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TANGERINE DREAM - Exit (1981)
Par ARP2600 le 9 Juillet 2012          Consultée 2125 fois

Clairement un des plus beaux parmi les nombreux albums studio de Tangerine Dream, Exit souffre pourtant d'un étrange manque de reconnaissance. Il a été accusé d'être trop commercial en raison des formats de morceaux plus courts que d'habitude. Quelle erreur alors qu'il propose une ambiance unique, avec une cohérence qu'on n'avait pas vue chez eux au moins depuis Stratosfear. S'il est vrai qu'un morceau comme «Choronzon» dénote une certaine tentation pop et que l'album est assez mélodique dans son ensemble, la qualité du travail est indéniable. Plus que cela même, on touche à la grâce avec le poignant «Remote viewing» qui conclut l’œuvre.

En 1981, la formation Froese-Franke-Schmoelling commençait à être bien rodée. Ces trois-là donnent l'impression de bien s'entendre musicalement sur tous leurs albums, tandis que la période Baumann semblait plus reposer sur une rivalité constructive. En tous cas, leur musique électronique n'avait rien à envier aux divers groupes d'électropop et de dance qui fleurissaient en ce début des années 80. Ils avaient su garder leur style en s'adaptant aux nouvelles technologies, la qualité de leurs sons dépassant encore largement la moyenne, sans parler de leur sens de la composition et de l'improvisation.

Pour Exit, ils ont décidé d'essayer autre chose que dans Pergamon et Tangram. Ceux-ci étaient caractérisés par des sonorités chaudes déployées sur de longues plages dans un style ambigu alternant mélodies romantiques et passages très répétitifs. Ici, ils ont développé une gamme de sons plus froide et tranchante, typique des premiers instruments électroniques numériques. L'idée étant de procurer une ambiance triste et technologique, avec une dimension nostalgique. On pourrait être tenté de faire le parallèle avec The Man Machine de Kraftwerk, mais Exit est plus introspectif, plus sombre, moins kitsch et de toute façon assez éloigné de l'électropop.

L'album, assez court, est divisé en six morceaux, discernables mais d'un style fort homogène, au point que je les considère plutôt comme les six mouvements d'une seule œuvre. Notons que l'introduction, «Kiew Mission», peut être divisée en deux segments de durée à peu près égale, ce qui donne vraiment l'impression d'avancer par tranches de quatre à cinq minutes jusqu'au final qui dépasse les huit minutes en un seul bloc.

La première moitié de «Kiew Mission» sonne vraiment comme une ouverture, avec un rythme posé et un texte déclamé un peu inattendu. C'est en russe, mais on reconnaît clairement une énumération des continents. A vrai dire, ces paroles ne sont pas des plus réussies, mais la musique permet allègrement d'éviter le ridicule. A noter le tout début du morceau, avec ce mélange de sons métalliques, de bruits de frigo et d'avions, qui fait déjà froid dans le dos. La seconde moitié est un peu plus entraînante, mais quand même très délicate. Une très belle introduction, quoi qu'il en soit.

Avec «Pilots of Purple Twilight», on reste dans l'aviation semble-t-il. Celui-ci est dominé par un rythme assez irrégulier, et son répétitisme tape un peu sur les nerfs au départ ; puis, quand la mélodie retentit en partant du registre grave, on a un bel exemple de ce que peut être la magie de Tangerine Dream. Ensuite, «Choronzon» inaugure une série de morceaux plus faciles disséminés dans les albums entre Exit et Le Parc. J'ignore ce qui les a poussés à faire cela, il est douteux qu'ils aient envisagé de faire des singles à succès. Enfin, dans l'ensemble, ils sont plutôt réussis. «Choronzon» a des allures pop/rock, il est assez rythmique et mélodique, ce qui le rend malheureusement bien plus daté que les autres plages de l'album.

Le morceau-titre semble particulièrement désespéré, avec sa rythmique monotone donnant une certaine impression de rotation et sa mélodie aiguë tranchante et triste. Certainement le passage le plus ingrat du lot. Si jusqu'ici tout est déjà fort réussi, c'est maintenant que le plus génial arrive. «Network 23» le bien nommé nous plonge au cœur de l'ordinateur, son séquençage glacé et régulier est un des plus hypnotiques qu'ils aient jamais réalisé. La montée en puissance est prodigieuse, jusqu'à l'entrée de cette incroyable mélodie fantomatique. Notons que ce morceau est ce qu'ils ont fait de plus proche de Kraftwerk, pour qui la comparaison est bien cruelle.

Enfin, «Remote viewing» est tout simplement un des plus beaux morceaux de la musique électronique dans son ensemble, une merveille de profondeur gracieuse, générant une émotion intense, un des rares moments musicaux qui m'arrachent parfois quelques larmes. De l'introduction désincarnée au moment où retentissent ces battements métalliques glacés en passant par l'entrée en jeu du séquençage, tout y est parfait.

Alternant l'excellence et le sublime, Exit est un tout grand album de musique électronique honteusement sous-estimé. Il y a peu de chances de le voir enfin considéré à sa juste valeur, ce qui est une raison supplémentaire de le présenter ici de manière élogieuse et de le recommander chaudement à tout amateur du style.

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   (2 chroniques)



- Chris Franke
- Edgar Froese
- Johannes Schmoelling


1. Kiew Mission
2. Pilots Of Purple Twilight
3. Choronzon
4. Exit
5. Network 23
6. Remote Viewing



             



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