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Frank ZAPPA - You Can't Do That On Stage Anymore, Vol.4 (1991)
Par LE BARON le 15 Octobre 2016          Consultée 405 fois

Et de 4 ! Inutile de rappeler le concept de cette série, je l’ai assez fait. La juxtaposition – voire le mélange – de prises de son de différentes époques ne paraît plus aussi exotique que dans les premiers disques de la série. L’auditeur a certainement eu le temps de s’accoutumer au procédé, mais ZAPPA nous offre ici un album encore mieux maîtrisé. Le concept de base demandait peut-être un peu de pratique ? Quoiqu’il en soit, l’ensemble est très équilibré et ne semble plus forcément mettre en avant une formation ou une autre. On traverse les époques (de 1969 à 1988) avec aisance, et grand plaisir. On peut même jouer à reconnaître les différents groupes au son des instruments ou des voix. Rendons hommage à Bob Stone, l’ingénieur du son de ZAPPA, qui a mixé et édité toute la collection !

La maîtrise technique du mixage est épatante, mais elle ne fait que servir la maîtrise de l’exécution musicale. Le mélange des époques permet entre autres de mesurer le chemin parcouru par ZAPPA sur scène pendant près de 20 ans, notamment dans la direction d’orchestre. La comparaison entre les premiers MOTHERS OF INVENTION et le groupe de 1988, avec bien sûr toutes les formations intermédiaires, permet d’entendre une progression phénoménale*. Et si j’aime beaucoup les premiers albums, l’énorme travail réalisé par ZAPPA au fil du temps me porte à croire qu’il n’a fait que s’améliorer. Bien sûr, les débuts furent épiques, et la bande de Freaks composant les MOTHERS était formidablement sympathique. Mais en termes de technique musicale, eh bien… Il n’y a pour moi pas de doute, les groupes ultérieurs sont meilleurs, jusqu’à atteindre au sublime en 1988.

Résumons-le ainsi : j’ai toujours l’impression que l’on parle des MOTHERS avec déférence. Pourquoi pas ? Cela ne devrait toutefois pas nous empêcher d’apprécier le reste de l’œuvre de ZAPPA. Car les MOTHERS, rappelons-le, c’est avant tout un groupe qui accompagnait ZAPPA. Il en était le compositeur, l’auteur, le directeur musical, etc. Comme tous les grands artistes qui travaillent avec les autres (compositeurs, cinéastes, chorégraphes), ZAPPA était un type formidable, doublé d’un tyran. Il écrivait et dirigeait, dans tous les sens du terme. Cela ne signifie pas que les musiciens n’avaient pas d’espaces de liberté. Mais il s’agissait d’espaces, disons, encadrés. Au fond, les premiers MOTHERS jouissent du même type d’aura que le VELVET UNDERGROUND. Mythiques et fondateurs, ils sont pourtant un point de départ, pour ZAPPA dans un cas, pour Lou REED dans l’autre, et nullement une fin en soi. C’est flagrant dans ce volume. Les quelques plages de 1969 sont amusantes, mais n’ébouriffent pas complètement.

Que trouve t-on d’autre ? Les amateurs goûteront des versions de morceaux connus qui évoluent. Parfois, c’est le tempo qui est beaucoup plus rapide (un « Disco Boy » de 1982), ou l’arrangement qui est entièrement revu (« The Black Page », ou « Approximate » et ses quelques mesures de « Stayin’Alive »). Il y a aussi le passage en « Live » qui donne de la saveur à des morceaux moins intéressants dans leur version studio : « Teen-Age Wind », par exemple, ou les merveilleuses versions de « Brown Moses » et « The Evil Prince », dans lesquelles Ray WHITE est magnifique. Bien que ces deux chansons soient extraites du pénible Thing-Fish, elles prennent ici une saveur lyrique insoupçonnée.

