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BLUES-ROCK / ROCK  |  STUDIO

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Frank ZAPPA - You Can't Do That On Stage Anymore, Vol.5 (1992)
Par LE BARON le 30 Octobre 2016          Consultée 396 fois

Chaque nouveau volume de la série YCDTOSA est une surprise. Les pochettes renseignent peu, et si l’on jette un œil au dos, on découvre certes la liste des titres, mais cela ne donne guère d’indications. Il faut donc, en savourant l’attente, se prévoir un peu plus de 2 heures pour écouter la chose. Si l’on est impatient, on lit les notes qui donnent les dates d’enregistrement, les noms des musiciens, et parfois quelques anecdotes. Mais si l’on veut vraiment se laisser surprendre, il faut juste écouter, sans rien lire, afin de ne pas risquer de préformer son jugement. Car l’auditeur de ZAPPA, enfin celui qui a déjà écouté les précédents volumes, a déjà des avis tranchés. Ce ne sont pas forcément des morceaux que l’on préfère à d’autres, mais plutôt telle ou telle formation.

Ce volume 5 est donc attendu fébrilement : où ZAPPA va t-il nous emmener cette fois-ci ? Quel morceau inédit va t-il nous offrir ? Quelle version délirante d’un morceau connu ? Va t-il continuer à créer une musique hybride pouvant mêler la section rythmique d’une époque avec un chorus de guitare d’une autre ? On est attentif, heureux, une certaine fébrilité s’empare de nous. Or, la première constatation nous refroidit un peu. Ce cinquième volume est en effet clairement scindé en deux : un premier disque pour les premiers MOTHERS, un second pour la tournée de 1982. On n’est donc plus dans le mélange des époques qui donnait pourtant son charme à cette série.

ZAPPA a toujours eu une activité débordante, voire frénétique. En 1992, année de sortie de ce YCDTOSA, il continue d’enchaîner les albums les uns à la suite des autres, même s’il n’enregistre malheureusement plus. Sa dernière tournée remonte à 1988, son dernier album « studio », c’est à dire sa dernière création totalement nouvelle, remonte à 1986 (Jazz From Hell), et encore ! Il s’agissait presqu’exclusivement de morceaux joués au Synclavier. On peut donc avoir l’impression que ZAPPA cède à une certaine facilité. Non dans le contenu, nous allons en parler, mais dans la forme. Cela ressemble en effet ni plus ni moins qu’à l’exploitation de ses gigantesques archives*. Alors voilà, ce cinquième volume est avant tout destiné aux amateurs convertis et « hard-core maniacs » de tout poil. Il ne constitue pas du tout un point d’entrée dans l’œuvre pour le néophyte curieux. En revanche, il contentera les fans sans problème.

Il y a d’abord de vraies retrouvailles avec les premiers MOTHERS, (entre 1965 et 1969). J’ai déjà dit ce que je pense de ce groupe en particulier, mais ZAPPA leur rend véritablement hommage, laissant à leur imagination débridée tout le terrain dont elle a besoin pour se déployer. Malheureusement, il faut dire que cette imagination est plus verbale que musicale. Alors, c’est drôle, parfois très drôle, mais on est souvent plus proche du spectacle de cabaret que de la musique pure. Cette dernière est par ailleurs encore très marquée par le blues, le rock et n’a pas encore atteint les sommets à venir. En fait, il s’agit ici de « happenings » avant tout. Et s’il est délicieux d’entendre une sonate de MOZART agrémentée de ronflements et caquètements, il faut tout de même attendre le 8ème morceau, « Run Home Slow : Main Title Theme », suivi de « Little March » pour commencer à se régaler de musique pure. Mentionnons toutefois Ian UNDERWOOD, valeureux multi-instrumentiste, qui apporte de vraies qualités musicales, notamment avec un jazz tendance free lorsqu’il joue du saxophone.

