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MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  COMPILATION

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- Style : Steve Roach , Ashra, Manuel Göttsching
- Membre : Walter Wegmüller , Sergius Golowin , Richard Wahnfried , The Cosmic Jokers , Agitation Free, Klaus Schulze
- Style + Membre : Popol Vuh, Ash Ra Tempel, Peter Baumann , Edgar Froese
 

 Tangerine Dream Official Website (579)

TANGERINE DREAM - The Collection (1987)
Par AIGLE BLANC le 1er Mars 2017          Consultée 113 fois

L'album Phaedra sorti en 1974 constitue la pierre angulaire de la discographie du groupe allemand TANGERINE DREAM. En effet, remarqués un peu plus tôt par le DJ John Peel, les voilà signés chez Virgin, jeune label du futur milliardaire Richard Branson, qui a connu un démarrage fulgurant l'année précédente avec le fameux Tubular Bells de Mike OLDFIELD au succès planétaire. Phaedra connaît un grand succès aussi, du moins en Europe, ce que tend à prouver le mythique concert que le groupe a donné à la cathédrale de Reims en décembre de la même année et où ont afflué entre 5000 et 6000 spectateurs selon les estimations. La cathédrale le lendemain a été rendue dans un tel état (on évoque des actes sexuels pendant la représentation du concert et l'on aurait uriné dans les bénitiers) qu'il a fallu plusieurs jours aux autorités catholiques pour purifier le lieu avant de lui faire retrouver sa fonction de culte.
Les années Virgin portent le groupe jusqu'à 1983. Beaucoup aujourd'hui considèrent cette période comme l'âge d'or de TANGERINE DREAM.

Pourtant, il y a eu un avant Phaedra. Pas moins de 4 albums ont vu le jour, et même 5 si l'on tient compte de Green Desert composé juste avant Phaedra mais édité seulement en 1986 avec force remixages à la mode digitale au goût du jour. Durant cette période moins connue, le groupe berlinois était signé chez Ohr, mythique label fondé par le gourou Rolf-Ulrich Kaiser (qui finira comme Syd Barret irréversiblement "perdu dans l'espace et le temps").
Un auditeur néophyte appréciant les années Virgin de TD et désirant néanmoins découvrir un peu la période Ohr (les années Pink comme on les surnomme communément), sans être obligé de se plonger dans l'écoute intégrale des 5 albums, dispose d'une option idéale avec The Collection, la compilation chroniquée ici, la première à couvrir exclusivement la période pré-Phaedra.

