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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Van Der Graaf Generator, Henry Cow, Sleepytime Gorilla Museum
- Membre : Robert Fripp , Andy Summers & Robert Fripp, Theo Travis & Robert Fripp , Bad Company, Porcupine Tree, Swans, Ministry, Uk, Giles, Giles And Fripp, Talking Heads, Camel, Yes, Uriah Heep, Emerson, Lake & Palmer, Alan Simon , Asia, Frank Zappa

KING CRIMSON - Islands (1971)
Par ONCLE VIANDE le 3 Novembre 2006          Consultée 7649 fois

Début 1971, Robert Fripp et Pete Sinfield concoctent une troisième mouture du Roi Cramoisi. Mel Collins, parti fin 70 revient miraculeusement, puis sont engagés Ian Wallace (batteur) et Raymond Burrell, dit « Boz », au chant. Robert Fripp écarte toute idée d’un chanteur non musicien au sein de son groupe, aussi Boz sera-t-il obligé d’apprendre la basse.
En mai, tout ce joli petit monde part enfin en tournée se faire la main. Le retour à la scène est une véritable bouffée d’oxygène. Elle est un ciment pour le groupe et va lui permettre d’aspirer à une certaine stabilité (un an et demi… une éternité).

Sur disque, Robert Fripp reprend le concept du large effectif afin de renouveler les prétentions symphoniques de Lizard. Sont donc de nouveau conviés en studio les musiciens de Centipede ainsi qu’une soprano, Paulina Lucas.
Il ne fait aucun doute que la section rythmique de Islands est rudimentaire, mais l’essence de l’album est ailleurs. Il s’agit avant tout d’un disque pop, (au sens beatlessien du terme), et ce, malgré la longueur trompeuse des morceaux. L’aspect rock est ici réduit à portion congrue, et l’essentiel de la trame sonore repose sur les musiciens de Centipede. La guitare de Fripp, en sommeil depuis un an, refait surface avec des couleurs très hendrixiennes, toute pédale fuzz dehors (« Ladies on the road ») ou inédites (le banjo-tôle-froissée de « Sailor’s Tale »).

Cet album demeure néanmoins peu surprenant et présente même de troublantes analogies avec Lizard (la fin de « The letters » et « Happy Familly », ou l’organisation de sa seconde face). Sa nouveauté, sans vouloir paraître féroce, provient justement de son ratage relatif : Islands est un creuset où exotisme, psychédélisme, pop, jazz et classique cohabitent, mais ne se fondent jamais ensemble. Il est indéniable que cet éparpillement confère son charme au disque, mais montre aussi ses limites.

Islands célèbre l’Angleterre sous toutes ses formes ; les Beatles (« Ladies on the road »… hommage ou pastiche ?), les épopées maritimes (« Sailors’ tale »), décidément très en vogue depuis « Poseidon » et « Devil triangle », et entretient une imagerie vieillotte, tour à tour exotique (les Baléares sur « Formentera Lady ») et victorienne (le post-romantique « Prélude »).

Ce disque reste le plus daté de tous, et la charmante patine historique dont il est recouvert ne parvient pas à gommer son psychédélisme « sixties » un peu désuet aujourd’hui. L’écriture se veut moins complexe que son prédécesseur, néanmoins, la musique n’usurpe pas son statut progressif, ne serait-ce qu’au niveau des arrangements et des recherches sonores (guitare et violon sur « Sailors’tale », présence de l’harmonium) et en profite pour retrouver des accents plus free et plus violents (le saxo fou de Mel Collins).

Islands clôt une tétralogie plutôt cohérente, tournée vers le passé et pétrie de mythologie. Un album nostalgique et romantique, dont les progressions lentes et les rythmes simples parvinrent à séduire les plus réfractaires au groupe. A la fois mineur et classique, un disque paradoxal… un disque de King Crimson donc.

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   (3 chroniques)



- Robert Fripp (guitare, mellotron, harmonium)
- Mel Collins (saxophone, flute, choeurs)
- Boz Burrell (basse, chant)
- Ian Wallace (batterie, choeurs)
- Pete Sinfield (textes, light show)
- Avec :
- Keith Tippett (piano)
- Mark Charig (cornet)
- Robin Miller (hautbois)
- Harry Miller (violoncelle)
- Paulina Lucas (soprano)


1. Formentera Lady
2. Sailor’s Tales
3. The Letters
4. Ladies On The Road
5. Prelude : Song For The Gulls
6. Islands



             



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