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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Van Der Graaf Generator, Henry Cow, Sleepytime Gorilla Museum
- Membre : Robert Fripp , Andy Summers & Robert Fripp, Theo Travis & Robert Fripp , Bad Company, Porcupine Tree, Swans, Ministry, Uk, Giles, Giles And Fripp, Talking Heads, Camel, Yes, Uriah Heep, Emerson, Lake & Palmer, Alan Simon , Asia, Frank Zappa

KING CRIMSON - Beat (1982)
Par ONCLE VIANDE le 17 Mai 2007          Consultée 6616 fois

« Les mains sur le buzzer…
Top ! Je suis l’album le plus court de King Crimson, je parais en 1982 et contiens le seul titre radiophonique du groupe, je suis réputé comme le plus pop ce qui me vaudra d’être snobé par quelques passéistes indécrottables, ma pochette arbore une note de musique rose sur fond bleu, certains de mes titres s’inspirent de la littérature de la beat generation, je contiens deux lignes de français mais pas une note de charleston, je suis néanmoins considéré comme le plus rythmique, introduisant la batterie électronique dans la musique du roi, je suis ? je suis ? … »

A cette liste de particularités, je m’empresserai d’ajouter que « Beat » représente une première dans l’histoire de King Crimson puisqu’il conserve la formation de l’album précédent. Plus qu’un détail biographique, cette remarque met en évidence l’instabilité chronique du groupe de Bob Fripp, même si cette « géométrie variable », plus subie que voulue, s’est davantage révélée une force qu’un handicap.
Deuxième volet d’une trilogie placée sous le signe des couleurs primaires, « Beat » n’a pas la puissance (ré)novatrice de « Discipline » ni l’attrait expérimental de « Three of a perfect pair », mais le groupe n’a jamais été aussi proche du modèle qu’il s’était fixé pour ce nouveau cycle, et le disque bleu reste le plus fidèle à l’esprit initial du projet : un rock expérimental par ses technologies et en prise avec son temps par sa grammaire : une new wave rythmée, parfumée de world music et circonscrite au format chanson.
King Crimson n’a jamais sonné aussi pop mais l’innovation est toujours là. Les trouvailles sonores sont une fois de plus remarquables. Timbres hybrides, boucles métalliques, guitares high tech et tôles froissées atteignent une sorte de perfection par l’emploi. Une palette sonore prodigieuse mise au seul service des compositions. Les titres courts et simples parviennent presque toujours à esquiver le classique couplet/refrain au profit de structures ternaires A-B-A ou A-B-C qui passent comme des bonbons au miel. Là encore, l’élaboration sert la simplicité.
« Beat » dégage une volonté de discrétion, voire d’humilité, ne serait-ce que par sa pochette et sa brièveté. King Crimson ne revendique pas son statut de monstre sacré, mais se pose en groupe neuf, au passé vierge, revenant à la case départ comme pour mieux être en phase avec son temps. Le roi ôte sa couronne et descend parmi ses sujets, s’obligeant à retrouver par le seul mérite un prestige révolu.
Peut-être trop soucieux de coller à une époque, non pour des raisons de modes mais pour les motifs évoqués, le groupe se laisse aller à une ballade, « Two Hands » sur un texte de Margaret Belew, plutôt touchante et réussie, et à une petite facilité nommée « Heartbeat », faute de goût qu’Adrian Belew semble regretter aujourd’hui, et qu’on pourra de bon droit juger « commerciale pour du King Crimson » (vous apprécierez les guillemets).
Le titre du disque tient ses promesses et met à l’honneur Bill Bruford qui exploite les timbres électroniques de ses caisses et s’abandonne à un travail purement jazzistique sur « Neurotica » et « Requiem ». Cette improvisation sera la seule touche extrême d’un disque plutôt sage, un mariage free-jazz-métal annonçant le terrorisme de Naked City. Tony Levin affirme son rôle de multi-bassiste par l’emploi et les traitements appliqués à son arsenal : fretless, slap, stick et contrebasse. Adrian Belew perd ses accents déclamatifs typiquement byrniens et trouve enfin sa voie(x), même si les similitudes de timbres persisteront.
Potentiellement sans concurrent sérieux à cette époque, King Crimson opte pour une expérimentation accessible, au même titre que Peter Gabriel, Talking Heads ou David Bowie du temps de sa trilogie berlinoise, et démontre que l'innovation est soluble dans la pop.
Quelque part entre « Remain in light » et « Peter Gabriel IV », le label virtuosité en plus, « Beat » n’entache l’image du roi que pour ceux qui en ont une image figée, et donc fausse. King Crimson semble encore plus à l’aise dans ses habits new look que dans sa précieuse étoffe seventies. Il y réduit sciemment son terrain de jeu mais prend un plaisir nouveau à exister. Une période de relatif confort après les tensions et les incertitudes passées. Que demande le peuple ?

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   (2 chroniques)



- Adrian Belew (guitare, chant)
- Bill Bruford (batterie)
- Robert Fripp (guitar, orgue, frippertronics)
- Tony Levin (stick, basse, support vocal)


1. Neal And Jack And Me
2. Heartbeat
3. Sartori In Tangier
4. Waiting Man
5. Neurotica
6. Two Hands
7. The Howler
8. Requiem



             



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