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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  LIVE

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TANGERINE DREAM - Ricochet (1975)
Par ARP2600 le 8 Septembre 2011          Consultée 3171 fois

Ce qu'il y a d'extraordinaire avec Tangerine Dream, c'est qu'ils ont fait beaucoup de concerts en plus de leur gros travail en studio. Alors que la musique électronique, même dans les années 70, reposait déjà souvent sur la production, ils n'ont jamais hésité à trimbaler leur panoplie malgré la fragilité des instruments analogiques. Il n'y a malheureusement pas eu d'enregistrements officiels avant 1975, bien que des bootlegs circulent. C'est alors qu'ils ont fini par s'y mettre, ouvrant avec Ricochet une série d'albums live particulièrement impressionnante.

Avant toute chose, il faut savoir que tous les live de la grande époque proposent une musique originale et en grande partie improvisée. Il n'y a que dans Encore qu'ils ont brodé librement sur des thèmes d'albums studio précédents. Dans Ricochet, il n'y a que le son de flûte du début de la deuxième partie qui rappelle la fin de Rubycon. Ainsi, ces live sont à considérer sur le même pied dans leur discographie que les albums studio. Certains comptent même parmi leurs œuvres les plus remarquables.

Dans Ricochet, la musique est plus séquencée que ce qu'ils ont proposé dans Phaedra et Rubycon. Dans ceux-ci, il y avait de longs passages lyriques, le groupe voulant manifestement diversifier les ambiances dans l'optique de ces albums studio. C'est donc en concert qu'ils ont laissé le plus pleinement se développer leur côté répétitif sur de très longs passages. Le présent enregistrement en donne un aperçu. Aucun concept à voir, si ce n'est que le mot «ricochet» fait probablement référence au caractère aquatique de Rubycon tout en dénotant une musique bien plus dynamique.

Ensuite, il faut savoir qu'ils ont toujours un peu édité leurs enregistrements live. C'est de la triche si on veut, mais la fin justifie ici les moyens. Les concerts étaient évidemment beaucoup trop longs et il y a par exemple des coupures habilement réalisées. La musique présente sur Ricochet provient d'enregistrements de concerts en France et en Angleterre à l'automne 75, qui ont donc été un peu retraités. Notons que certains bootlegs ont fini par être édités, ainsi on peut entendre la partie anglaise (le concert de Croydon, Londres) dans un des disques du Bootleg box set vol. 1, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de découvrir ce coffret.

Passons enfin à la musique elle-même, purement épique, un des joyaux de la musique électronique. Sur le début de la première partie pourtant, on a droit à une fameuse ligne de guitare, par-dessus un fond séquencé lent qui doit avoir inspiré Moroder pour « I feel love » – si, si, il suffit de l'accélérer, c'est évident. Une musique simple et pourtant très prenante. Après quelques minutes cependant, le délire commence. Un peu comme dans la première partie de Rubycon mais tout ici est plus musclé. Les notes donnent vraiment l'impression de tournoyer dans tous les sens, procurant un effet hypnotique d'une rare intensité. En fait, je ne pense pas que la musique de Tangerine Dream ait jamais atteint cette dynamique-là ailleurs. Ils ont produit d'autres œuvres aussi intéressantes que celle-ci, mais différentes.

La deuxième partie est le summum. Après une courte introduction au piano et avec ce son électronique de flûte typique de leur musique, on plonge dans une vingtaine de minutes presque sans répit, un passage chaotique venant toutefois briser l'élan vers la treizième minute. A mon goût, difficile de dépasser ce qu'on trouve entre les minutes quatre et huit... je ne peux pas en dire plus, cette musique est vraiment difficile à décrire, c'est juste terriblement immersif. Ce qui vient après le passage étrange est très beau également, quand le thème est repris sur un rythme plus carré et plus doux.

Le seul reproche sérieux qu'on peut faire à cette musique – et on me l'a fait – c'est qu'il n'y a aucune modulation harmonique. Ceci est dû aux contraintes des séquenceurs, une fois les sons prédéfinis, il est délicat de les modifier à la volée. Ainsi on reste presque toujours sur le même accord et ça peut être lassant. En ce qui me concerne, j'ai toujours trouvé que le caractère abstrait, répétitif et hypnotique suffisait à justifier la chose mais je sais que tout le monde n'est pas de cet avis.

Je donnerai tout de même sans hésiter la note maximale à ce témoignage incroyable de ce que savait faire le plus grand groupe de musique électronique devant un public. Il s'agit une nouvelle fois d'un album essentiel et édifiant, quelque chose qui ne s'invente pas ni ne se devine, et devrait donc causer un petit choc à toute personne connaissant mal Tangerine Dream.

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1. Ricochet (part One)
2. Ricochet (part Two)



             



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