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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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Frank ZAPPA - Freak Out ! (1966)
Par ONCLE VIANDE le 14 Novembre 2006          Consultée 11688 fois

Quand Frank Zappa intègre les Mothers of Invention en 1964, tout, de son parcours à ses motivations, en passant par sa culture et sa stratégie musicale, en fait un personnage à part.
Issu d’une une famille italienne immigrée aux Etats-Unis en 1939, Francis Vincent Zappa de son vrai nom, eut une véritable éducation musicale, académique puis autodidacte. De son premier instrument, la percussion classique, il dériva rapidement vers la guitare qu’il jugea plus abordable.
Ce qui l’intéresse, bien au-delà de la simple pratique d’un instrument, c’est la composition. Passionné très jeune par la musique contemporaine et admirateur d’Edgar Varèse, son maître, Zappa composera ses premières œuvres classiques vers 1961.

Les Mothers of Invention sont plus qu’un groupe, c’est une troupe, une tribu, à la fois miroir et porte parole de la communauté « Freak » californienne.
Zappa se sent peu concerné par cette communauté aux mœurs libres et au folklore bon enfant, mais cette agitation culturelle qui anime le Los Angeles des sixties constitue pour son groupe une puissante vitrine avec laquelle il prendra soin de s’associer sans jamais s’identifier.

« Freak out ! » est le premier double album de rock enregistré, (à cheval sur 65/66) mais en raison des lenteurs de la maison de disque, il ne sortira qu’en juillet, soit deux mois après le « Blonde on Blonde » de Bob Dylan.
La stratégie de Frank Zappa est déjà limpide même s’il elle demeure obscure pour son entourage, et à plus forte raison, pour son public. Toute sa carrière artistique sera le support à un discours politique visant à fustiger la bêtise humaine sous toutes ses formes. Dérision, satire, provocations diverses, diatribe virulente… et sa cible favorite, l’Amérique et ses dérives : argent, politique, conservatisme de tout poil (sexuel, religieux, ethnique). On dit que les grands artistes ne dissocient pas l’oeuvre d’une certaine conscience citoyenne, et en cela, Frank Zappa est assurément un artiste de tout premier plan.
Il comprend rapidement que seule la musique populaire est apte à véhiculer son discours et à toucher le plus grand nombre. Elle sera un terrain de jeu, d’expérimentation et d’innovation, mais jamais « une chose très sérieuse ».

« Freak out ! », double album donc, mais de durée modeste (une heure), est un disque à la schizophrénie réfléchie. La première partie déroule des chansons aux influences multiples : les Stones (Hungry Freaks Daddy), le doo wop (Go cry on sombody else’s shoulder), le rythm’n blues et le jazz. Les textes abordent divers problèmes de société (racisme, communautarisme, mœurs, répression : Who are the brain police ?) avec un second degré déjà assumé (vraies ou fausses chanson d’amour ?), un sens de la parodie (imitation de Dylan sur l’intro « Go cry on somebody… »), et un ton plus proche du chroniqueur amusé que du militant engagé, comme ce fut le cas pour Joan Baez.

Chansons pour teenagers certes, mais dans lesquelles Zappa prend soin d’injecter ce qu’il faut d’arrangements recherchés et d’harmonies anodines pour en faire des joyaux pop à la richesse musicale évidente.
A partir de « Trouble every day », le ton change radicalement et la musique jusqu’ici plutôt sage laisse place aux émancipations les plus provocatrices. Séquences étouffantes (Help, I’m a rock), structures éclatées (It can’t happen here), et bien sûr, la pièce maîtresse sur laquelle repose tout l’album, « The return of the son of Monster Magnet » : douze minutes tribales, hip hop avant l’heure, ondes sinusoïdales et orgasmes féminins à la clef. A l’écoute de ce dernier titre, on éprouve le besoin de vérifier la date de l’album.

« Freak out ! » bénéficie d’une production remarquable pour l’époque et exploite des ressources studio inédites. Echos, reverb, stéréo, et un travail sur les bandes magnétiques qui fera date : accélérations, boucles, montages…
Frank Zappa enfin, assez peu présent en tant que guitariste et chanteur, s’y affirme déjà en chef d’orchestre rigoureux.
S’il n’est pas objectivement un chef d’œuvre, dans la mesure où il n’exprime pas au niveau le plus élevé l’art de l’artiste, « Freak out ! » peut prétendre au titre d’œuvre décisive. Il ouvrira la voie au rock moderne, changera à jamais notre appréciation de cette musique et pèsera sur les quarante années à venir.
Parmi les cinq disques les plus importants de la culture pop, ni plus ni moins.

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   ONCLE VIANDE

 
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- Ray Collins (chant, harmonica, percussions)
- Jim Black (batterie, voix)
- Roy Estrada (basse, voix)
- Elliot Ingber (guitare rythmique)
- Frank Zappa (chant, guitare, direction)


1. Hungry Freaks, Daddy
2. I Ain’t Got No Heart
3. Who Are The Brain Police ?
4. Go Cry On Somebody Else’s Shoulder
5. Motherly Love
6. How Could I Be Such A Fool ?
7. Wowie Zowie
8. You Didn’t Try To Call Me
9. Any Way The Wind Blows
10. I’m Not Satisfied
11. You’re Probably Wondering Why I’m Here
12. Trouble Every Day
13. Help, I’m A Rock
14. It Can’t Happen Here
15. The Return Of The Son Of Monster Magnet



             



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