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Frank ZAPPA - Joe's Garage (1979)
Par ONCLE VIANDE le 5 Juin 2008          Consultée 6888 fois

Triple album en deux CD, « Joe’s Garage » est un pavé dans la discographie de Frank ZAPPA, c’est aussi un disque controversé. Pour beaucoup c’est l’apothéose d’une critique sociale entamée en 1966 avec « Freak out ! », pour d’autres, c’est un disque inégal et démesuré. L’objet ne se prête guère aux appréciations quantitatives ; des longueurs, des titres faibles et beaucoup d’intermèdes, mais sa force est ailleurs.

« Joe’s Garage » nous projette dans une société fictionnelle où la musique est devenue illégale. Nul n’étant censé ignorer la loi, l’album est conçu comme un instrument de dissuasion (téléchargeable en zone blanche uniquement – cliquez ici –) et relate les mésaventures d’un contrevenant. Deux heures de pédagogie par l’exemple menées d’une voix de maître par le Big Brother de service, le « Central Scrutinizer ». Souriez vous êtes filmés.
Joe est un musicien minable mais sincère qui va être amené à renoncer à sa passion. Son histoire n’est qu’une suite de déconvenues et de confrontations avec l’ordre. Ses tentatives de compenser la musique par diverses pratiques échouent. La musique qui est dans sa tête devient alors son dernier refuge avant la dépression.
Les deux premiers actes sont dynamiques et pleins d’humour, majoritairement funk et très chargés sexuellement. On est dans le récit et la réalité. Le troisième acte appartient à l’imaginaire et fonctionne sur un mode différent. Les plages s’étirent, les textes se raréfient, laissent place à la morosité et aux flashbacks. Ce déséquilibre montre que « Joe’s Garage » a d’abord été conçu comme un tout au service d’un scénario en rien linéaire.
Zappa imagine une société corrompue et répressive où délation, hypocrisie et amalgames font bon ménage (girls, music, disease, heartbreak…they all go together). La musique est pour lui la chose la plus élevée (music is the best) et se retrouve naturellement au bas de l’échelle dans son inversion des valeurs. Malgré sa forme légère, « Joe’s Garage » est son travail littéraire le plus achevé et parvient à intégrer un grand nombre d’éléments à un même scénario. Religion, argent et politique sont toujours en première ligne, mais aussi le milieu artistique, la censure et la presse rock qu’il méprise. Comme d’habitude, Frank ne se prend pas au sérieux ; sexe et humour règnent en maîtres (yes !). La critique est affûtée, les running gags font mouche et les dialogues sont chauds bouillants (Fembot In A Wet T-Shirt). « Joe’s garage » parle d’abord aux zygomatiques et au bas ventre, éventuellement à la tête, au moins une fois au cœur (Watermelon In Easter Hay), ce qui est suffisamment rare pour être signalé.
« Joe’s Garage » enfin est un disque plus arrangé que composé. La musique est simple, inhabituellement linéaire, mais le travail d’orchestration très fouillé. Coté production c’est le grand luxe. Le disque possède un son extra-terrestre pour l’époque, servi par une formation haut de gamme. A noter les prestations de Vinnie Colaiuta, le meilleur batteur que Zappa ait eu à ses côtés (ce n’est pas peu dire), ainsi que quelques solos de guitare d’anthologie.

On n’a pas vu une telle somme de travail depuis « 200 motels ». Zappa signe ici son dernier disque rock d’envergure. De ces deux heures de musique on retiendra une poignée de grands titres (Keep it greasy, On the bus), un tube potentiel (Catholic girls), les envolées héroïques du troisième acte (Packard goose, Watermelon In Easter Hay) et l’apparition du reggae dans le rock zappien (Lucille, Sy Borg). « Joe’s garage » est un tout largement supérieur à la somme de ses parties. Sous ses allures triviales se cache un travail d’une extraordinaire rigueur où Zappa n’a laissé aucune place aux approximations. Son ouvrage le plus maîtrisé.

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- Frank Zappa (guitare, choeurs)
- Warren Cuccurullo (guitare rhythmique, choeurs)
- Denny Walley (guitare slide, choeurs)
- Ike Willis (chant)
- Peter Wolf (claviers)
- Tommy Mars (claviers)
- Arthur Barrow (basse, guitare sur 2, choeurs)
- Patrick O'hearn (basse sur 15 et 16)
- Ed Mann (percussion, choeurs)
- Vinnie Colaiuta (batterie)
- Jeff (sax tenor)
- Marginal Chagrin (sax baryton)
- Stumuk (sax)
- Dale Bozzio (choeurs)
- Al Malkin (choeurs)
- Craig Steward (harmonica)
- Casting :
- Ike Willis (joe)
- Frank Zappa (central scrutinizer, larry, l. ron hoover, father)
- Dale Bozzio (mary)
- Denny Walley (mrs. borg)
- Al Malkin (officer butzis)
- Warren Cuccurullo & Ed Mann (sy borg)
- Terry Bozzio (bald-headed john)
- Etc…


- acte I
1. The Central Scrutinizer
2. Joe's Garage
3. Catholic Girls
4. Crew Slut
5. Fembot In A Wet T-shirt
6. On The Bus
7. Why Does It Hurt When I Pee ?
8. Lucille Has Messed My Mind Up
- acte Ii
9. Scrutinizer Postlude
10. A Token Of My Extreme
11. Stick It Out
12. Sy Borg

1. Dong Work For Yuda
2. Keep It Greasey
3. Outsie Now
- acte Iii
4. He Used To Cut The Grass
5. Packard Goose
6. Watermelon In Easter Hay
7. A Little Green Rosetta



             



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