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SCORPIONS - Eye Ii Eye (1999)
Par GEGERS le 5 Février 2012          Consultée 3252 fois

Même les animaux les plus venimeux ont leurs moments de faiblesse. Le scorpion, bien malheureusement, n'échappe pas à la règle. Malgré une tournée 96-97 honnête, mettant en avant les grands succès du groupe plutôt que les quelques extraits de son dernier album en date, Pure Instinct (un opus plus calme et moins hard rock) a fait perdre des fans aux arachnides, qui peineront à s'en relever. Proche du split dans le courant de l'année 1998, le groupe se retrouve malgré tout dans l'envie commune de ses membres de continuer à proposer de la musique, coûte que coûte.

Une quinzaine de compositions sous le bras, le groupe se rend donc, fin 1998, dans les Alpes autrichiennes afin de les soumettre à son nouveau producteur, Peter Wolf. Et c'est le drame. Trop typées « hard rock 80's » pour lui, l'ex-compère de Frank Zappa met les chansons à la poubelle et renvoie les SCORPIONS à leur page blanche, leur intimant d'adopter des sonorités plus modernes et catchy s'ils souhaitent retrouver le devant de la scène. Comme un goût de déjà-vu pour les Allemands, qui furent renvoyés de la même manière en 1988 par leur producteur d'alors, Dieter Dierks, qui le paya de sa tête. Reste qu'à la fin des années 90, les SCORPIONS n'ont plus grand chose à perdre, et le monde à reconquérir. C'est donc avec conviction que le groupe s'attelle à sa tâche, n'hésitant pas à mettre à contribution ses deux dernières recrues en date, le bassiste Ralph Rieckermann et le batteur américain James Kottak.

Le résultat est donc cet album, Eye II Eye. Le quatorzième album studio des SCORPIONS, et probablement le plus détesté des amateurs. Est-il pour autant le plus détestable ? Une chose est sûre, cet album marque un changement radical dans l'orientation musicale du groupe. La pochette nous montre nos trois leaders à nu, sans artifice. Klaus Meine et Matthias Jabs assument enfin leur calvitie naissante, signe que la fin est proche ? On y pense, à cette inéluctable fin, alors que la galette débute avec « Mysterious », sa rythmique groovy, son riff moderne et ses samples electro. Plus que d'y penser, on pourrait presque en venir à la souhaiter. Inutile de préciser qu'avec une entame d'album comme celle-ci, le fan de Blackout, Love at First Sting et Crazy World se retrouve totalement désarçonné, désemparé. Il faut reconnaître, malgré tout et objectivement, certaines qualités à ce titre groovy doté d'un refrain imparable et d'un solo totalement novateur. Les SCORPIONS osent se mettre en danger, et méritent une oreille bienveillante, ne serait-ce que pour cette démarche qui ne s'avèrera malheureusement pas salvatrice.

Les surprises (et désillusions ?) se poursuivent avec « To be n°1 », tube pop-rock catchy taillé pour séduire le marché américain (ah, ce clip coquin, clin d'œil à l'affaire Clinton Lewinski...). Oui, nous sommes loin du hard rock, oui le morceau intègre un break funky, mais qui oserait prétendre résister à ce refrain instantané marqué par le retour des grosses guitares ? Et rien que pour ce solo à la talk-box, un outil dont Matthias Jabs s'est fait le spécialiste, ce titre récolte les suffrages de ceux qui osent oublier le SCORPIONS des années 80.
Poursuit-on l'énumération des petites révolutions ? « 10 light years away » se veut une semi-ballade aux sonorités orientales apportées par l'introduction à la sitar de Rudolf Schenker. Sympathique, bien qu'anecdotique. « Eye to eye » s'impose pour sa part comme une ballade pop rock acoustique, empreinte de l'émotion véhiculée par un Klaus Meine traitant de la perte de son père quelques moins plus tôt. « Du bist so schmutzig » constitue pour sa part un véritable tsunami, puisqu'il est le premier morceau des SCORPIONS chanté en langue allemande. Typé rock moderne, ce titre voit le batteur James Kottak se fendre d'un break « rappé » en anglais, et fera bide sur bide lors des concerts du groupe, comme en témoignent les bootlegs qui montrent un Klaus Meine pourtant motivé tenter vainement de faire reprendre le refrain à un public américain amorphe. Dernière surprise, la ballade finale piano/voix (« A moment in a million years »), une magnifique pièce signée intégralement de la main de Klaus Meine, riche d'une sensibilité à fleur de peau la transformant tout simplement en une des plus belles réussites du groupe dans le style.

Voilà, la galerie des horreurs (tout du moins selon le point de vue du fan de hard rock extrémiste) est terminée. Car Eye II Eye propose également son lot de titres hard rock/ heavy de fort belle facture. On pense tout d'abord au diptyque « Mind like a tree » / « Yellow butterfly » dont les riffs plombés et les ambiances résolument sombres et agressives peuvent rappeler des morceaux comme « China White » ou « Animal Magnetism ». Et puis il y a ces pièces hard rock résolument modernes mais ancrées dans une tradition plus familière, qui s'apprécient au fil des écoutes et s'imposent comme les respirations salvatrices d'un album difficile d'accès. « Skywriter » et son refrain céleste, la mordante « Priscilla » et son aura érotique (malgré un Klaus Meine traitant d'un... cafard nommé du même patronyme que l'ex-femme Prestley, pas un hasard...), et « Aleyah », un titre surprenant et agressif à l'aura envoutante et délectable.

Finalement, restent ces quelques titres résolument dispensables que sont les ballades « Obession » et « What you give you get back », ainsi que l'horripilante et pachydermique « Freshly Squeezed ». Bien sûr, les arrangements modernes et les morceaux les plus éloignés du style des SCORPIONS feront grincer des dents, et l'album dans l'ensemble se verra tiré vers le bas. Un album qui fit d'ailleurs (et étrangement) un tabac en Malaisie, puis fut renié par le groupe, qui avouera qu'il n'aurait jamais du sortir cet album sous le nom de SCORPIONS. S'ensuivit une nouvelle tournée, jouée dans des salles de concerts à moitié vides (inutiles de préciser que le plan de reconquête fumeux mis en place Peter Wolf est tombé à l'eau), puis une timide réhabilitation de l'opus ces dernières années, le groupe interprétant de nouveau « A moment in a million years » sur quelques dates. Malgré ses quelques éclairs de génie, Eye II Eye reste donc un album dispensable dans la discographie des SCORPIONS, mais également un opus loin d'être inintéressant. A (re)-découvrir, en mettant de côté ses préjugés.

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- Klaus Meine (chant)
- Rudolf Schenker (guitare)
- Matthias Jabs (guitare)
- James Kottak (batterie)
- Ralph Rieckermann (basse)


1. Mysterious
2. To Be No. 1
3. Obsession
4. 10 Light Years Away
5. Mind Like A Tree
6. Eye To Eye
7. What U Give U Get Back
8. Skywriter
9. Yellow Butterfly
10. Freshly Squeezed
11. Priscilla
12. Du Bist So Schmutzig
13. Aleyah
14. A Moment In A Million Years



             



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