à son avenir, le chanteur conseille à ses amis de poursuivre l'aventure sans lui, et envisage même le suicide ! Si le reste du groupe fait appel à Don Dokken pour enregistrer les démos, il n'en reste pas moins patient et fidèle envers Klaus, qui se voit dans l'incapacité de parler pendant plusieurs mois. A force de persévérance, le chanteur reprend finalement le dessus et revient, plus en forme que jamais, poser ses lignes de voix sur l'album. Doté d'une nouvelle rage de vaincre et une envie irrépressible de convaincre, l'artiste resplendit sur l'ensemble de l'album les critiques allant jusqu'à se demander si les chirurgiens ne lui auraient pas greffé des cordes vocales en acier !

Cette solidarité, et surtout cette énergie de tous les instants, éclabousse l'album de son éclat étincelant. Varié, Blackout est la quintessence même du hard-rock. Écrit par Herman Rarebell après que Rudolf Schenker lui eut raconté être victime d'amnésie à la suite d'une soirée trop arrosée (en compagnie des membres de Def Leppard), « Blackout » le morceau n'est pas qu'un brûlot hard rock, c'est un véritable pavé dans la mare. Jamais le talent combiné des cinq artistes ne s'était fait aussi convaincant et, osons le dire, jouissif. Métallique, le son de ce morceau lui confère un aspect quasi-heavy metal, contrebalancé par les touches subtiles et discrètes de la guitare solo de Matthias Jabs. L'usine à tubes se met alors en route, avec « Can't Live Without You », au riff plombé et à la rythmique pachydermique, une nouvelle fois prise à contrepied par un break et un solo lumineux et d'une mélodie de tous les instants. Lorgnant du côté du hard US, « No One Like You » (dont le clip a été tourné dans la prison d'Alcatraz) se veut un titre immédiat et imparable, marqué par un riff plombé et une section rythmique basse/batterie aux allures de métronome organique. Arpèges et riffs plaqués se succèdent pour donner naissance à un des plus gros tubes du répertoire du groupe, transcendé comme le reste de l'album par la voix cristalline si caractéristique de Klaus Meine. Et si dans le même genre hard US « You Give Me All I Need » et « Arizona (tous deux écrits par un Herman Rarebell très inspiré par ses histoires de fesses) font moins bien, ces deux titres restent d'un niveau fort honorable et permettent d'apporter une touche plus mélodique à un album globalement agressif.

Cette rage d'en découdre prend plusieurs formes. Elle peut être totalement folle, rapide et furtive (« Now ! ») ou se faire rouleau compresseur structuré mais non moins efficace en la personne de l'excellentissime « Dynamite », toujours considéré comme une des plus belles réussite des SCORPIONS. Taillé pour le live, ce morceau qui en fait l'apologie prévaut par un riff infaillible et un solo d'une dextérité ébouriffante, mené de main de maître par la « pièce rapportée » Matthias Jabs qui s'impose désormais comme un élément essentiel du puzzle. Impossible de rester impassible à l'écoute de ces quatre minutes de débauche maîtrisée, qui imposent alors SCORPIONS en usine à riff trouvant parfaitement sa place entre le Eye of the Tiger de Survivor, le Creatures of the Night de Kiss et le Screaming for Vengeance de Judas Priest, tous sortis la même année. La fin d'album n'a rien à envier à son début, le groupe proposant un titre extrêmement sombre et torturé avec le long « China White », marqué par des paroles résolument pessimistes d'un Klaus Meine décoiffant. Et c'est à la seule ballade de l'album que revient le droit de clôturer cet album exceptionnel. Mais quelle ballade ! Mélancolique et délicate, « When the Smoke is Going Down » nous narre la solitude de l'artiste après que la salle fût vidée de ses spectateurs. Au même titre qu'« Always Somewhere » ou « Holiday », ce morceau impose définitivement SCORPIONS comme les maîtres de la ballade riche en émotions qui fait mouche en une écoute.

Constant bien qu'hétérogène, Blackout est un véritable témoignage de vie de la part des SCORPIONS, qui signent ici ce qui restera probablement comme leur meilleur album de la fameuse « décennie dorée ». Tous tournés dans la même direction, les cinq arachnides reçoivent bien vite les fruits de leur labeur, l'album étant rapidement certifié disque d'or en France et disque de platine aux Etats-Unis, avant que le groupe ne s'embarque dans une tournée couronnée de succès. Car après le pire, le meilleur reste à venir...

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   GEGERS

 
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- Klaus Meine (chant)
- Rudolf Schenker (guitare)
- Matthias Jabs (guitare)
- Francis Buchholz (basse)
- Herman Rarebell (batterie)


1. Blackout
2. Can't Live Without You
3. No One Like You
4. You Give Me All I Need
5. Now !
6. Dynamite
7. Arizona
8. China White
9. When The Smoke Is Going Down



             



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