Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

Commentaires (7)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Van Der Graaf Generator, Henry Cow, Sleepytime Gorilla Museum
- Membre : Robert Fripp , Andy Summers & Robert Fripp, Theo Travis & Robert Fripp , Bad Company, Porcupine Tree, Swans, Ministry, Uk, Giles, Giles And Fripp, Talking Heads, Camel, Yes, Uriah Heep, Emerson, Lake & Palmer, Alan Simon , Asia, Frank Zappa

KING CRIMSON - Starless And Bible Black (1974)
Par ONCLE VIANDE le 11 Novembre 2006          Consultée 13175 fois

Réduit à un quatuor, King Crimson va désormais focaliser ses recherches et gagner en efficacité. Le groupe entreprend une tournée marathon et ne jouera pas moins de 105 concerts entre Mars et Novembre, concerts qui le mèneront en Europe et en Amérique du nord.
La scène, ce moteur créatif, ce lieu de risque et d’imprévu, est devenu l’essence même du groupe. Ecriture et improvisation n’auront jamais été à ce point confondues. King Crimson est en état de grâce et touche au génie pratiquement chaque soir avec des prestations qui feront date (voir le coffret « The Great Deceiver »).
« Starless and bible black » est un album souvent sous-estimé car mal compris. Il se veut le témoignage de cette puissance scénique et pousse le souci de fidélité jusqu’à inclure les errances et les approximations propres au direct (« The Mincer », « We’ll let you know »).
Les bandes live sont si parfaites qu’elles seront directement utilisées comme matières premières et ne subiront que quelques traitements destinés à gommer les manifestations du public. Si le son est moins fouillé, il n’en est que plus brut et plus authentique. Seuls deux titres et demi seront issus de séances studio : « The great deceiver », « Lament », et la seconde moitié de « The night watch » (la première provenant du concert d’Amsterdam de novembre).

Ici tout n’est que brûlures et stridences, et les ambiances champêtres d’autrefois n’ont plus leur place dans ce recueil austère et rigoriste, métallique et anguleux, et disons-le, ouvertement malfaisant.
Conçu pour le 33tr, « Starless and bible black » présente deux faces très différentes. La première est organisée comme une lente et laborieuse descente. Constituée de morceaux courts, chansons ou instrumentaux, elle dégage un sentiment de dégradation progressive, de perte d’énergie et de vitalité. Une gangrène semble ronger de plus en plus la musique qui finit par pourrir entre les lames du hachoir. La seconde face est ascendante et présente deux longs instrumentaux que tout oppose. « Starless and bible black », le chaos, et « Fracture », l’ordre poussé à son stade mathématique. Retourner le disque était un geste lourd de sens dont le CD nous prive aujourd’hui. Il s’agissait alors de tâtonner encore neuf minutes dans des ténèbres « sans étoiles » avant d’amorcer une irrésistible et fulgurante remontée.
Fracture est un édifice d’acier au sommet duquel tout le poids du disque repose. Une progression impassible, soumise aux lois géométriques et qui se gonfle lentement d’une énergie, jusque-là éparpillée, pour finalement exploser et libérer l’auditeur de toute les tensions accumulées.

J’aurais tout aussi bien pu évoquer la densité rythmique de « Lament », la grâce de « The night watch » ou encore la virginité de « Trio », mais considérer cet album sous le seul angle de ses titres ne suffit pas. Il y a ici un fil noir qui mène l’auditeur vers différents niveaux d’intensité, vers différentes états, et c'est dans cet itinéraire alchimique que réside toute entière l'âme du disque.

« Starless and bible black » est une cuirasse impénétrable, hérissée de pics et d’éclats coupants. Il requiert du temps et de la patience pour être pleinement apprécié. Un modèle de rigueur. Le sommet de l’art Crimsonnien.

A lire aussi en ROCK PROGRESSIF par ONCLE VIANDE :


KING CRIMSON
Red (1974)
Le testament du roi !

(+ 2 kros-express)



Frank ZAPPA
One Size Fits All (1975)
Rock progressif


Marquez et partagez





 
   ONCLE VIANDE

 
   WALTERSMOKE

 
   (2 chroniques)



- Robert Fripp (guitare, mellotron)
- Davd Cross (violon, alto, mellotron)
- Bill Bruford (percussions)
- John Wetton (basse, chant)


1. The Great Deceiver
2. Lament
3. We’ll Let You Know
4. The Night Watch
5. Trio
6. The Mincer
7. Starless And Bible Black
8. Fracture



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod