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SCORPIONS - Return To Forever (2015)
Par GEGERS le 8 Mars 2015          Consultée 3145 fois

Des galères, SCORPIONS en a connu un certain nombre, peut-être plus que la plupart des groupes de sa génération, du fait de son origine germanique. "Ach, une carrière à l'international ? N'y pensez même pas". Après s'être ainsi fait rabattre les oreilles (et les ambitions) par leur premier producteur, Conny Plank, le groupe s'est évidemment endurci, et le chien fou Rudolf Schenker s'est accroché à son rêve comme un morback à un slip. Les tournées des débuts, à sillonner tout ce que l'Europe de l'ouest compte en MJC, à payer l'eau chaude par tranches de 5 minutes dans les hôtels de la RFA, cela vous forge le caractère. Et puis le succès bien sûr, immense, mondial, inespéré et d'autant plus appréciable. Il a fallu le mériter, et l'entretenir. La terrible perte de voix de Klaus Meine en 1980 (non, le chanteur ne s'est pas fait greffer des cordes vocales en titane), l'arrivée du grunge et les errances artistiques des années 90, autant d'écueils qui ont fait tanguer le bateau mais n'ont jamais réussi à briser sa coque. Et puis, depuis un retour en fanfare en 2004, le ciel bleu, une succession ininterrompue d'honneurs et de concerts aux allures de célébrations. Un présent fragile, marqué par les décès de nombreux artistes et amis du groupe (Ronnie James Dio en tête), qui vous rappellent qu'un souffle de vie ne mérite pas d'être confiné. Après avoir annoncé ses adieux, donc, SCORPIONS fait marche arrière. Rien de surprenant, tous les membres du groupe ont encore la force physique et l'envie de faire tourner la machine. Comme pour justifier son retour, le groupe annonce fêter ses 50 ans de carrière, prétexte à cet album et à une longue tournée. S'il est vrai que Rudolf Schenker a rejoint son groupe de lycée en 1965, puis lui a donné le nom SCORPIONS (le groupe s'est un temps appelé The Nameless), il est évident que la carrière du groupe a véritablement démarré à l'aube des années 70 avec l'arrivée du frangin Michael et de Klaus Meine. Reste que, 50 ans donc après la publication de Dune, la sortie du Corniaud et l'indépendance de la Gambie, sort dans les bacs ce "Return to Forever", dont la pochette, une couronne constituée d'éléments d'amplis, de câbles et de prises jack, annonce bien évidemment le retour des rois. Un retour pour l'éternité.

Le projet initial, qui consistait à retravailler des morceaux écrits pendant les années 80 et 90, voire au début des années 2000 (et existant pour la plupart sous forme de démos) a bien vite été dépassé par l'entrain et la force créatrice, non pas celle du groupe, mais de leur entourage. En compagnie de leurs deux producteurs suédois, Mikael Nord Andersson et Martin Hansen, déjà responsables de la mise en son de l'album Sting In The Tail et des arrangements du MTV Unplugged, les SCORPIONS ont finalisé 19 morceaux, dont 12 figurent sur la version régulière de l'album. Et ont au passage perdu une partie de leur personnalité. Composant seuls 4 morceaux, crédités sur 7, les deux Scandinaves sont désormais aux manettes de l'identité sonore du groupe. Et soufflent le chaud et le froid, en tentant de faire paraître les SCORPIONS plus jeunes qu'ils ne sont, en forçant l'ajout d'arrangements modernes qui semblent parfois bien peu naturels. L'introductif "Going Out With a Bang" est une évidente réussite, un hard rock enlevé aux intonations bluesy, une sorte de classic-rock énervé qui frappe fort, tant au niveau des mélodies que du refrain, malgré une présence bien discrète de Matthias Jabs (ce sera une constante sur cet album). Évident et immédiat, le single "We built this house" marque néanmoins déjà le pas. Si les paroles se font fédératrices, narrant 50 ans d'existence des Scorpions, les choeurs, prédominants, écrasants, viennent inutilement alléger le propos, chose incongrue alors que les auditeurs ont soif d'un hard rock mordant à l'image de celui, réussi, de l'album précédent. Le morceau fonctionne, et son pré-refrain témoigne d'une belle inspiration, mais l'ensemble ne bluffe pas vraiment.

Pourtant, l'essentiel des nouveaux morceaux est basé sur ce paradoxe. Le groupe est en forme, Klaus Meine fait preuve d'excellentes capacités vocales, mais son propos se voit affaibli par des arrangements et des constructions de morceaux parfois peu pertinents. "All for one", qui bénéficie de couplets agressifs à souhait, souffre d'un refrain bien peu marquant. La véritable déception survient néanmoins avec "Rollin' home", sorte de titre country-pop-rock aux mélodies ultra-sucrées et dégueulasses, dignes de Nickelback ou Katy Perry. Rien de moins. Fort heureusement, les deux producteurs sortent quelques belles idées de leur besace. Le précité "Going out with a bang", mais surtout l'ovni "The Scratch" et son feeling "hard-cabaret", très entraînant et mû par une énergie communicative. Matthias Jabs livre ici un solo survolté qui confirme que les SCORPIONS peuvent se faire très convaincants et actuels en sortant des sentiers battus.

