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- Style : Spike Jones , The United States Of America
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Frank ZAPPA - Boulez Conducts Zappa : The Perfect Stranger (1984)
Par LE BARON le 1er Juin 2016          Consultée 809 fois

En 1984, Pierre Boulez, l'ancien gardien du temple du dodécaphonisme, a mis un peu d'eau dans le vin de sa définition de la musique contemporaine. Il est cependant toujours d'une intransigeance défiant toute concurrence. L'entendre diriger la musique de Frank ZAPPA, voilà une surprise !

Pour ZAPPA, le premier disque joué par le London Symphony Orchestra était déjà une démonstration du côté « sérieux » de sa musique et de son souhait d'être reconnu par une autre sphère musicale que celle du rock. Mais Kent Nagano, qui a dirigé le LSO, n'a pas l'aura de Pierre Boulez, loin s'en faut.

Pierre Boulez est un très grand chef d'orchestre, ses enregistrements le prouvent. Il apporte une grande clarté à la musique la plus touffue. Bien qu'il soit toujours reconnu comme compositeur, il a fort peu écrit. Il serait intéressant de s'interroger sur ce qui a permis à cet homme brillant et remarquablement intelligent de régner sur la musique contemporaine pendant des décennies, sans composer ou presque.

Qu'est-ce qui a pu lier ces deux hommes ? En dehors de leurs intelligences respectives, je ne vois que le goût de la provocation et le sens de l'ironie. Mais là où ZAPPA a toujours écrit une musique vibrionnante, exubérante, parfois jouissive, Boulez est toujours resté un intellectuel froid, loin des sensations que la musique apporte. Sensations dont il se méfiait comme d'un artifice nous empêchant justement d'entendre correctement des œuvres, embarqués que nous serions dans notre propre plaisir. Ne nous y trompons pas, Boulez est admirable à bien des égards. Mais disons-le également : sa rencontre avec ZAPPA est factice et ne suscite guère d'enthousiasme.

L'Ensemble Intercontemporain n'exécute (c'est le mot) en fait que 3 œuvres sur les 7 proposées : « The Perfect Stranger », « Naval Aviation In Art » et « Dupree's Paradise ». Dans les trois cas, c'est la froideur qui domine. Nul doute que l'orchestre joue toutes les notes écrites sur la partition. ZAPPA, dans les notes intérieures, félicite même Pierre Boulez « pour avoir eu la patience d'exiger une exécution parfaite des triolets diaboliques de la page 8 » sur le morceau titre. Que la musique soit complexe, c'est évident. Mais la complexité est ennuyeuse si elle est désincarnée. C'est malheureusement le cas ici. Même constat pour la reprise de « Naval Aviation In Art », déjà édité sur « Orchestral Favorites » (et « Läther »), qui tombe à plat. « Dupree's Paradise », dont on découvrira ultérieurement que ZAPPA l'a beaucoup joué avec la troisième version des Mothers Of Invention, et de façon ô combien délectable, est également décevante. Seule l'introduction laisse quelqu'espoir, mais de courte durée.

Les 4 autres morceaux sont des créations ou des reprises que ZAPPA à enregistrés avec le « Barking Pumpkin Digital Gratification Consort ». Ce que ZAPPA appelle ainsi n'est pas un groupe, mais ZAPPA lui-même, aidé de deux programmeurs, utilisant le Synclavier. Ce synthétiseur informatisé demande en effet quelques connaissances techniques. Et là également, cela ne prend pas. Et cela est clairement dû à l'usage du Synclavier qui, s'il a permis à ZAPPA de créer des œuvres extrêmement complexes, voire injouables par des musiciens, est d'une grande pauvreté sonore. Il faudra malheureusement en reparler, puisque le Synclavier va prendre une place de plus en plus importante dans la musique de ZAPPA.

S'il y a objectivement fort peu de déchets dans la discographie de ZAPPA, cet album en fait partie. Il ne vaut au fond que comme témoignage d'une rencontre ratée entre deux monstres de la musique. A proscrire.

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   LE BARON

 
  N/A



- Ensemble Intercontemporain
- Pierre Boulez (direction)
- Lawrence Beauregard, Sophie Cherrier (flûtes)
- Lazlo Hadady, Didier Pateau (hautbois)
- Alain Damiens, Paul Meyer (clarinettes)
- Guy Arnaud (clarinette basse)
- Jean-marie Lamothe (basson)
- Jacques Deleplancque, Jens Mcmanama (cors)
- Antoine Cure, Jean-jacques Gaudon (trompettes)
- Jérôme Naulais, Benny Sluchin (trombones)
- Gérard Buquet (tuba)
- Vincent Bauer, Michel Cerutti, Daniel Ci (percussions)
- Pierre-laurent Aimard, Alain Neveux (pianos)
- Marie-claire Jamet (harpe)
- Charles-andré Linale, Jacques Ghestem, M (violons)
- Garth Knox, Jean Sulem (altos)
- Chrichan Larsson, Pierre Strauch (violoncelles)
- Frédéric Stochl (contrebasse)
- ----------------
- The Barking Pumpkin Digital Gratificatio
- Franck Zappa
- David Ocker
- Steve Difuria


- Boulez Conducts Zappa : The Perfect Stranger...
1. The Pefect Stranger
2. Naval Aviation In Art ?
3. The Girl In The Magnesium Dress
4. Dupree's Paradise
5. Love Story
6. Outside Now Again
7. Jonestown



             



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