Elle condense en 95 minutes les 230 minutes que totalisent les 5 albums, soit 2 galettes dans sa version vinyle contre une seule dans sa version numérique. Il est facile, à l'ère d'internet, de se procurer The Collection à un prix raisonnable de surcroit. Elle offre un très bon aperçu des années Pink, depuis l'acid rock d' Electronic Meditations (1970) jusqu'à l'Ambient novatrice de Atem (1973) en passant par la Cosmic Music du double Zeit (1972).
Les deux albums les plus représentés, en terme de durée, sont Alpha Centauri (avec 2 titres totalisant 35 minutes, soit quasiment tout l'album d'origine) et Electronic Meditations (2 titres totalisant 19 min, soit près de deux tiers de l'opus initial). Cette large couverture ne signifie pas cependant que ce sont les meilleurs albums. En revanche, les titres sélectionnés sont effectivement leurs meilleurs. "Genesis" est un délire acid rock que les fans du PINK FLOYD d'Ummagumma et du Live à Pompéi devraient savourer comme il se doit. "Journey Through a Burning Brain" déploie la même formule sur 13 minutes de folie furieuse où la guitare d'Edgar Froese se montre particulièrement corrosive, ce qui ne sera plus jamais le cas dans les albums ultérieurs, tandis que Klaus Schulze aux fûts s'en donne à coeur joie lui aussi, révélant quel bon batteur il était avant d'abandonner ses baguettes pour devenir le constructeur de cathédrales électroniques que l'on connaît (écoutez Timewind, vous m'en direz des nouvelles).
Alpha Centauri (1971) vaut principalement pour son titre éponyme, longue pièce instrumentale de 22 minutes au cours de laquelle, en totale improvisation, les musiciens nous convoquent à un voyage spatial psychédélique où brille la flûte vaporeuse d'Edgar Froese et que conclut un choeur étonnant tandis qu'une voix entonne des considérations sur l'espace et le temps. Cette plage tranquille contient suffisamment d'approximations et de fausses notes, très certainement simulées, pour instiller une étrangeté galactique plutôt séduisante pour peu qu'on s'y abandonne sans se poser de questions. L'autre pièce de choix de l'album reste "Fly and Collisions of Comas-Sola" que traverse là encore la flûte nonchalante de Froese et que domine peu à peu, dans une gradation ahurissante, l'incroyable armada des batteries et percussions de Christopher Franke, jusqu'à une apothéose de fûts survoltés, véritable cavalcade qui surpasse celle, pourtant célèbre, de "Saucerful of Secrets" de PINK FLOYD et que négociait un Nick Mason allumé.
Du double Zeit, il n'a été extrait qu'un titre, le premier mouvement intitulé "Birth of Liquid Plejades". Les 3 autres mouvements (un par face dans l'ancienne version vinyle), qui auraient fait tout aussi bien l'affaire pour nourrir cette compilation, évoluent lentement dans les mêmes territoires interstellaires sans que l'on saisisse clairement le passage d'un titre à l'autre. Zeit reste l'oeuvre la plus hardcore de TANGERINE DREAM, 80 minutes de pure Ambient, sans aucun rythme, musique totalement atonale, sans début ni fin et s'égarant dans des espaces sombres et solitaires.
Atem bénéficie de deux extraits lui aussi, qui figurent dans la face B du vinyle. Tout d'abord, l'excellent "Circulation of Events", une improvisation plongeant au coeur du magma en fusion anticipant l'Ambient de Brian ENO, mais déployant des textures organiques fascinantes que l'on ne retrouve guère que chez CLUSTER, autre groupe de musique électronique allemand. Pour ma part, ce titre demeure le chef-d'oeuvre de TANGERINE DREAM, tout album et époques confondus. L'autre pièce sélectionnée à bon escient est la douce et rêveuse "Fauni-Gena" dans laquelle il est délicieux de s'égarer.
Green Desert, quant à lui, ne fournit qu'un seul titre, l'entraînant quoiqu'anecdotique "White Clouds" qui préfigure de son côté les ritournelles pop électro du Jean-Michel JARRE d'Oxygene et d'Equinoxe, soit le morceau le plus easy listening de la compilation, le plus proche de ce que composera TD à partir de Stratosfear en 1976.

The Collection s'écoule comme un véritable double album grâce à un bel équilibre entre les pièces expérimentales et psychédéliques, quelquefois assez âpres, et les moments plus percutants où se rappelle à nous la dimension rock inhérente à cette musique bien qu'elle n'en soit pas l'unique composante.

Attention, une fois n'est pas coutume, la version CD de cette compilation présente 2 titres en moins que celle de son homologue vinyle, ce qui fait une différence de 26 minutes entre les deux. Les 2 titres en question "Fly and Collision of Coma-Solas" et "Journey Through a Burning Brain" dévoilent la facette Noisy de TANGERINE DREAM et contribuaient pourtant à l'équilibre des dynamiques. L'éditeur Zomba Music n'a pas souhaité répartir les 95 minutes de The Collection sur 2 CD contrairement à ce qu'il a fait avec le format vinyle.

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   AIGLE BLANC

 
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- Edgar Froese (guitare, orgue, mellotron, voix)
- Connie Schnitzler (violoncelle, violon, guitare)
- Claus Schulze (batteries)
- Steve Schroyder (orgue, voix, percussions)
- Chris Franke (percussions, flûte, synthétiseur vcs3, piano harpe)
- Peter Baumann (synthétiseur vcs3, piano, orgue, vibraphone)


1. Genesis
2. Circulation Of Events
3. Fauni-gena
4. Alpha Centauri
5. Fly And Collision Of Comas-solas
6. Journey Through A Burning Brain
7. Birth Of Liquid Plejades
8. White Clouds



             



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