Mais l'essentiel est ailleurs. Il se trouve dans ces titres dépoussiérés, ressortis des tiroirs où ils dormaient injustement. Composés entre 1982 et 2007 ils n'ont, pour une raison ou pour une autre, jamais trouvé leur place sur un album du groupe. Pour certains, cette mise de côté se comprend. En effet, si "Catch your luck and play" et "Hard rockin' the place" sont des "petits" titres hard rock somme toute sympathiques et compétents, sans doute composés au début des années 80, ils auraient fait pâle figure sur un Blackout ou Love At First Sting. La première véritable claque est "Rock my car", titre écrit pour l'album qui devait succéder à l'opus précité de 1984, avant d'être rejeté par le producteur d'alors Dieter Dierks (l'album sera re-écrit pour devenir Savage Amusement). Interprété dès 1986 en concert, en préambule du solo de batterie, ce titre ultra-énergique et hédoniste est une perle, parfaitement réhabilité (à l'exception des choeurs introductifs, que l'on aurait bien vu remplacés par une intro à la batterie, telle que sur la version originale du morceau). Les SCORPIONS frappent juste et fort, et séduisent sans réserves. Dans une veine similaire, "Rock'n'roll Band", déjà présent en version acoustique sur le MTV Unplugged, est un autre très grand moment. Si le riff, similaire à celui de "Crossfire" (Love At First Sting) explique sa mise de côté, il s'impose ici en véritable tube, à même de ravir les inconditionnels.

Que serait un album de SCORPIONS sans ses ballades ? Présentes au nombre de trois sur cet opus, elles égalent sans dépasser celles de l'album précédent. "House of cards" voit ses arpèges introductives décupler l'émotion provoquée par la voix de Klaus, impérial. Le morceau tient la route, mais manque d'une montée en intensité sur le dernier refrain, qui aurait décuplé son impact. Initialement composée lors des sessions d'écriture pour l'album Humanity-Hour 1, "Eye of the storm" se rapproche du format "power-ballad" traditionnel, et bénéficie d'un superbe refrain tout en délicatesse. "Gypsy life" se fait néanmoins la plus réussie, de par la beauté simple de sa mélodie. Conçue pour figurer sur le projet Acoustica, ce titre une splendeur qui confirme que, dans le domaine de la power-ballad, les SCORPIONS restent les maîtres.

Ballades, chutes de studios et nouveaux morceaux mis ensembles, Return To Forever s'impose donc comme un album convaincant, dont l'agencement laisse néanmoins parfois à désirer. Si l'énergie est présente, on aurait aimé qu'elle soit plus brute, et moins phagocytée par des arrangements faussement modernes et des choeurs étouffants qui amoindrissent l'impact de l'ensemble. Et puis, il est évident que certains titres plus faibles auraient gagné à être remplacés par quelques uns des nombreux bonus disponibles sur les diverses éditions de l'album. En intégrant par exemple le mordant "Delirious", à la fois contemporain et énergique, ou "Crazy ride", un titre direct, résolument ancré dans les années 80, et aux paroles aux allures de bilan ("A nameless band / back in 65 / It feels like yesterday"), l'album aurait gagné en impact et en cohésion. De même, "Dancing With the moonlight" (également utilisé sur le MTV Unplugged" ou l'immédiat "One and One is Three" auraient mérité d'être intégrés à la version standard de l'album, permettant ainsi à ce dernier de bénéficier d'une homogénéité salvatrice, et d'une ambiance générale foncièrement hard rock et énergique.

S'il s'agit du dernier, alors reconnaissons à SCORPIONS le mérite d'avoir réussi à nous faire vibrer de nouveau, grâce à une bonne poignée de titres dignes d'être présentés en pleine lumière. Quel dommage qu'il faille trier et laisser de côté quelques morceaux ruinés par des arrangements inutilement alambiqués ou des mélodies indignes de la légende. Il faut vous faire votre montage et votre propre découpage pour tirer des 19 titres proposés un excellent album 12 titres, et faire preuve d'une petite dose de persévérance. Moins consistant que Sting In The Tail, Return To Forever se fait à la fois moins inspiré et plus explosif. Une sorte de big bang, vers l'infini et au-delà.

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- Klaus Meine (chant)
- Rudolf Schenker (guitare)
- Matthias Jabs (guitare)
- James Kottak (batterie)
- Pawel Maciwoda (basse)


1. Going Out With A Bang
2. We Built This House
3. Rock My Car
4. House Of Cards
5. All For One
6. Rock’n’roll Band
7. Catch Your Luck And Play
8. Rollin' Home
9. Hard Rockin' The Place
10. Eye Of The Storm
11. The Scratch
12. Gypsy Life
- Bonus Divers
13. The World We Used To Know
14. Dancing With The Moonlight
15. When The Truth Is A Lie
16. Who We Are
17. Delirious
18. One And One Is Three
19. Crazy Ride



             



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