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TANGERINE DREAM - Firestarter (1984)
Par AIGLE BLANC le 8 Juillet 2018          Consultée 131 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

En nombre d'adaptations de ses romans, Stephen King est incontestablement l'écrivain le plus chanceux de la planète. Alors que sa carrière débute en 1974 avec le classique Carrie, ce premier roman se voit honoré de la magnifique adaptation cinématographique qu'a signée un Brian de Palma au sommet de son talent dès 1976. La plupart de ses romans et nouvelles de la fin des années 70 et des années 80 ont ainsi profité de la vitrine visuelle que leur ont offerte quelques autres grands (ou simplement bons) cinéastes parmi lesquels Tobe Hooper (Les vampires de Salem), David Cronenberg (Dead Zone), Stanley Kubrick (Shining), John Carpenter (Christine) et Rob Reiner (Stand by me). Même s'il ne s'agit à la base que d'un scénario original, George Romero signe avec Creepshow un film à sketches tout à fait réjouissant.
Mais au fur et à mesure que la machine s'emballe, et que s'enchaînent les adaptations, leur prestige se voit amoindri par des cinéastes ne dépassant pas le niveau de bons faiseurs comme Lewis Teague (Cujo et Cat's eye), Tommy Lee Wallace (Ca), Tom McLoughlin (Vengeance diabolique), Mick Garris (La nuit déchirée et un nombre impressionnant de réalisations des plus médiocres pour la tv comme Le fléau ou Shining). Sans compter quelques noms franchement oubliables : Fritz Kiersch (Le démon du maïs), Daniel Attias (Peur bleue) et, le pire du pire Stephen King lui-même quand il se pique de réaliser le totalement raté Maximum Overdrive.

Mark Lester appartient à la seconde catégorie, celle des faiseurs ni pires ni meilleurs qu'un autre. Quand il prend en charge en 1984 la réalisation de Firestarter, d'après le roman éponyme (titré en français Charlie, prénom de l'héroïne), il est surtout connu pour son film d'anticipation sociale Class 84 qui pointait les dérives de la société quand l'école n'est plus capable de fournir un rempart à la déréliction et à la violence qui gangrène le monde extérieur.
Firestarter a subi les foudres de la critique américaine dès sa sortie ainsi que l'indifférence du public, ce qui en fait probablement le plus mal aimé des films adaptant Stephen King.

