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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  B.O FILM

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TANGERINE DREAM - Destination Berlin (1989)
Par AIGLE BLANC le 29 Avril 2018          Consultée 242 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Avec le départ fracassant en 1987 de Christopher Franke, pour divergences artistiques, TANGERINE DREAM a perdu non seulement l'un de ses membres les plus fidèles (il avait intégré la formation d'Edgar Froese en 1971 au moment de l'enregistrement du proto-cosmique Alpha Centauri), mais surtout celui qui, par la magie de ses rythmes (rappelez-vous les séquences ahurissantes de Ricochet, Cyclone, Exit, White Eagle et Poland), avait porté la signature sonore la plus remarquable du groupe. Déjà, le départ de Johannes Schmoelling, après l'album Le Parc de 1985, avait privé T.D. de son raffinement mélodique et la sanction n'avait pas tardé à s'abattre, en fait dès Tyger en 1987.
Et l'arrivée en 1986 de Paul Haslinger n'a rien arrangé. Même s'il y officie aux claviers, il n'a pas participé aux compositions de l'agréable Underwater Sunlight (sans doute le dernier bon album du groupe). Tant que Chris Franke était présent, l'illusion pouvait encore épisodiquement fonctionner, notamment lors des passages les plus intéressants de Livemiles et, dans une moindre mesure, de Tyger. Dès qu'Edgar Froese et Paul Haslinger se sont retrouvés réduits à un duo, le temps de deux albums très médiocres, Optical Race (1988) et Lily On The Beach (1989), la vérité a éclaté au grand jour et pénible fut le résultat pour les fans les plus bienveillants parmi ceux qui les soutenaient depuis leurs premières années.
Si les albums ont souffert cruellement de ces changements humains au sein de la formation d'Edgar Froese, que dire alors des bandes originales de films ? Les trois dernières auxquelles a participé Chris Franke, Legend (1985), Shy People (1987) et Near Dark (1987) présentent un visage indigne de TANGERINE DREAM : compositions bâclées et souvent insipides, musiques délivrées au kilomètre et dénuées de la moindre personnalité. Et le gouffre semble atteint lorsque E. Froese et P. Haslinger se chargent à eux deux de la bande originale de Miracle Mile (1989) - alors que le film de Steve De Jarnatt quant à lui est excellent-, totalement dénuée de mélodies, offrant des rythmes mécaniques et désincarnés.
Pourtant, la même année, le duo trouve encore le moyen de déchoir davantage de l'estime du plus fondu des fan de T. D. : Destination Berlin s'avère sans contestation le plus inexorable naufrage de sa carrière qui ne manque pourtant pas de daubes infâmes, lisez les chroniques de notre ami ARP 2600 pour vous en convaincre.

Destination Berlin n'appartient pas au circuit traditionnel des films sortis en salle. Il s'agit d'un procédé technologique, inventé par Ernst A. Heiniger, que le livret succinct présente en 1989 comme une première mondiale. Le "Imagine 360" est un système qui autorise des projections à 360 degrés, c'est-à-dire que le spectateur au centre et en tournant sur lui-même peut découvrir un écran circulaire, ce qui constitue presque une aberration en terme filmique dans la mesure où cela annihile la fameuse loi du quatrième mur, celui-là même où se tient inévitablement l'équipe du tournage. La première de ce procédé se déroule à Berlin-Ouest. Edgar Froese et Paul Haslinger ont été appelés pour composer la musique du film de Stefan Lukschy et Ernst A. Heiniger. Evidemment, il ne s'agit pas vraiment d'une fiction, mais plutôt d'un documentaire sur Berlin-ouest qui prend l'allure d'une ballade aérienne en hélicoptère au-dessus de la ville. Le film ne recourt presque à aucun dialogue, ce qui laisse tout l'espace à TANGERINE DREAM pour déployer sa musique.
Le concept du Parc (1985), dans lequel le groupe s'inspirant du thème éponyme pour chaque piste de l'album nous invitait à une promenade bucolique dans les parcs les plus célèbres du monde, ayant laissé un souvenir plutôt agréable, c'est avec bienveillance qu'on est prêt à accueillir la musique de Destination Berlin.
Comment pouvait-on prévoir un tel carnage auditif ? En 9 titres qui parcourent 9 endroits stratégiques de Berlin-ouest (le 10ème titre n'est qu'une reprise abrégée du 1er), Edgar Froese et Paul Haslinger accumulent les compositions les plus passe-partout de leur carrière. On croirait entendre de la musique crachée par les hauts-parleurs de Prisunic, une musique qui aurait synthétisé toute la ringardise la plus balourde des années 80. Les mélodies, bien que présentes, sont encore pires que celle, peu recommandable, du fameux "L.A. Streethawk" qui avait pourtant déjà servi de bande sonore au générique de l'insupportable série américaine "Tonnerre mécanique". Les sons générés ici ressemblent à ceux de Lily On the Beach (1988), avec une prédominance de sons métalliques de bas étage appuyés lourdement par des batteries automatiques, mais comme les compositions sont moins bonnes, cela en devient indigent voire indigeste. Avec les sons gérés par ordinateur, la musique de TANGERINE DREAM a perdu son humanité, sa texture organique, sa grâce et sa poésie. C'est d'autant plus dommage que les B.O. du groupe, réussies ou non, ont toujours le mérite de s'écouter comme un album, celle-ci n'échappant pas à la règle. Ici, Edgar Froese et Paul Haslinger ont bien composé neuf titres, neuf mélodies différentes, souvent entraînantes, parfois rêveuses, mais tellement pré-fabriquées que cela ne saurait convaincre le mélomane un tant soit peu exigent.

Si vous dénichez cet album chez un disquaire d'occasions à 1 euro, surtout passez votre chemin.

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   AIGLE BLANC

 
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- Edgar Froese (claviers midi, batteries)
- Paul Haslinger (claviers midi, batteries)


1. Alexander Square
2. Emperor's Castle
3. Hitchikers Point
4. Brandenburg Gate
5. Wall-street
6. Peacock Island
7. Down The Avus
8. Midnight In Bear City
9. Berlin Summer Nights
10. Alexander Square (reprise)



             



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