La maîtrise de ZAPPA chef d’orchestre est donc particulièrement brillante, et si évidemment démontrée ! On peut au plus lui reprocher une certaine « efficacité » ne caressant pas forcément l’auditeur dans le sens du poil : deux morceaux sont résumés à leurs épisodes solo, « Let’s Move To Cleveland** » et « Pound For A Brown ». Dans les deux cas, une ou deux mesures d’introduction auraient pu être appréciées, mais ZAPPA s’en moque. Il a beaucoup de musique à nous faire entendre, et se débarrasse de ce qu’il considère comme sans intérêt. Petit défaut peut-être ? Bah ! Il suffit d’écouter, au hasard, la majestueuse version de « Filthy Habits » de 1988 pour tout pardonner.

Je ne peux clore cette chronique sans signaler enfin la première version de « The Torture Never Stops », avec CAPTAIN BEEFHEART, un blues répétitif et pas forcément passionnant. ZAPPA a donc réécrit totalement la musique avant de la publier sur Zoot Allures. Encore une fois, il a évolué, et pour le meilleur qui plus est.

On ne peut qu’être admiratif. Ce disque démontre combien les groupes de ZAPPA forment au fil du temps une véritable machine de guerre, de plus en plus brillante, mais – c’est peut-être là que, pour certains, le bât blesse – parfois moins spontanée. Qu’importe ! Ce quatrième volume est formidable, tout simplement.


*A ce stade de la chronique, il est possible que les farouches défenseurs des premiers MOTHERS commencent à friser de la moustache.

**Avec Archie Shepp au saxophone ténor.

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You Can't Do That On Stage Anymore Vol.1 (1988)
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   LE BARON

 
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- Frank Zappa (guitare, voix)
- Captain Beefheart (harmonica, voix)
- Mike Keneally (guitare, synthétiseur)
- Lowell George (guitare)
- Ike Willis (guitare, voix)
- Ray White (guitare, voix)
- Steve Vai (stunt guitar, zucchini)
- Denny Walley (guitare slide, voix)
- Walt Fowler (trompette)
- Paul Carman (saxophone alto)
- Albert Wing (saxophone ténor)
- Kurt Mcgettrick (saxophone baryton)
- Napoleon Murphy Brock (saxophone, voix)
- George Duke (claviers, voix)
- Bruce Fowler (trombone)
- Buzz Gardner (trompette)
- Ian Underwood (clarinette)
- Bunk Gardner (saxophone ténor)
- Motorhead Sherwood (saxophone baryton)
- Bobby Martin (claviers, saxophone, voix)
- Don Preston (caviers, électronique)
- Alan Zavod (claviers)
- Tommy Mars (claviers)
- Peter Wolf (claviers)
- Dave Samuels (vibraphone)
- Ruth Underwood (percussions)
- Ed Mann (percussions)
- Roy Estrada (basse, voix)
- Tom Fowler (basse)
- Scott Thunes (basse)
- Patrick O'hearn (basse, voix)
- Arthur Barrow (basse, claviers)
- Terry Bozzio (batterie)
- Jimmy Carl Black (batterie)
- Arthur Dyer Tripp Iii (batterie)
- David Logeman (batterie)
- Chester Thompson (batterie)
- Ralph Humphrey (batterie)
- Chad Wackerman (batterie)
- Vinnie Colaiuta (batterie)
- Archie Shepp (saxophone ténor sur 'let's move to cleveland')


- you Can't Do That On Stage Anymore, Vol.4
1. Little Rubber Girl
2. Stick Together
3. My Guitar Wants To Kill Your Mama
4. Willie The Pimp
5. Montana
6. Brown Moses
7. The Evil Prince
8. Approximate
9. Love Of My Life
10. Let's Move To Cleveland - Solos (1984)
11. You Cal That Music ?
12. Pound For A Brown - Solos (1978)
13. The Black Page (1984)
14. Take Me Out To The Ball Game
15. Filthy Habits
16. The Torture Never Stops (original Version)

1. Church Chat
2. Stevie's Spanking
3. Outside Now
4. Disco Boy
5. Teen-age Wind
6. Truck Driver Divorce
7. Florentine Pogen
8. Tiny Sick Tears
9. Smell My Beard
10. The Booger Man
11. Caroline Hard-core Ecstasy
12. Are You Upset ?
13. Little Girl Of Mine
14. The Closer You Are
15. Johnny Darling
16. No, No Cherry
17. The Man From Utopia
18. Mary Lou



             



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