Cette 6ème Bande Originale de TANGERINE DREAM (après Sorcerer, Risky Business, The Thief, The Keep et Wavelenght) subit l'invariable malédiction qui s'abat sur les travaux du groupe allemand depuis qu'il a entamé sa collaboration avec le 7ème art. A l'exception de Risky Business, chacun de ces films s'est soldé par un échec commercial, voire artistique, cuisant, démontrant si besoin était l'absence totale de flair d'Edgar Froese, leader de la formation.
Mise à part la musique de The Keep, les autres ont bénéficié toutefois d'une sortie officielle chez les disquaires. Sans être aussi mémorable que celles de Sorcerer et de The Thief, la partition de Firestarter compte parmi les réussites honorables de TANGERINE DREAM en terme d'illustration musicale. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1985 (avec Legend) que les B.O du groupe, subissant le rythme ahurissant de leur réalisation imposée par Hollywood, perdent une grande partie de leurs qualités intrinsèques au point d'en devenir inodores.
Ce qui frappe avant tout à l'écoute du disque, c'est l'étonnante douceur que dégagent la plupart de ses 11 pistes. TANGERINE DREAM a parfaitement saisi en réalité ce qui fait la force du roman de Stephen King, thriller haletant auquel l'âge de l'héroïne (7 ans), recherchée par le gouvernement qui voudrait exploiter à des fins militaires ses pouvoirs de pyrokinésie, irrigue l'intrigue d'une tendresse la rendant fort attachante.
Le thème de Charly ("Charly the Kid"), délicat, naïf et tendre, capture par sa belle mélodie l'essence du personnage central. TANGERINE DREAM y confirme la sensibilité de sa musique, très légèrement traversée par des menaces souterraines que traduisent des synthés rugueux. On retrouve la même douceur dans le beau titre d'ouverture "Crystal Voice", à la mélodie envoûtante que dessinent des synthés aux sonorités délicates. La tendre sérénité de la piste finale, "Out of the Heat", se colore cette fois de teintes asiatiques, comme des bambous qui s'entrechoqueraient. Serait-ce une réminiscence du célèbre thème de Furyo où Ruischi SAKAMOTO révélait des sonorités similaires ? Possible source d'inspiration, mais TANGERINE DREAM ne copie nullement le musicien japonais. Cette composition, fluide et onirique, est une jolie façon de conclure le disque.
La poésie s'invite aussi dans un titre comme "Rainbirds Move" où, sans mélodie apparente, Edgar Froese, Christopher Franke et Johannes Schmoelling délivrent une composition ambient qui profite des sons d'Hyperborea, leur album de l'année précédente, qui concluait leur contrat avec Virgin.
Mais comme dans tout thriller qui se respecte, l'adrénaline se voit sollicitée dans des séquences de suspens et d'action, que ce soit la course-poursuite entre Charly et le gouvernement qui veut s'emparer de ses pouvoirs pyrokinésiques ou les scènes d'explosion illustrant le don incontrôlé de la fillette (thème récurrent dans l'oeuvre de Stephen King depuis Carrie). Dans ces moments-là, où se concentre l'attente du public exigeant, le groupe ne déçoit pas, aussi bien dans le titre le plus cinématographique de l'album, "Burning Force", construit sur un crescendo dramatique très habile grâce à une remarquable gestion de la batterie que renforcent des pulsations menaçantes puis à l'explosion des synthés qui embrasent efficacement l'écran sonore, que dans "Between Realities", de loin la piste la plus angoissante avec ses synthés ultra agressifs, réminiscences des travaux contemporains de BARTOK ou de LIGETI. Mais là où la formation berlinoise excelle peut-être le plus, c'est dans les morceaux mixtes, où s'entremêlent suspens et émotion, sérénité et mystère, comme dans "The Run" aux pulsations liquides empruntées là encore à Hyperborea.
Ne soyez pas surpris de reconnaître des sons, ainsi que l'empreinte, de John Carpenter dans "Flash Finale" et "Escaping Point", avec leurs pulsations lentes et métronomiques, le cinéaste-musicien et réalisateur de New York 1997 n'ayant jamais caché sa dette envers TANGERINE DREAM qu'il a beaucoup écouté dès la fin des années 70.

Firestarter est une B.O délicate et sensible qui se passe sans problème des images du film. Chaque titre raconte sa propre histoire à la manière d'un court-métrage. Bien que daté de 1984, ce score n'a pas pris une ride parce que justement le groupe allemand ne recherche jamais l'effet à la mode, élevant ainsi sa partition à une forme d'intemporalité la protégeant de la ringardise comme du syndrome du kitsch.
Le disque enfin vaut pour la subtilité des arrangements et le travail soigné sur les textures sonores, toujours inventives et adéquates dans le contexte émotionnel présidant à l'histoire.
A ceux qui ne connaissent pas encore les musiques de films de TANGERINE DREAM et qui ne sauraient vers laquelle se tourner pour débuter, celle-ci s'avère une jolie entrée en matière pour sa cohérence et l'homogénéité de sa qualité.

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   AIGLE BLANC

 
  N/A



- Edgar Froese (claviers et guitare électrique)
- Christopher Franke (batterie électronique et claviers)
- Johannes Schmoelling (claviers)


1. Crystal Voice
2. The Run
3. Testlab
4. Charly The Kid
5. Escaping Point
6. Rainbirds Move
7. Burning Force
8. Between Realities
9. Shop Territory
10. Flash Finale
11. Out Of The Heat



             



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