Le deuxième disque est entièrement consacré à 1982. Si les premiers MOTHERS brillent par leur folie et leur sens de l’improvisation verbale allant jusqu’au sketch (« German Lunch », ou la mise en scène du passage d’une frontière européenne par ZAPPA et ses Freaks), le groupe de 1982 brille par son absolue virtuosité. Steve VAI en est évidemment un des éléments moteurs. Omniprésent (à gauche), le duo qu’il forme avec Ed MANN aux percussions est époustouflant. Les deux jouent à l’unisson et tricotent à toute vitesse : « Moggio » en est le meilleur exemple. Cela permet d’ailleurs de dire pourquoi la tournée de 1984 est moins bonne que celle-ci à mes oreilles. En 1984, il n’y a tout simplement pas de percussionniste ! Or, la symbiose que ZAPPA opère entre la guitare électrique et les percussions à claviers est une pure merveille, et un des éléments clef de sa musique.

Les chorus de guitare joués par ZAPPA sont également marqués par VAI et son goût du métal. La comparaison avec les soli du premier disque, tout à fait intéressante d'ailleurs, marque bien le chemin parcouru par ZAPPA. La liberté qu’il a gagnée au fil du temps est gigantesque, et cela est criant lorsque l’on compare 1982 à cette fin des années 60, beaucoup plus « académique » dans ce domaine.

Très bon disque, dont le (petit) défaut est d’être trop ordonné. Une période d’un côté, une deuxième de l’autre. On aurait préféré que les deux périodes soient mixées, et agrémentées d’autres groupes. Bah ! Il faut tout de même faire son délicat pour ne pas en tirer énormément de plaisir.


*Rappelons que ZAPPA a beaucoup enregistré, non seulement ses concerts, mais également plein d’autres choses, et notamment les bêtises que peuvent se raconter les musiciens dans le bus de tournée ou dans une salle d’attente d’aéroport.

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   LE BARON

 
  N/A



- Frank Zappa (guitare lead, voix)
- Lowell George (guitare, voix, guiro, swami)
- Elliot Ingber (guitare rythmique)
- Don Preston (claviers, électronique, bruits de poulet blessé)
- Buzz Gardner (trompette)
- Ian Underwood (saxophone alto, clarinette, piano électrique et ac)
- Bunk Gardner (saxophone ténor)
- Motorhead Sherwood (saxophone baryton, victime d'expériences méchantes)
- Roy Estrada (basse, voix, rire asthmatique, swami)
- Jimmy Carl Black (batterie, voix)
- Arthur Dyer Tripp Iii (batterie)
- Ray Collins (tambourin, voix)
- Noel Redding (danse)
- Dick Barber (étranglement de poulet en latex, voix)
- Kanzus J. Kanzus (chef d'oeuvre biologique, voix)
- ##
- Frank Zappa (guitare lead, voix)
- Ray White (guitare, voix)
- Steve Vai (stunt guitar)
- Tommy Mars (claviers, voix)
- Bobby Martin (claviers, saxophone, voix)
- Ed Mann (percussions)
- Scott Thunes (basse)
- Chad Wackerman (batterie)


- you Can't Do That On Stage Anymore, Vol.5
1. The Downtown Talent Scout
2. Charles Ives
3. Here Lies Love
4. Piano/drum Duet
5. Mozart Ballet - Piano Sonata In B Flat
6. Chocolate Halvah
7. Jcb & Kansas On The Bus #1
8. Run Home Slow: Main Title Theme
9. The Little March
10. Right There
11. Where Is Johnny Velvet ?
12. Return Of The Hunch-back Duke
13. Trouble Every Day
14. Proto-minimalism
15. Jcb & Kansas On The Bus #2
16. My Head ?
17. Meow
18. Baked-bean Boogie
19. Where's Our Equipment ?
20. Fz/jcb Drum Duet
21. No Waiting For The Peanuts To Dissolve
22. A Game Of Cards
23. Underground Freak-out Music
24. German Lunch
25. My Guitar Wants To Kill Your Mama

1. Easy Meat
2. The Dead Girls Of London
3. Shall We Take Ourselves Seriously ?
4. What's New In Baltimore ?
5. Moggio
6. Dancin' Fool
7. Rdnzl
8. Advance Romance
9. City Of Tiny Lites
10. A Pound For A Brown (on The Bus)
11. Doreen
12. Black Page #2
13. Geneva Farewell



             



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