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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  LIVE

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TANGERINE DREAM - Inferno (2002)
Par ARP2600 le 29 Septembre 2011          Consultée 2053 fois

Avoir une vocation de critique musical demande une résistance à toute forme de torture auditive.
Certains disques sont laids, certains sont fouillis, d'autres sont horriblement ennuyeux. Inferno de Tangerine Dream entre dans cette dernière catégorie, ma première écoute avait été très désagréable : 80 minutes de musique totalement dépourvue d'intérêt mettent la patience à rude épreuve. Et pourtant, il a fallu y revenir... si on s'habitue à tout, il n'en reste pas moins qu'il n'y a que très peu d'idées dans ce disque.

Expliquons le principe de cette œuvre. Le groupe, et sans doute surtout Edgar Froese comme d'habitude, a eu l'idée de créer une trilogie d’œuvres vocales illustrant la célèbre Divine Comédie de Dante Alighieri, dont Inferno est le premier volet. La chose a peut-être été motivée par le décès de Monique, l'épouse d'Edgar et mère de Jerome, en 2000. Il est d'autre part curieux de constater qu'une des chanteuses alto de la trilogie, Bianca Acquaye, deviendra la seconde femme d'Edgar Froese. Quoi qu'il en soit, plutôt que des opéras, ces trois albums seraient plutôt des genres d'oratorios, c'est-à-dire des œuvres vocales à thème religieux, avec un récitant et des solistes, mais pas de mise en scène, un genre pratiqué par de grands compositeurs baroques comme Bach et Haendel.

Le problème, c'est que les tentatives vocales de Tangerine Dream ne sont pas ses plus grandes heures de gloires. Si on peut être indulgent envers Cyclone et, dans une moindre mesure, envers Tyger, il est clair que le chant n'est pas ce qui est le plus réussi dans ces deux albums. Ce n'est pas mieux ici : Une armée de chanteuses entonne des mélodies peu variées pendant ces longues heures de musique. Certaines ont une voix plus pop, d'autres plus corsées façon bel canto. Une chose qui m'agace dans cette trilogie (les 3 volets, pas seulement Inferno) est l'utilisation de plusieurs langues : anglais, espagnol, français mais fort peu d'italien. Vu que la Divine Comédie est une œuvre italienne et que cette langue a quand même prouvé qu'elle se chante bien, ayant même été la langue de référence des opéras pendant bien longtemps, c'est un comble. Le résultat est hétéroclite et ne paraît guère sérieux pour un opéra/oratorio.

Ensuite, le problème d'Inferno est général : la musique est poussive, les mélodies pauvres, les sons peu accrocheurs. Ce n'est pas facile à expliquer, on a l'impression que les Froese ont cherché à singer des compositeurs comme Philip Glass pour faire plus classique au lieu de rester eux-mêmes. Les imitations, cela fonctionne rarement. Au niveau du chant, ils ont sans doute recherché un effet de déclamation, pour faire oratorio. Ainsi, par exemple, dans le deuxième morceau, «The spirit of Virgil», mais aussi à plusieurs reprises par la suite, on trouve des mélodies très monotones, mélodiquement comme rythmiquement, ce qui se révèle fondamentalement ennuyeux.

Autant profiter d'une chronique négative pour parler d'un point gênant chez le Tangerine Dream de cette époque. Il s'agit d'un sample, apparu semble-t-il dans What a blast en 98, consistant en des voix qui chantent quatre longues notes en disant les voyelles «aaa ééé iii ouuu» sur la même hauteur de son. C'est bizarre dit comme cela, mais on ne peut pas le rater. Je n'aime pas ce truc, surtout quand on l'entend à toutes les sauces. Évidemment, dans une œuvre vocale comme celle-ci, il est utilisé en abondance. Oui, vraiment beaucoup trop.

Même les passages séquencés sont trop simples, bien qu'ils aident à faire passer un peu la pilule. Ce point sera heureusement arrangé dans le deuxième volet, Purgatorio. Ah oui, précisions que c'est un live, enregistré en 2001 à la cathédrale de Bernau. Ajoutons encore que ce premier volet est encore assez «court», seulement un disque de quatre-vingt minutes. Les deux autres parties doublent preqsue la mise, ce qui pourrait faire augurer le pire. Heureusement, Purgatorio est meilleur dans presque tous les domaines, tandis que Paradiso est de nouveau assez poussif.

Inutile de détailler ces morceaux qui sont si peu différents les uns des autres. On n'est pas loin du désastre, cela fait de la peine, surtout quand on sait que le groupe avait retrouvé la qualité sur les deux albums studio précédents et qu'il la montreront encore sur Jeanne d'Arc en 2005. Cette trilogie est simplement un plan foireux, si pas une idée stupide... n'est pas Haendel ou Wagner qui veut et faire une œuvre vocale de plusieurs heures était un pari casse-cou, surtout quand on n'avait montré aucun talent particulier pour la chose jusque là.

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   ARP2600

 
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- Edgar Froese (claviers, séquenceur)
- Jerome Froese (claviers, séquenceur)
- Iris Kulterer (percussions, batterie, chant alto)
- Jayney Klimek (chant alto)
- Barbara Kindermann (chant soprano)
- Claire Foquet (chant mezzosoprano)
- Jane Monet (chant soprano)
- Bianca Acquaye (chant alto)
- Bry Gonzales (chant soprano)


1. Before The Changing Of The Day
2. The Spirit Of Virgil
3. Minotaurae Hunt At Dawn
4. Those Once Broke The First Word
5. Dante In Despair
6. Io Non Mori
7. Vidi Tre Facce
8. At The Deepest Point In Space
9. L’omperador Del Doloroso Regno
10. Voices In A Starless Night
11. Fear And Longing
12. Fallen For Death
13. Where All Light Went Silent
14. Charon, Il Barchere
15. La Grey De Los Almas Perdidas
16. Justice Of The Karma Law
17. As The Sun Moves Towards Heaven
18. Béatrice, L’âme Infinie



             



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