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KING CRIMSON - Live At The Zoom Club (2002)
Par WALTERSMOKE le 21 Février 2016          Consultée 488 fois

Si nombreux ont été les musiciens qui ont fait un court passage chez King Crimson, celui de Jaime Muir est loin d'être anecdotique. En effet, le percussionniste est associé au pic de créativité du groupe mené par Robert Fripp, qui a commencé sur les chapeaux de roue dès l'automne 1972. On peut aisément imaginer que les sujets du Roi avaient pu être choqués de passer du quatuor de Islands, assez combatif, à un quintette déchaîné alignant tout aussi bien les performances inoubliables des musiciens que des improvisations bruyantes et féroces. Malheureusement, il n'y a que peu de témoignages de cette époque, d'une part par rapport au départ précipité de Muir, dont on regrette qu'il ne soit pas resté plus longtemps, et d'autre part parce que moins de personnes semblent s'être jetées sur les magnétos pour enregistrer des bootlegs.

Des bandes live de cette précieuse période existent cependant, et ont longtemps tourné sous le manteau avant leur officialisation par DGM Live au début des années 2000. Live at the Zoom Club est de ceux-là. Enregistré en octobre 1972 à Francfort, il s'agit pour commencer d'un gros objet. C'est en effet un double live généreux, puisque durant près de deux heures. La tracklist fait état de la présence de l'album Larks' Tongues in Aspic (1973) dans sa totalité, des mois avant sa sortie studio, ce qui laisse présager des versions complètement inédites et donc dignes d'intérêt. Mais ce sont les impros qui dominent ici, avec notamment un monstre de 44 minutes justifiant à lui tout seul le format de l'album. A priori, il y a là de quoi se régaler.

C'est le cas... ou du moins, pour les oreilles les plus aguerries. J'aimerais dire ça pour cause de déferlement de morceaux magmatiques, mais non, c'est à cause de la qualité du son, tout bonnement rude à encaisser. Les instruments sont noyés dans un brouhaha qui les étouffe, en particulier les percussions de Bruford et Muir. Il faut également faire une croix sur les nappes de mellotron, sauf sur les moments les plus calmes. Un gros point noir rédhibitoire, donc, mais qui curieusement renforce la crédibilité et la sincérité de King Crimson dans la gestion de son patrimoine.

Sitôt accepté ce point négatif, Live at the Zoom Club se révèle être un pur bonheur. King Crimson a livré ce soir-là une partition presque idéale, en ce qui concerne les morceaux de Larks' Tongues in Aspic. La moitié des morceaux apparaît clairement comme pas finie, ou du moins éloignée de ce à quoi l'album de 1973 nous avait habitué. Ainsi, la première partie du morceau-titre est amputée de son final (ce qui n'est pas un drame), de même pour "Easy Money" tandis que "Book of Saturday" est joué ici avec une batterie. On a quand même envie de dire merci à qui a eu l'idée de la retirer. Mais dans l'ensemble, il est tentant de se dire qu'on serait en présence de la meilleure interprétation live d'un album de King Crimson si le son n'était pas aussi médiocre.

Côté impros, "Z'Zoom" est le talon d'Achille de l'album, tant elle marque peu les esprits. En revanche, "Fallen Angel" attire l'attention. Et pas d'homonymie possible : il s'agit bien du morceau qu'on retrouve plus tard sur le légendaire Red (1974). On avait déjà eu un antécédent avec "A Peacemaking Stint Unrolls", retravaillé en "Larks' Tongues in Aspic", et donc l'histoire se répète. Cependant, un tel morceau est bien anecdotique comparé à "Zoom" et "Zoom Zoom". Le premier est un pavé de 22 minutes où David Cross brille à travers des soli de violon, et qui présente également un futur élément de "Lament", morceau que l'on retrouve sur Starless and Bible Black (1974). Il est quand même un peu dur à encaisser, même en mettant de côté la qualité sonore, mais voilà quelque chose qui aurait rendu The Great Deceiver encore plus décisif. "Zoom Zoom", pour sa part, doit être l'un des impros les plus longues de King Crimson, si ce n'est LA plus longue : 45 minutes, un véritable album entier. Le pavé est encore plus conséquent, mais aussi plus homogène quitte à lasser à certains moments. Toutefois, il faudrait être vraiment têtu pour refuser de reconnaître en King Crimson un groupe capable de coups de maître alors qu'il est sur le fil du rasoir, dans le monde si imprévisible de l'improvisation.

Parmi les fans de King Crimson, d'aucuns préféreront se pencher sur The Beat Club (1999), au son de bien meilleure qualité. Ce n'est pas une hérésie, Live at the Zoom Club souffrant vraiment trop de son son désagréable. Cependant, il est essentiel, non seulement pour son caractère historique, mais aussi pour les improvisations ici présentes, redoutables car démontrant tout ce que cinq musiciens pouvaient faire ensemble.

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- Robert Fripp (guitare, mellotron)
- David Cross (violon, flute, mellotron)
- Bill Bruford (batterie)
- Jaime Muir (percussions)
- John Wetton (basse, chant)


1. Larks' Tongues In Aspic, Part One
2. Book Of Saturday
3. Zoom
4. Zoom Zoom (impro)

1. Easy Money
2. Fallen Angel (impro)
3. Z'zoom (impro)
4. Exiles
5. The Talking Drum
6. Larks' Tongues In Aspic, Part Two



             



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