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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  LIVE

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- Style : Nektar, Steve Roach , Ashra, Manuel Göttsching
- Membre : Walter Wegmüller , Sergius Golowin , Richard Wahnfried , The Cosmic Jokers , Agitation Free, Klaus Schulze
- Style + Membre : Popol Vuh, Ash Ra Tempel, Peter Baumann , Edgar Froese
 

 Tangerine Dream Official Website (646)

TANGERINE DREAM - Poland (1984)
Par ARP2600 le 22 Novembre 2012          Consultée 1608 fois

Dans les années 80, la musique électronique instrumentale était admise dans les pays communistes grâce à l'absence de paroles et donc d'idéologie. Ainsi, Tangerine Dream s'est produit à Berlin Est en 80, Jean Michel Jarre en 81 en Chine. En 1983, c'est en Pologne que TD (et aussi, de son côté, Klaus Schulze) a pu faire un concert, le 10 décembre à Varsovie. Il faisait très froid mais cela a plus gêné les appareils que le public. Le groupe a dû batailler pour faire fonctionner le matériel sans trop d'interruptions. Malgré ces difficultés, la magie a opéré et ils ont livré une des meilleures performances de leur longue carrière. Fort heureusement, elle a été enregistrée. Comme toujours, il y a eu de l'édition en studio, mais le résultat dure tout de même 81 minutes. On trouve des vidéos du concert, où on constate que la musique n'est guère altérée, certaines longueurs ont été sabrées, ainsi que les pauses dues au froid. Enfin, on peut penser que tout n'est pas dans l'ordre exact du concert.

Quoi qu'il en soit, ce double album live est magistral, il s'agit d'un des grands sommets du groupe, et même d'un sommet de la musique électronique dans son ensemble. Durant ces quatre-vingts minutes, divisées en quatre actes et treize tableaux, diverses ambiances se succèdent mais un point commun est le minimalisme retrouvé de la musique. A vrai dire, cette tendance à revenir aux grands passages séquencés avait déjà pu être remarquée avec «Sphinx Lightning», la grande suite d'Hyperborea, dont on retrouve d'ailleurs le caractère analytique et des éléments rythmiques. La panoplie de sons est également d'une richesse comparable à cet album studio mais curieusement plus froide ; à noter une certaine présence de la guitare d'Edgar Froese, qui a d'ailleurs toujours estimé faire du rock, et la faible utilisation en live des échantillonneurs.

L'ouverture se nomme simplement «Poland» est constituée de deux parties d'environ onze minutes. La première chose que l'on entend est justement l'accord ouvrant «Spinx Lightning», preuve qu'on est bien dans la continuité de celui-ci. Ensuite vient le pittoresque texte d'introduction en polonais communiste, délicieusement morose et que le groupe n'a pas résisté à garder au montage. Ensuite commence la musique proprement dite, d'emblée séquencée et peu mélodique. Chacune des deux parties consiste en une montée en puissance irrésistible. Si la première est fort régulière, d'un tempo constant, la deuxième offre une construction à partir d'une simple ambiance pour déboucher sur le passage le plus minimaliste qu'ils aient livré depuis «Phaedra». A noter que ce passage, assez long dans le concert, a été abrégé de manière avantageuse : les deux minutes qui figurent ici offrent une conclusion idéale.

Idéale mais artificielle, car on comprend dès le début de «Tangent» qu'ils ont placé une césure pour finir «Poland» à un moment bien choisi. Cette deuxième face est une construction hétérogène, dont on peut penser qu'elle est un collage de quatre passages distincts, le dernier semblant être le bis du concert. Les deux premiers sont peu mélodiques et très séquencés, l'un est rapide et cristallin, l'autre lent et plus grave mais avec un rythme presque amusant. La suite de la plage est plus pop, le troisième segment étant sans doute le moment le moins intéressant de l'album. Par contre, le «bis» est mélodique mais propose une dynamique remarquable et assez originale. Notons que «Tangent» n'est pas présent sur d'anciennes versions en un CD, qui sont à proscrire.

De même, les quatre dernières minutes de «Barbakane» ont dû être sabrées pour que l'album tienne en un CD de 80 minutes, mais ce n'est pas excessivement problématique. Les neuf premières minutes proposent un morceau répétitif mystérieux, annonçant certains passages du futur album Le Parc. La suite est très différente, rapide et romantique, avec une basse étonnamment marquée. Enfin, le final souvent sabré est séquencé mais tout de même peu rythmé et curieusement nostalgique voire kitsch. Il est intéressant mais il est compréhensible qu'il ait été sacrifié.

Enfin, «Horizon» semble être un morceau plus unitaire mais peut tout de même être découpé en quatre sections, vu qu'on a une alternance de passages ambiants et séquencés. Pour être franc, ce sont surtout ces derniers qui valent le coup, l'un s'étend des minutes 4 à 9 et propose de nouveau quelque chose de mystérieux, tandis que les sept dernières minutes de l'album sont une exploitation grandiose du motif développé entre autres sur «Diamond Diary» dans la B.O. de Thief. Un exemple du génie du groupe, cette conclusion tragique et mécanique est à elle seule un de leurs sommets.

Alors que cet album a été le premier publié après la fin de leur contrat avec Virgin, il se rattache pourtant naturellement aux albums parus chez ceux-ci, la rupture allait survenir l'année suivante avec le très pop «Le parc». A vrai dire, Poland pourrait être qualifié de chant du cygne du grand style de Tangerine Dream : c'est leur dernière grande œuvre et peut-être la plus belle, la dernière preuve de leur qualité de plus grand groupe de musique électronique. Jamais plus ensuite n'allaient-ils atteindre un tel niveau.

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- Edgar Froese (synthétiseurs, guitare)
- Chris Franke (synthétiseurs, batterie électronique)
- Johannes Schmoelling (synthétiseurs)


1. Poland
2. Tangent
3. Barbakane
4. Horizon



             



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