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TANGERINE DREAM - Tangram (1980)
Par ARP2600 le 23 Juin 2012          Consultée 1482 fois

Le tangram est ce jeu chinois, comparable à un puzzle, où on doit agencer sept pièces simples de manière à reproduire un dessin donné. Les cinq triangles (deux grands, un moyen, deux petits), le carré et le parallélogramme forment à la base un carré, mais les combinaisons sont étonnamment nombreuses. Précisons encore que «Tangram» n'est pas le vrai nom chinois, qui est «ch'i ch'iao pan» . Ce qui est curieux, et qui n'a pas échappé éternellement à Tangerine Dream, c'est que ce mot est inclus dans le nom du groupe : Tang(erine D)r(e)am, cela faisait donc un titre tout indiqué et un concept intéressant en perspective.

Les deux faces de l'album se nomment «set» et non «part» comme d'habitude. Rien à voir avec un set de DJ, le mot désigne ici tout simplement des ensembles de pièces de tangram. Et dans le premier, la chose est évidente : on peut discerner sept parties, dont les durées illustrant les différentes surfaces des tuiles du jeu. Le deuxième, par contre, a une structure moins morcelée, et ne répond donc pas au concept de manière évidente. Il faut bien chercher pour y délimiter sept segments.

Remettons Tangram dans son contexte. Il est sorti en 1980, il s'agit du premier album studio où intervient Johannes Schmoelling, et le premier tout court paru à l'ouest du rideau de fer, le cas de Pergamon étant ce qu'il est. Si on omet ce concert impressionnant, Tangram semble à première vue être un bel album, on y retrouve certains acquis de Force Majeure et beaucoup de nouveautés. Le problème, c'est que certaines mélodies exploitées ici font double emploi avec la première partie de Pergamon. On ne peut évidemment pas reprocher à Tangerine Dream d'avoir rôdé sa musique en concert, quel groupe ne le fait pas ? Et pourtant, avec eux, ça paraît réchauffé, il manque une bonne partie de la dynamique si hypnotique du concert de Berlin Est, surtout dans l'adaptation fort saccadée de la séquence «des moulins à vent» (1) qui occupe la moitié du «Set 2».

Dans le premier morceau, il faut quand même reconnaître que certaines pièces sont bluffantes. Le début combine des sons superbes de type instruments à vent, dans une séquence sautillante et mystérieuse. La musique se construit ensuite jusqu'à la minute trois où la mélodie se déploie vraiment. On a alors droit à un des plus beaux contrepoints de la musique électronique. Après une petite transition maladroite, la deuxième pièce, plus rapide et plus rock, est également très belle. Ensuite, on retrouve le thème initial de Pergamon, décidément d'un romantisme un peu mélo. Comme il s'agit d'une des petites pièces du jeu, elle est fort courte, ce qui peut être un soulagement mais donne lieu à une transition un peu brutale. Le bout suivant est d'abord uniquement rythmique, une mélodie très lente s'imposant à mesure que la percussion s'efface. Et soudain, un passage séquencé agrémenté de piano retentit. Pendant une bonne minute, c'est assez génial, dommage que ce deuxième «grand triangle» continue sur un ton plus monotone, avec une guitare ennuyeuse. La fin du set est une nouvelle reprise, cette fois lente et sombre, du thème de Pergamon. Remarquons encore la similitude entre cette suite et le morceau «Force Majeure». Dans les deux, plusieurs passages aux rythmes et ambiances variés se succèdent, les sons sont juste plus propres ici, l'ère numérique ayant entretemps débuté.

La deuxième partie est malheureusement plus simple à décrire. On pourrait presque aller jusqu'à dire qu'elle est du remplissage. Le problème est sans doute qu'elle est à mi-chemin entre un morceau séquencé hypnotique et un morceau mélodique, on peut donc ressentir un certain manque de richesse musicale. Ici, après une longue introduction lente, vient ce séquençage calqué sur Pergamon évoqué plus haut. Il est assez amorphe, varie vraiment trop ou pas assez, et la percussion irrégulière n'arrange rien. Les passages mystérieux qu'on trouve ensuite pourront de ce fait paraître plus plaisants. Un deuxième petit bout séquencé au milieu de tout cela est certes plus tranchant mais guère plus vivant. Quant aux deux dernières minutes, sombres, avec des sons métalliques, elles sont superflues parce qu'elles détonent. Oui, vraiment, ce «Set 2» est un drôle de bricolage.

Entre une première partie inégale certes par moments brillante, à la fois intéressante et maladroite à cause de ce concept original de «morceau-tangram», et une deuxième partie agréable mais bien insipide comparée à la plupart des autres réalisations du groupe entre 1970 et 1987, ce Tangram si prometteur se révèle être un des albums les plus faibles de la grande époque de Tangerine Dream. Seule la grande qualité des sons employés, et donc le fait que cette œuvre ait bien vieilli, peuvent justifier qu'on s'y intéresse en priorité.


(1) Voir la chronique de Pergamon, il s'agit du grand passage séquencé de «Quichotte part 1».

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   (2 chroniques)



- Edgar Froese (claviers, guitare)
- Chris Franke (claviers, percussion électronique)
- Johannes Schmoelling (claviers)


1. Tangram Set 1
2. Tangram Set 2



             



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