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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  B.O FILM

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TANGERINE DREAM - Sorcerer (1977)
Par STREETCLEANER le 27 Février 2010          Consultée 3992 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Le film Sorcerer (appelé aussi Le Convoi de la Peur, avec notamment Roy Scheider et Bruno Cremer) de William Friedkin donne l’occasion à TANGERINE DREAM de réaliser sa vraie première bande originale de film. Friedkin a découvert la musique de ce groupe après avoir effectué une présentation de L’Exorciste en Allemagne et a avoué qu’il aurait volontiers fait appel à lui - s’il l’avait connu avant - pour en composer la musique. TANGERINE DREAM aurait composé la B.O. de Sorcerer uniquement à la lecture du scénario, sans avoir vu le film. A partir d’une proposition première d’environ 90 minutes, la B.O. est ramenée à une durée moitié moindre. Ce disque comporte d’ailleurs des titres courts, ceci pouvant dérouter les fans du groupe, alors habitués à des pièces bien plus étirées.

Sorcerer n’est en réalité rien d’autre qu’un remake du Salaire de la Peur réalisé en 1953 par Henri-Georges Clouzot. Assez méconnu (ce fut un flop), Sorcerer aurait bénéficié quand même d’un très gros budget avoisinant les 22 millions de dollars (11 millions pour le premier Star Wars, à titre de comparaison). La scène la plus remarquable du film (que l’on peut voir dessinée sur la pochette de l’album) réside dans ce long suspense correspondant à la traversée d’un pont suspendu, perdu au milieu d’une jungle boueuse et poisseuse, un pont d’ailleurs à moitié pourri et tanguant dangereusement alors que les éléments sont déchaînés (pluie et vent) et que les explosifs (nitroglycérine) embarqués dans les camions menacent d’exploser à tout moment.

Le scénario du film jouant sur des angoisses et un suspense sans cesse rebondissants (1), il ne faut pas s’attendre à une musique sereine. Et de ce côté, l’ensemble des titres est bien dans une même veine. Il n’y a que peu de variations dans les atmosphères paradoxalement claustrophobes (une jungle dense et sans issue n'est pas un lieu très ouvert) que nous offre TANGERINE DREAM (pas d'envolées, ni de grandes mélodies).

Comme l’enfer vert de la jungle, Sorcerer est d’abord une immersion totale dans un monde hostile, angoissant, poisseux et pesant. Dès "Main Title", on est plongé dans un univers halluciné, surréaliste et ténébreux, où la lumière a toutes les difficultés à pénétrer. L’auditeur se retrouve entouré de brumes malsaines quasiment immobiles. Difficile d’entrevoir une sortie dans ce paysage menaçant où nous nous retrouvons désespérément seuls. Parfois, la brume s’écarte brièvement ("Search"), et un beau rayon de soleil floydien ("The Call") arrive à percer, mais les brumes - ou les neiges - qui seront plus tard chères à John CARPENTER ("Creation, Vengeance") reprennent inexorablement le dessus. Le chemin se fait rarement plus facile ("The Journey"), et le décor, pourtant inquiétant, sait aussi montrer un visage plus majestueux ("Grind"). La nature peut être dangereuse et belle. La folie ne peut que gagner l’homme qui s’y perd ("Abyss") et risque de succomber aux hallucinations ("Rain Forest") comme d’autres avant lui.

Seules des petites perceptions tribales ("The Mountain Road", "Impressions Of Sorcerer") apportent une touche d’humanité dans cet océan pesant et glauque, laissant entrevoir un espoir de civilisation au-delà de l’horizon désespérément vert et sombre.

Vous l'avez compris, Sorcerer est une B.O. attachante sous certaines conditions. Car elle s’avère assez monolithique dans son enveloppe, et il faut savoir apprécier cette musique aux ambiances éprouvantes, qui pourra logiquement rebuter un grand nombre. Ici, pas de voyage joyeux en vue : il ne s’agit rien d’autre qu’une longue traversée dangereuse et inquiétante dont on ne voit pas la fin. A peine un obstacle franchi, voilà que surgit un autre danger. Voilà ce qu’est Sorcerer. A réserver donc aux amateurs de musiques sombres et oppressantes.

Note réelle : 3.75/5.

(1) traversée d’une jungle dangereuse par quatre criminels convoyant de la nitro à bord de camions délabrés. Il n’y a aucun rapport avec des thèmes occultes comme le titre pourrait le laisser penser. Sorcerer est en fait le nom d’un des camions et il faut voir dans ce nom, selon Friedkin, celui de la main du destin.

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- Peter Baumann (synthétiseurs, séquenceur, piano, mellotron)
- Christoph Franke (synthétiseurs, séquenceur, mellotron)
- Edgar Froese (guitares, mellotron, piano, synthétiseurs)


1. Main Title
2. Search
3. The Call
4. Creation
5. Vengeance
6. The Journey
7. Grind
8. Rain Forest
9. Abyss
10. The Mountain Road
11. Impressions Of Sorcerer
12. Betrayal (sorcerer Theme)



             



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